Art avant 1900 / Nouveautés  

  • Le musée Vivant Denon de Chalon-sur-Saône conserve un superbe Portrait de Noir par Théodore Géricault, réalisé lors de son apprentissage chez Pierre Guérin vers 1811-1812. La redécouverte de ce portrait constitue le point de départ de cette étude approfondie du regard si singulier de Géricault, qui fut l'un d'un premier peintre occidental, dans son célèbre Radeau de La Méduse, présenté au Salon de 1819, à faire d'un métis le héros principal d'une toile monumentale.
    Le métissage doit être alors considéré comme la ferme condamnation du système colonial, entièrement basé sur la ségrégation de la couleur de peau. Mais la vision anticolonialiste de Géricault ne s'arrête pas là : l'artiste romantique explore dans ses oeuvres la guerre d'indépendance de Saint-Domingue, la résistance, en Égypte, face aux armées napoléoniennes, celle des Grecs face aux Turcs. Des citoyens du monde qui aspirent tous à l'indépendance et à la paix des peuples.
    Les thèmes orientaux et les personnages exotiques dans l'oeuvre de Géricault signalent son adhésion d'artiste à la modernité romantique. Alors que, pour la plupart de ses contemporains, l'Orient n'est qu'un prétexte à un exotisme de façade, l'iconographie de Géricault sert à véhiculer des revendications humanistes et à diffuser des mots d'ordre politiques défendus, à commencer par les idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité étouffés par la Restauration.

  • Qualifié de « grand poète » par l'auteur américain Henry James, Titian reste l'un des peintres les plus célèbres de l'art occidental. Depuis sa mort en 1576, sa réputation est restée intacte. Pendant l'Age Doré de l'Amérique, les tableaux de Titian atteignirent une valeur inégalable pour les plus grands collectionneurs et notamment aux yeux d'Isabella Stewart Gardner. En 1896, elle acquit son chef d'oeuvre, The Rape of Europa. Il devint l'unique exemple de son cycle de poésie renommé hors Europe, inspirant une galerie entière dans son musée récemment construit et contribuant au tollé de l'Angleterre au sujet de la perte de ses trésors d'art. Etant le premier dédié à Europa, ce livre raconte l'histoire de la peinture a l'époque de Gardner et de Titian et nous offre de rares aperçus des techniques de virtuose de l'artiste.

  • Indice ou symbole, visible et lisible, le détail, pour Bosch, est toujours surprise et presque appel au spectateur; Ce livre offre une justement une série surprenante de gros plans tirés de ses chefs-d'oeuvre,  Le Jardin des délices, le triptyque du  Chariot de foin,  La Tentation de saint Antoine  ou  Les Sept Péchés capitaux.

    Organisés par thèmes, toujours révélateurs, les détails orchestrent une vision du monde toujours actuelle et offrent une leçon magistrale de peinture par l'un des génies du premier XVIe siècle.

    "Si je parviens en quelques lignes, au travers de nombreux détails, à sensibiliser le lecteur aux qualités longtemps méconnues de l'art de Jérôme Bosch, cet ouvrage, qui n'a pas l'ambition d'être une monographie de l'artiste, aura atteint son objectif". Till-Holgert Borchert (auteur de Bosch par le détail).

     

  • Dans ce livre fascinant, l'oeuvre peint de Jan van Eyck (vers 1395-1441) est examiné dans le détail. Célèbre pour son observation minitueuse de la nature, il étudiait la faune et la flore dans leur milieu naturel et sous des conditions d'éclairage spécifiques, parvenant ainsi à créer des oeuvres d'un réalisme époustouflant. Chaque peinture recèle une infinité de minuscules détails rendus avec une précision extraordinaire depuis le premier plan jusqu'aux lointains, ou du moins en donne l'illusion. Des dizaines de détails de tableaux de Van Eyck sont présenté dans des chapitres consacrés à différents thèmes, dont la nature, l'architecture, la vie quotidienne, le divin et l'humanité.

  • Le Caravage de Toulouse, c'est une histoire que l'on a du mal à croire. Dans un mystérieux grenier en Haute Garonne, un jour, on trouve un mystérieux tableau. Maître Labarbe, commissaire priseur à Toulouse est appelé pour estimer la toile.
    Une fois sur place, il passe un coton imbibé d'eau sur un regard qui l'a tout de suite frappé, celui d'une personne âgée au visage tout ridé. Là il a une révélation. Ce tableau n'est pas commun, il doit dater du XVIIe siècle.
    Il prend une photo et l'envoie sur le champ au cabinet d'Eric Turquin, expert parisien.
    Ainsi commence l'incroyable histoire du tableau attribué à Caravage, ce peintre maudit qui passera sa vie à fuir pour mourir, à 38 ans, sur une plage de Toscane.
    C'est à Naples en 1607, que le maître du clair obscur aurait peint cette scène dramatique, puissante et violente tirée de la Bible : Judith décapitant le général assyrien Holopherne sous les yeux de sa servante Abra.
    Abra, celle dont le regard avait frappé Maître Labarbe le jour où il vit le tableau pour la première fois. Tableau qui cinq ans plus tard sera vendu à un prix astronomique à un riche collectionneur étranger deux jours avant que ne se tienne la vente aux enchères attendue depuis des semaines comme un grand show à la Halle aux grains, lieu emblématique toulousain. Et ce tableau n'a pas encore livré tous ses secrets.

  • Exposition présentée au Château de Versailles, du 19 novembre 2019 au 15 mars 2020.

    1867-1937.
    À la fin du XIXe siècle, le château de Versailles fait un spectaculaire retour sur le devant de la scène. En même temps qu'il redevient un symbole national et le théâtre d'événements politiques, la nostalgie de son ancienne splendeur inspire la littérature, les arts et la mode. Le faste de Versailles, la poésie de ses jardins, les fantômes du Roi-Soleil et de Marie-Antoinette s'inscrivent parmi les rêves de la Belle Époque puis des Années folles. C'est aussi le moment où le palais entame le vaste projet de sa restauration et de son remeublement, déclenchant des débats passionnés qui sont toujours d'actualité.

  • Dans la seconde moitié du siècle des Lumières, littérature et peinture se font le reflet d'une vision originale de l'Homme et de son environnement. Sentiment et sensibilité deviennent de nouvelles qualités de l'âme, permettant une liberté inédite à ressentir le monde. La peinture offre un écho enthousiaste et inspiré à ces préoccupations inédites. Cet ouvrage accompagne une exposition en coproduction qui présente l'originalité de se dérouler simultanément dans deux institutions tout en proposant un catalogue commun.
    Au musée des Beaux-Arts de Rennes s'expose la grande histoire, antique, religieuse et mythologique. Le Musée d'arts de Nantes met à l'honneur les différents genres, du grand portrait d'apparat aux sensibles natures mortes. Est ainsi embrassée l'évolution de la peinture française sur un siècle, depuis Antoine Watteau jusqu'au début du XIXe siècle. Le partage des oeuvres entre les musées s'appuie sur une opposition ancienne bien connue, que les hasards semblent avoir reproduite dans les collections : Rennes conserve davantage de peintures d'histoire que Nantes, qui s'illustre en revanche dans la peinture de genre.

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