Guillaume Zuili

  • Memory lane

    Guillaume Zuili

    Pour son deuxième recueil publié par la maison d'édition, Guillaume Zuili s'attaque à un nouveau territoire urbain, celui de Corbeil-Essonnes. À l'invitation du festival « L'OEil urbain », qui rassemble à chaque printemps les grands noms de la photographie contemporaine, il s'installe en résidence pour l'année 2019. Utilisant tour à tour une chambre photographique, un appareil moyen format et un Olympus Pen, il crée des images protéiformes, interprétations surréalistes d'un patrimoine urbain marquant la géographie d'un territoire.
    Les formes se succèdent et s'enchaînent au fil des pages, déroulant une histoire cinématographique à l'ambiance polar.

  • Smoke and mirrors

    Guillaume Zuili

    À Los Angeles, il y a des palmiers, des villas de rêve, des studios de cinéma. Le ciel y est toujours bleu (quand il n'est pas pollué), la chaleur toujours intense... Guillaume Zuili a voulu porter un regard totalement différent sur une mégapole si souvent mise en images.
    «Je voulais créer une atmosphère particulière, explique Guillaume Zuili, gommer les détails, privilégier une vision d'ensemble, rester dans le symbole. J'y suis parvenu en utilisant un sténopé, appareil archaïque qui n'a pas d'objectif ; la lumière rentre par un trou ».
    Sur une image, les lettres « Hollywood » apparaissent au-dessus d'une vieille bagnole ; sur une autre c'est « The end » qui marque la fin d'une histoire. À Los Angeles, la vie, c'est toujours du cinéma.
    « J'ai cherché des traces de l'architecture Art déco qui peu à peu disparaissent dans une ville qui se modernise tout le temps. Mon travail est un hommage aux films noirs des années 1940 et 1950. Ils ont bercé mon enfance et mon adolescence. »

  • Le Champ des Impossibles est une plateforme artistique et un outil culturel ambitieux de développement du territoire. Au service du public, il a pour mission de soutenir les artistes dans leurs créations, de conserver leurs oeuvres et de les diffuser auprès du plus grand nombre. Il s'agit de favoriser dans le Perche, en milieu rural, la diffusion de l'art contemporain et la médiation culturelle nourries par un dialogue vivant avec les artistes. Ce projet de territoire utilise l'art contemporain comme terrain partagé afin de créer du vivre ensemble en assurant la circulation des idées et des artistes. Les résidences de la Slow factory sont un axe majeur de cette stratégie. Les invitations guidées par le regard de Christine Ollier sont des temps de création passionnants, de rencontres et de croisements d'horizons.

  • Guillaume Zuili est le premier artiste invité à découvrir le Perche. Ce séjour lui a permis de revenir à ses origines pour aborder le paysage français qu'il n'a finalement pas eu l'occasion de photographier, passant sa vie à l'étranger. Guidé par le charme de la campagne et des forêts percheronnes ; il a créé un ensemble d'une centaine d'images grâce à son approche singulière et mystérieuse, qui dépasse les habituels clichés de ce territoire si pittoresque.
    Au-delà du paysage, il a tissé des liens avec de nombreux habitants dont il a suivi les chemins secrets, partagé du bon temps et même tiré le portait, dont 12 ont intégré la collection de l'écomusée du Perche. La présence inopinée de Pierre Collier, grand ami et amateur d'images venu s'installer dans le Perche pour écrire, trouve un réceptacle idéal dans ce livre. Leurs échanges s'articulent à travers la sagacité de leurs regards, l'humanité dont ils décortiquent avec délice les traits ironiques, les hasards de la vie et de ce hors-champ dont ils savourent ébahis le résultat au travers des images de G. Zuili. Chaque grain de lumière est gravé dans ces subtils tirages et rencontre au fil des pages les perles savoureuses de P. Collier.

  • «Oh ! la mélancolie d'arriver là, dans cette vieille ville lointaine et charmante où sommeille, entre des murailles lézardées, tout un passé français», écrivait Pierre Loti.

    Revenue à l'Inde en 1954, Pondichery a gardé l'empreinte de trois siècles de présence française. Aujourd'hui, la ville mêle sa nonchalance de sous-préfecture des tropiques à une effervescence colorée et sensuelle.
    C'est en 1664 qu'à l'initiative de Colbert est fondée, à Lorient, la Compagnie française des Indes orientales. Pondichery, village de pêcheurs ouvert sur le golfe du Bengale, devient alors la capitale des établissements français en Inde.

    Pondichery et les autres comptoirs - Chandernagor, KarikaI, Yanaon et Mahé - connaissent leur apogée au milieu du XVIIIe siècle, lors même que l'ancêtre de l'auteur, le Malouin Mahé de La Bourdonnais découvre les Seychelles et repousse les Anglais à Madras.

    Faites de scènes apparemment anodines et de ces petits riens qui révèlent bien des rêves brisés, les photos en noir et blanc de Guillaume Zuili restituent magnifiquement l'atmosphère nostalgique et l'émotion de ces comptoirs dont les noms exotiques enchantent encore nos mémoires. Un homme traverse à bicyclette une place déserte de la «ville noire» qu'un fleuve sépare de la «ville blanche» ; la statue de Jeanne d'Arc se découpe sur un ciel de mousson ; la directrice de l'Institut français pose devant la porte cochère de cet établissement qui forma (et forme toujours) aux subtilités de notre langue des générations de Pondichériens... ces territoires éparpillés, qui ne sont plus français et ne seront jamais tout à fait indiens, n'en finissent pas de faire rêver voyageurs et poètes.

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