Art contemporain / Nouveautés

  • L'exposition « Elles font l'abstraction » ambitionne d'écrire l'histoire des apports des artistes femmes à l'abstraction au XXème siècle, avec quelques incursions inédites dans le XIXème siècle.
    La plupart des expositions dévolues à l'histoire de l'art abstrait ont souvent minoré le rôle fondamental joué par les femmes dans le développement de cette tendance. Les dernières recherches qu'illustrent les nombreuses monographies et expositions thématiques récentes, permettent de réévaluer aujourd'hui l'importance de leur contribution, tout en questionnant les vieux schémas historiques.
    En se concentrant sur les parcours de ces artistes parfois injustement éclipsées, l'exposition propose d'écrire une autre histoire de l'art, élargie à la danse, aux arts appliqués, à la photographie, au cinéma et aux arts performatifs. Loin d'une simple compilation, l'exposition met en évidence les tournants décisifs qui ont marqué cette évolution, en évoquant aussi bien les recherches entreprises par les artistes, individuellement ou en groupe, que les expositions fondatrices.

  • Après ses livres d'entretiens sur le monde de l'art contemporain qui ont connu un grand succès (Galeristes en 2010, Collectionneurs en 2012, Artistes, en 2014), Anne Martin-Fugier a interrogé quinze femmes actrices de l'art contemporain en France durant les cinquante dernières années.
    Elle n'a pas choisi des artistes, mais des « témoins », journalistes, galeristes, directrices d'institutions publiques et privées qui, partout en France, participent à la diffusion de l'art contemporain avec leur énergie et leur sensibilité. Leurs trajectoires et leurs récits constituent un panorama du monde culturel d'aujourd'hui.

  • Artiste protéiforme, Barthélémy Toguo s'exprime aussi bien par la performance, que grâce aux installations, mais il recourt avec virtuosité au dessin, à la sculpture, à la peinture ou à l'aquarelle selon le message de l'oeuvre et le médium qui lui semble le plus adapté.

    Artiste international, il vit et travaille aujourd'hui entre Paris et Bandjoun au Cameroun et ses expositions parcourent le monde. Ses créations sont intimement liées à sa vie, elle s'inspirent de son expérience, de ses voyages et rencontres.

    Son travail possède aussi une forte dimension politique contre toute forme d'inégalité. Il s'intéresse notamment aux flux, de marchandises mais aussi d'êtres humains entre l'Occident et l'Afrique. On retrouve souvent dans ses oeuvres les motifs de la migration, du colonialisme, de la race, ou de l'exil.

    Mais l'engagement personnel de Barthélémy Toguo se situe aujourd'hui surtout autour de la question de la promotion de l'art en Afrique et plus spécifiquement dans son pays natal, le Cameroun. En 2008, il inaugure Bandjoun Station, un lieu dédié à l'art dans toutes ses disciplines, où ont lieu des expositions, des rencontres, des ateliers et résidences d'artistes. L'accent y est également mis sur la formation scolaire et son fonctionnement économique propre est celui d'une exploitation agricole visant à l'autonomie de ce lieu unique.

  • Catalogue de l'exposition monographique à l'Espace de l'Art Concret du 30 janvier au 31 mai 2021 puis au musée des Beaux-arts de Rennes du 9 octobre 2021 au 9 janvier 2022, cet ouvrage présente le travail de l'artiste Vera Molnar. Cette exposition est une première collaboration entre deux institutions culturelles françaises qui ont comme point commun une vraie spécialité dans le domaine de l'art abstrait après 1945 et de l'art concret en particulier. Artiste prolifi que encore en activité à l'aube de ses 97 ans, Vera Molnar place sa pratique entre art concret, art construit et art conceptuel. Elle est également considérée comme une pionnière du dessin par ordinateur, ayant contribué à partir des années 1960 au mouvement de l'art numérique. L'exposition, sans pour autant se placer comme une rétrospective, vise à présenter les multiples visages de Vera Molnar en proposant des oeuvres créées entre les années 1960 et aujourd'hui (tout en évoquant brièvement les prémices des années 1940). Le catalogue s'appuie sur une sélection des oeuvres des deux expositions, structurée autour d'une problématique principale qui pose la question de l'usage de la machine dans le processus créatif de Vera Molnar. Un regard particulier sur les apports de cette artiste majeure de l'art abstrait au champ particulier de l'art numérique peut ainsi constituer un fi l conducteur. L'ouvrage s'accompagne des textes de Vincent Baby , historien de l'art spécialiste du travail de Vera Molnar et de Francesca Franco, historienne de l'art et auteure de l'ouvrage The Algorithmic Dimension sur l'art numérique.

  • New York a-t-il vraiment été le centre de l'innovation artistique depuis 1945, comme on le lit partout?? Une hégémonie mondiale s'étudie à l'échelle mondiale. Or, l'approche comparée démonte le mythe de l'art new-yorkais et souligne l'apparition, dès les années 1950, d'un système internationalisé mais inégalitaire de production des oeuvres et des carrières. Fondé sur le renouvellement rapide des écuries artistiques et la recherche systématique de l'originalité, ce système spéculatif entretenait la concurrence entre pays, musées, marchands, artistes et collectionneurs. Dans une perspective aussi bien sociale et économique qu'esthétique et géopolitique, Béatrice Joyeux-Prunel explore cet univers des avant-gardes artistiques de 1945 à 1970.
    Cette histoire mondiale de l'art parle aussi des oeuvres et des personnes. Elle interroge des tournants mondiaux étonnants?: le choix matiériste de certains artistes dans les années 1950, la violence sadomasochiste de quelques groupes après 1961, et la soudaine politisation des artistes vers 1965 (alors que Mao, Cuba, le Vietnam et la décolonisation les avaient jusque-là peu intéressés).
    Du concrétisme brésilien à l'art cinétique italien et yougoslave, des Neo-Dada Organizers japonais aux actionnistes viennois, en passant par les mondialisations hétérogènes du happening et du pop art, ce livre permet de comprendre ce que nos musées érigent en canon, tout en dévoilant des histoires méconnues du monde de l'art contemporain.

  • Colette Brunschwig

    Collectif

    En mai 2017, la galerie Jocelyn Wolff (Paris) et Manuella Editions ont initié le projet d'éditer la première monographie consacrée à l'oeuvre peint et dessiné de Colette Brunschwig, que Jocelyn Wolff représente depuis 2016.
    Née en 1927 au Havre, Colette Brunschwig vit et travaille à Paris. Formée après-guerre à l'Académie Julian, puis, entre 1946 et 1949, chez Jean Sourbevie et André Lhote dont les ateliers sont intégrés à l'École des Beaux-Arts de Paris, Colette Brunschwig présente sa première exposition personnelle en 1952 à la galerie Colette Allendy. Elle y exposera régulièrement, jusqu'à la fin des années 1950, peintures et gouaches, alliant recherches formelles du trait, de la compression et de l'expansion de la matière picturale et de l'encre, et motifs abstraits, exploration d'un espace-surface dynamique, qui la rapproche des artistes de sa génération de l'École de Paris, mais dont, pourtant, elle se singularise.
    En dialogue direct ou indirecte avec Pierre Soulages, Nicolas de Staël, Arpad Szenes, André Marfaing, Yves Klein, Ung-No Lee, Pierrette Bloch, Marcelle Cahn, entre autres, Colette Brunschwig s'inscrit très vite sur la scène artistique et intellectuelle française des années 1950-1960, et au-delà.
    Sa proximité avec la pensée du philosophe Emmanuel Levinas, dont elle suit les séminaires à l'École normale israélite orientale, lui permet d'interroger son propre travail qui s'origine dans les traumatismes, les destructions de la Seconde Guerre mondiale, et pose la question du vide, de la dissolution de l'image et d'un possible recommencement. Tout comme sa rencontre avec l'art des peintres lettrés chinois des xie-xiie et xviie siècles lui apporte de nouvelles possibilités formelles, et lui permet d'approfondir sa réflexion sur les rapports entre écriture et peinture.
    Si Colette Brunschwig compte jusqu'à aujourd'hui de nombreuses expositions personnelles en galeries (Nane Stern dans les années 1970, galerie Clivages dans les années 1980-1990, etc.) et dans des lieux d'art en France et à l'étranger, si ses oeuvres sur papier et acryliques sont entrées dans les collections publiques (Musée d'art moderne de la Ville de Paris, MNAM, FNAC), aucune monographie n'est venue, à ce jour, rendre compte de la richesse formelle de cette oeuvre singulière, reconnue par la critique.
    Le projet de Manuella Éditions et de la galerie Jocelyn Wolff est de réparer ce manque, en publiant sa première monographie accompagnée de lectures critiques et philosophiques, richement illustrées et documentées, afin de montrer l'importance de cette oeuvre encore trop méconnue.
    Cet ouvrage monographique comprendra une importante iconographie 5 des oeuvres rendant compte de la multiplicité des pratiques (encres, gouaches, aquarelles, acryliques, lavis...) et des matériaux utilisés, quatre essais critiques (ceux de Romain Mathieu, Jeffrey S. Librett, Marjorie Micucci, Maël Bellec), ainsi que des documents d'archives des expositions et de l'atelier de Colette Brunschwig, des extraits de ses correspondances (avec Emmanuel Levinas, Pierre Soulages, René Char, Vladimir Jankélévitch, le critique et éditeur d'art Imre Pan, l'helléniste et philologue spécialiste de Paul Celan, Jean Bollack) et des textes de l'artiste (notamment sur Claude Monet et Malevitch).

  • Catalogue de l'exposition « Ex Africa » qui vise à montrer et à faire comprendre les relations qui existent aujourd'hui et depuis la fin du XXe siècle entre les arts contemporains et les arts africains anciens. Il s'agit d'en finir avec la notion de primitivisme telle qu'elle était énoncée en 1984 dans l'exposition « Primitivism » au MoMA et de montrer que les idées et les formes propres à ces arts sont aujourd'hui plus vivantes que jamais.

  • Autour d'une Saison américaine en France qui réunit quatre musées français du réseau FRAME (French Regional and American Museum Exchange), le Musée des beaux-arts de Rennes est associé au Musée d'arts de Nantes, le Centre de la Vieille Charité, Musées de Marseille et le Musée Fabre de Montpellier. L'INHA, Institut national d'histoire de l'art organise à cette occasion un colloque le 17 mai à Paris sur de nouvelles lectures de l'art entre l'Amérique du Nord et la France dans la seconde moitié du xxe siècle. Autour des estampes et peintures de Stanley William Hayter (1901-1988), sont présentées les gravures de plus de soixante artistes qui participèrent à l'Atelier 17 entre 1927 et 1964. Quatre essais déclinent une histoire de l'art moderne entre Paris et New York puis Paris de nouveau. L'approche pédagogique exceptionnelle de Hayter fait découvrir aux États-Unis la gravure comme un mode d'expression séminal. La création artistique des femmes artistes, sculptrices se révèle essentielle à l'atelier. Si les créations de Hayter témoignent d'un ancrage surréaliste qui s'affirme tout au long de sa carrière, il a également su favoriser et encourager l'abstraction à l'atelier, comme dans sa pratique de la peinture et de la gravure.

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