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Dominique Quessada

  • à première vue, tout les oppose : la publicité apparaît facilement comme une négation de la philosophie, une sorte d'anti-philosophie.
    Pourtant, bien qu'elle ait tout l'air d'emprunter la panoplie du sophiste (l'ennemi historique du philosophe), la publicité termine le travail laissé en souffrance par la philosophie : là où platon et ses successeurs ont échoué à gouverner la cité, la publicité reprend les idéaux d'une gestion rationnelle du " troupeau " humain pour les marquer dans la chair vive du monde moderne avec le fer rouge d'un appareil de pouvoir planétaire.
    Elle constitue ainsi, à tous les sens du mot, l'achèvement de la philosophie.
    Issue du coeur problématique de nos démocraties publicitaires apparaît alors une nouvelle entité logique et politique : l'esclavemaître. ce dernier donne corps à la réalité où nous sommes tous désormais plongés, dépris de la dialectique du maître et de l'esclave, pour incarner jusqu'au plus intime de nous-mêmes une figure qui n'est ni maître ni esclave, mais la fusion de l'un et de l'autre stade terminal et autophagique de l'homme démocratique.

  • Près du Caire, à une centaine de mètres su Sphinx de Gizeh, posé en face de lui et faisant désormais partie du site, un restaurant de la chaîne Pizza Hut monte la garde, son logo rouge tourné vers les pyramides.
    Ce face-à-face aux allures de duel sonne comme la déclaration d'une guerre d'ores et déjà achevée d'un ordre à un autre - ordre nouveau qui repose sur la violente lisibilité des marques mondialisées, et définit les termes d'une politique de la publicité. En tant que discours des marques, la publicité entre en concurrence avec le politique comme seul discours apte à rendre compte du collectif. Nous assistons alors à l'apparition d'un système, étendu à l'échelle planétaire, dont la finalité vise à remplacer le politique, sinon dans son essence, du moins dans sa fonction : un mode d'organisation et de régulation du lien social.
    Une société où tout semble devoir être consommé, agitée par un principe d'autophagie fondamentale : la société de consommation de soi.

  • Les femmes ont des yeux, des cheveux, une peau, des idées, un sexe, une date de naissance, des hommes dans la tête, un problème avec Isaac Newton, des petits poudriers qu'elles sortent de leur sac, et le pouvoir d'arrêter les voitures... Il fallait sans doute un regard d'homme pour s'en apercevoir.

    Dominique Quessada est philosophe et écrivain. Il regarde ce qu'il y a de plus mystérieux et de plus proche à la fois : les femmes. Ce livre s'adresse à elles, mais il peut aussi servir de guide à l'usage des aveugles, sourds et malentendants : les hommes.

  • L'Autre on a l'impression que l'on sait ce que c'est, mais en fait on ne le sait pas. C'est l'un des concepts les plus communément utilisés, et pourtant l'un des plus méconnus. On l'utilise de façon automatique, comme s'il était évident, comme si c'était un universel, alors que c'est une construction culturelle. Ce livre tente enfin de comprendre l'Autre.

  • Nous sommes entrés dans l'âge de l'inséparation. Un mouvement de fond nous a fait passer d'un univers humaniste composé d'entités séparables à un réel inséparé où tous les phénomènes devenus globalisés sont liés, en interrelation et en co-dépendance. Des smartphones au multiculturalisme, des défis de l'écologie à la politique de réinvention des frontières, du politically correct au posthumanisme, notre monde élabore une nouvelle condition d'existence, dont la figure de l'Autre a disparu. Est-ce bien ? Est-ce mal ? Là n'est pas la question. Cela est. Ce monde enfanté par l'inséparation, la politique, les sciences, les arts et les techniques en ont produit l'architecture - une architecture sans coupure ni soudure. De ce monde ayant aboli la séparation, voici le plan, le code et l'histoire.

  • Essai précédé de À tombeau ouvert, dialogue avec Peter Sloterdijk.

    « Ce livre dévoile un meurtre, mais ce n'est pas un roman policier (le corps est introuvable, on serait bien en peine d'identifier un coupable et, par ailleurs, même si les mobiles du crime abondent, il est fort possible que nous soyons en présence d'un cas de mort naturelle). » Ainsi s'ouvre Court traité d'altéricide, une exploration philosophique entre essai subjectivement intuitif et traité rigoureusement spéculatif. Dominique Quessada y constate un phénomène contemporain inéluctable, la disparition de l'Autre, liquidation qui inaugure l'an-altérité : un état paradoxal d'être sans Autre.

    « Votre concept d'altéricide, et c'est ce qui en fait tout l'intérêt, est donc une généralisation du déicide comme on disait autrefois. (...) Avec la mort du Dieu de l'être, quelque chose qui était nécessaire à la compréhension de soi de l'homme classique est aboli. » (Peter Sloterdijk).

  • Que faudrait-il pour refaire le monde ?

    Avant tout, parvenir à penser autrement. Penser le monde au-delà des certitudes faciles, des dogmes stérilisants, des refuges identitaires et des dualismes rassurants. Décloisonner la pensée. Explorer des pistes improbables, non visitées. Refuser de se soumettre à un destin déjà tracé. Rien n'est plus vital, rien n'est plus concret, rien n'est plus nécessaire aujourd'hui.

    C'est cette urgence collective actuelle - politique, économique, sociale, écologique - qui a motivé cet appel à une métaphysique nouvelle.

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