Livres en VO

  • Philippe Ramette inflige, sans jamais donner de leçons, des fragments d'être dans un monde tout entier vendu à l'avoir ; [ ..] il oppose l'humour de son esthétisme aristocratique à la veulerie de l'époque qui, même en art, surtout en art, ignore le rire pour lui préférer les passions tristes jusqu'à la nausée ; il célèbre l'inutile avec une douce ironie et une jubilation non feinte dans une époque n'ayant d'yeux que pour l'utile...
    Dans le vocabulaire de Nietzsche, Ramette est un inactuel, un intempestif - donc un contemporain capital.

  • « On explique toujours à l'étranger (touriste, provincial, immigrant) débarquant à New York que le plan en est simple, une grille orthogonale, des rues numérotées et un axe Nord-Sud. Et puis il y a Broadway, l'artère principale qui trace une diagonale. Celle-ci dépasse même le district de Manhattan stricto sensu pour aller au-delà, jusqu'à Sleepy Hollow, au-delà du Bronx. Lorsqu'on arrive à New York, tout semble familier, parce que la ville fait partie de notre mémoire collective de films ou séries «vus à la télévision».
    Ce que pointe Thierry Costesèque, c'est que l'Amérique existe avant tout au cinéma. [...] La légende de l'Amérique s'est construite via le cinéma. Les histoires d'Indiens et de cow boys ont peuplé les enfances de millions de personnes et participé à la diffusion du mythe du bon pionnier et du vilain Indien. On sait tous que cela n'est pas la réalité et que la conquête de l'Ouest s'est faite bien autrement. Cependant une activité récurrente des cow boys, en plus de guider le troupeau - ce qu'on voit en fait rarement - consiste à faire des barrières. Des milliers de kilomètres de réseaux de poteaux pour dessiner un pays, en traçant les contours d'une carte. Le droit de propriété et le droit de défendre celle-ci par tout moyen est une des choses à laquelle le citoyen américain tient le plus. D'ailleurs, il se défini en tant que citoyen, statut qui le distingue de l'immigrant fraîchement arrivé ou du natif. » Marie de Brugerolle.

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