Grasset Et Fasquelle

  • « La croyance de Hans Reiter fut dès lors celle de tous les hommes de toute éternité et qu'ils ont désiré censurer, à savoir que la guerre - dans son cas la Seconde Guerre mondiale - était née non pas d'un quiproquo diplomatique, du caractère belliqueux d'une nation, d'un accident climatologique ou de tout autre phénomène naturel, mais d'une blague. Il en avait été le témoin. La guerre est une farce qui tourne mal. »

  • Jean-Yves Jouannais est connu pour le cycle de conférences intitulé l'Encyclopédie des guerres qu'il a initié voici dix ans au Centre Pompidou.
    Tous les livres qu'il a publiés depuis, entre roman et essai, tentent une nouvelle approche de ce même sujet de la guerre. C'est le cas également de ce dernier ouvrage. MOAB (Mother of all the battles) est un poème épique, une bataille imaginaire.
    Son texte est le fruit d'une compilation d'environ un millier de citations extraits de livres de guerres. Ces ouvrages recueil de poésie, romans, livres techniques, témoignages, lettres de soldats, livres d'histoire traitent de tous les aspects de toutes les guerres, de l'Antiquité à nos jours. Il en résulte un texte aux styles variés, à la grammaire irrégulière, aux temps multiples, qui dit le caractère éternel de la guerre.
    MOAB est donc le récit d'une seule et même bataille racontée avec les bribes de toutes les batailles ayant eu lieu depuis les débuts de l'humanité.
    Pour sa première mise en scène, en septembre 2017, au musée des Invalides, une sélection de dix chants de MOAB avait été faite afin d'être interprétés par plusieurs lecteurs, chanteurs, comédiens et musiciens.

  • « Je savais aujourd'hui que les barrages contre les océans, les forts de résistance, les murs d'Hadrien en sable, les lignes Maginot de coquillages, ces discrets autels de l'enfance dédiés à la bataille, demeuraient, le plus innocemment du monde, ce que l'on avait trouvé de plus juste pour rappeler la mémoire des hommes perdus à la guerre, non pas seulement au sens statistique des pertes, mais au sens d'égarés. Les égarés, les combattus. Et que cela concernait, plus largement, l'ensemble des hommes qui nous avaient précédés, les pères, évidemment, en premier lieu. »

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