Roa

  • Moi, le suprême

    Augusto Roa Bastos

    • Ypsilon
    • 7 Février 2020

    Moi, le Suprême évoque la figure historique de José Gaspar de Francia, dictateur du Paraguay de 1814 à 1840. Tyran pour les uns, père de la patrie pour les autres, ce despote éclairé influencé par les philosophes français dota son pays d'une agriculture, d'une industrie, d'une législation et d'une armée modernes. Il fut l'artisan de l'émancipation paraguayenne. Mais que le lecteur ne s'attende pas à trouver ici une biographie romancée ou un roman historique. Ce monument littéraire est un livre polyphonique, où le monologue du Suprême se ramifie, telle une constellation chorale, en de multiples voix : celle du tyran seul avec lui-même ou dictant ses écrits et ses délires mortels à son secrétaire Patiño ;
    Celle de ses opposants anonymes ou fantomatiques ; celle des mythes paraguayens enfouis mais vivants dans l'inconscient collectif. En même temps qu'il restitue la geste libératrice latinoaméricaine et dénonce la trahison dictatoriale du pouvoir, ce somptueux roman philosophique est une réflexion rarement égalée sur le langage littéraire. Parce qu'il bouleverse les règles du roman et de l'écriture, Moi, le Suprême demeure, parmi ce que l'on a appelé « les romans de la dictature », un chef-d'oeuvre absolu.
    Anecdote à rappeler : c'est l'automne 1967, à Londres, Carlos Fuentes (mexicain) et Mario Vargas Llosa (péruvien) se rencontrent pour élaborer un projet littéraire commercial & inhabituel : convoquer tous les écrivains sud-américains à la mode pour qu'ils écrivent sur leur « tyran national préféré », leur textes seront receuillis en un volume chez Gallimard. Si le projet n'a finalement pas abouti car il a été impossible de coordonner les agendas des différents auteurs, trois d'entre eux ont composé sur ce thème trois romans majeurs de la littérature sud-américaine :
    Le recours de la méthode de Carpentier, L'automne du patriarche de García Márquez, et Moi, le Suprême d'Augusto Roa Bastos - le roman le plus brillant qui ait été jamais écrit sur un caudillo.

  • Les habitants d'Itapé et de Sapukai sont des êtres exsangues. Les premiers vénèrent un Christ de bois et de souffrance. Les seconds sont des révoltés. À Itapé, la famille Jara tente l'impossible pour échapper à l'esclavage. À Sapukai, un mystérieux docteur guérit tous les maux. Dans ces deux villages du Paraguay brûlés par le destin, les hommes vont résister durant un siècle à la folie et à la guerre. Fils d'homme, intense chef-d'oeuvre de la littérature latino-américaine, valut à Roa Bastos 42 ans d'exil.

  • Un homme fatigué, fugitif, rescapé de mille batailles, le corps et l'âme marqués de cicatrices douloureuses, tente de prendre le chemin de l'exil.
    Il est le seul survivant d'une tentative d'évasion dans laquelle les autres prisonniers ont péri ensevelis sous les décombres d'un tunnel. il n'a pas de nom, pas de voix. mais le train qui devrait le conduire vers la paix et le repos l'emporte dans un voyage initiatique vers la mort, vers la rencontre finale avec les fantômes de son passé et les haines ancestrales qui rongent son peuple.
    Augusto roa bastos, mêlant autobiographie et fiction, poursuit son grand cycle paraguayen avec ce roman porté par une émotion que la plume du maître ne rend jamais excessive mais qui, cependant, bouleverse.

  • Dans ce petit ouvrage ultime, d'une extrême densité hypertextuelle et endotextuelle, Augusto ROA BASTOS (1917-2005) nous donne à reconstruire et déconstruire son oeuvre entière, y compris son oeuvre absente. On ne dira jamais assez que ce penseur paraguayen, qui se projeta dans la mort de l'auteur, a révolutionné l'écriture, en particulier avec Moi le Suprême (1974).

  • Anglais ROA codex

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    • Lannoo
    • 3 Décembre 2019

    Going from continent to continent, this book looks at the colossal, monochrome animal murals that have earned ROA worldwide fame. Like a contemporary animalier, ROA depicts his characteristic animals sometimes using dynamic compositions, sometimes still lifes of several motionless animals stacked on top of each other, with humans seemingly looking on alienated.
    ROA paints a haunting picture of the fate befalling many animals, but his 'pieces' are also an ode to the animal kingdom. His many travels gave him the opportunity to study the local animal species, and the expertise he thus gained shines through his work.
    With its more than 300 images and text contributions by, among others, American art critic Lucy Lippard and artist Robert Williams, ROA - CODEX offers a unique reflection on the last ten years of this nomad artist's work.

  • En faisant revivre et monologuer José Gaspar Francia, fondateur du Paraguay moderne, Augusto Roa Bastos a écrit un roman historique, mythique et baroque, qui est une fête du langage et des langages.
    " Ce thème m'a accompagné tout au long de ma carrière d'écrivain. C'est que la sombre figure historique de Francia, artisan de l'indépendance paraguayenne, a marqué profondément mon pays. C'est lui qui véritablement a assumé le rôle du Père de la patrie... Francia est donc un de mes thèmes de prédilection. "

  • Avec le procureur, augusto roa bastos nous emmène dans un univers où l'amour, paisible et transparent, est soudain détruit par les atrocités commises au nom de l'ordre, de la morale et de l'honneur.
    Longue et inquiétante lettre posthume qu'un journaliste paraguayen vivant en france, félix moral, adresse à sa femme. chimène, ce livre du désir et de l'échec est tissé sur l'envers d'une dictature : l'exil.
    L'organisation d'un meurtre, d'un " tyrannicide " est le fil qui traverse le récit de félix moral, tantôt mémoires, tantôt hymne à l'amour, tantôt opérette absurde et sanglante. le procureur, né des cendres d'un premier manuscrit brûlé il y a plusieurs années, vient compléter le retable d'augusto roa bastos sur la grande tragédie paraguayenne.
    Il reprend, en même temps que le thème du pouvoir absolu, le sujet qui hante toute l'oeuvre de l'écrivain : la responsabilité de l'individu devant le monde et devant l'histoire.

  • Augusto Roa Bastos, couronné par le Prix Cervantès en 1989 est désormais un classique moderne sud-américain. Ce recueil de contes fut publié à Buenos Aires - où il se trouvait en exil politique - en 1953. Il s'agit de son premier ouvrage en prose et de son oeuvre la plus paraguayenne, la seule qui dispose d'un lexique guarani, merveilleuse langue indigène, parée de subtilités sémantiques, si métaphorique, que dans les notes du traducteur, le lecteur est invité à un autre voyage, au coeur même d'une civilisation quasi méconnue.

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