Grasset Et Fasquelle

  • La vie passionnée et excentrique du marin Maqroll, un apatride sans but et sans avenir, au passé bien rempli, a pour cadre des lieux, des circonstances et des atmosphères réalistes, insaisissables et quelque peu mystérieux. Maqroll est à la fois cynique et humain, sceptique et mélancolique, sincère et dévoué. C'est un amant volage et un ami de confiance.
    Publiés en un volume, ces sept romans composent la fascinante chronique de cet éternel nomade, de ce guetteur dont le vagabondage et les desseins secrets constituent un voyage littéraire des plus passionnants. La neige de l'amiral (1986) est le journal rédigé par Maqroll au cours de son voyage sur un fleuve tropical vers une mystérieuse scierie. Dans Ilona arrive avec la pluie (1988), Maqroll monte avec son amie et amante, la belle Llona Gabrowska, une maison de passe à Panama. Un bel morir (1989) relate une série d'aventures sur fond de guérillas et de répression militaire tandis que La dernière escale du Tramp Steamer (1988) est l'une des plus belles histoires d'amour de ce siècle. Armirbar (1990) évoque les incursions du gabier dans l'effervescence des mines d'or des montagnes colombiennes. Abdul Bashur, rêveur de navires (1990) et (1993) conte les expériences vécues de Maqroll qui ont révélé les recoins les plus insoupçonnés de son âme. Un roman d'une rare perfection technique et d'un subtile force poétique.

  • Mephisto : « ... Situé à la charnière grinçante du réel (politique) et de l'imaginaire (théâtral), ce roman rejoint la relation subtile et dangereuse de la vie et de l'oeuvre de l'écrivain. Multiple, abondante, brillante, son oeuvre relève plus du témoignage que de la création. Mais on peut imaginer que sa vie éclatée, déchirée, haletante était une réponse à celle par trop maîtrisée de son père. Thomas Mann n'avait jamais été jeune. Il incombait peut-être à Klaus Mann de ne pas pouvoir vieillir. » Michel Tournier, de l'Académie Goncourt.
    Publié en 1939, Le Volcan dépeint avec une extraordinaire acuité l'Internationale des proscrits, la résistance passive, impuissante, de ces intellectuels devenus citoyens de nulle part, se désolant du destin de l'Allemagne.
    La Symphonie pathétique nous entraîne dans le tourbillon d'une Europe fin de siècle, où les tournées triomphales nous font rencontrer le grand monde de la musique et où la gloire rend plus vive encore la lutte pour la reconnaissance, la vie, l'amour...
    La Danse pieuse, considérée comme le premier roman ouvertement homosexuel de la littérature allemande, retrace le destin du jeune peintre Andreas. Déprimé, il part pour Berlin et y rencontre Franziska. Mais il n'y a d'amour véritable que dans le renoncement charnel, puisque Franziska n'aime qu'Andreas, qui n'aime qu'un autre, qui n'aime sans doute personne...
    Fuite au Nord : L'année qui suit la prise du pouvoir par Hitler, alors qu'une résistance courageuse et encore pleine d'illusions tente de s'organiser, une jeune étudiante, menacée d'être arrêtée, quitte précipitamment Berlin pour la Finlande. Elle y retrouve une amie, tombe bientôt amoureuse de son frère, et ensemble, ils entreprennent un voyage vers le Grand Nord... 

  • En Patagonie(1979) - Sur un coup de tête, le jeune Bruce Chatwin décide un jour de tout quitter pour explorer ce bout du monde, ainsi naît une oeuvre et un des plus curieux et cocasse récits de voyage jamais écrits.
    Le vice-roi de Ouidah (1982) est un roman sur l'ascension et la chute d'un aventurier insaisissable, celle d'un négrier brésilien qui sévit sur les côtes du Dahomey au début du XIX°.
    Les jumeaux de Black-Hill (1984) sont nés au début du siècle, au pays de Galles, ils resteront ensemble plus de quatre-vingt ans. Cette incroyable histoire d'amour est un chef-d'oeuvre du roman anglais contemporain.
    Les chants des pistes (1988) forment un vaste labyrinthe de chemins invisibles qui serpentent à travers l'Australie et dans lesquels les aborigènes guettent l'expression de leurs ancêtres. L'auteur règle dans cet ouvrage, d'une émouvante perfection, quelques comptes avec la condition humaine : il en veut à ses semblables de n'être qu'un troupeau d'animaux insatisfaits.
    Utz (1990) est un roman sur un collectionneur de figurines de porcelaine. Que deviendront ces êtres précieux et fragiles après sa mort ? Qui saura jamais si un collectionneur possède ses objets, ou s'il leur appartient oe
    Qu'est-ce que je fais là oe(1991) est un choix effectué par Bruce Chatwin parmi ses récits, portraits, critiques et récits de voyages.
    Anatomie de l'errance (1996) réunit ses derniers textes qui permettent de découvrir un auteur aux facettes multiples et donnent un éclairage à sa vie et à son oeuvre.

  • « La croyance de Hans Reiter fut dès lors celle de tous les hommes de toute éternité et qu'ils ont désiré censurer, à savoir que la guerre - dans son cas la Seconde Guerre mondiale - était née non pas d'un quiproquo diplomatique, du caractère belliqueux d'une nation, d'un accident climatologique ou de tout autre phénomène naturel, mais d'une blague. Il en avait été le témoin. La guerre est une farce qui tourne mal. »

  • Si les romans et récits d'Henry de Monfreid continuent à captiver des générations de lecteurs, c'est parce qu'ils doivent autant à l'imagination fascinante de leur auteur qu'à sa connaissance de l'Afrique traditionnelle et à son expérience vécue de ces contrées de mystères. Ce recueil rassemble cinq des plus grands textes de l'écrivain-aventurier : Du Harrar au Kenya, Le cimetière des éléphants, Wahanga, Sous le Masque Mau-Mau et Le serpent rouge. Les deux premiers sont des récits autobiographiques, dans lesquels Henry de Monfreid raconte ses aventures depuis la déclaration de la guerre en 1939, jusqu'à la fin de sa détention en 1943 : arrestations, fuite en brousse, attentats - rebondissements et émotions fortes se succèdent à un rythme endiablé... Dans les trois romans qui suivent, Monfreid nous entraîne sur les traces de Djalia et de Karembo, le jeune guerrier Massaï. A travers une galerie de personnages inoubliables, c'est toute une partie de l'Histoire du Kenya qui défile, de la révolte sanglante des Mau-Mau en passant par une guerre sans pitié avec les Britanniques, jusqu'à l'indépendance du pays en 1963. Rapts d'enfants, sortilèges, chasse à l'homme dans la forêt vierge, fantômes et animaux sauvages... Tous les éléments qui font la force des grands romans d'aventures sont rassemblés dans ces pages qui livrent un témoignage unique sur l'Afrique coloniale.

  • « Ces quatre titres : Contes de la folie ordinaire (Le Sagittaire 1977, Grasset 1981), Nouveaux contes de la folie ordinaire (id.), Au sud de nulle part (Grasset, 1982) et Je t'aime Albert (Grasset, 1988) racontent peu de choses en vérité, simplement que l'époque n'a pas bonne mine, que nos moeurs ne s'améliorent pas et que la vie ne vaut d'être vécue qu'entre un comptoir et un lit. Toutes choses que chacun de nous sait mais que Bukowski redit sur un ton inimitable, entre pleurs et rires.
    Lisons, relisons cet aveu d'Henry Chinaski, le double, voire le jumeau, de l'auteur : « Écrire n'avait jamais été un travail pour moi. Aussi loin que remontaient mes souvenirs, ça s'était toujours déroulé de la même façon : mettre la radio sur une station de musique classique, allumer une cigarette ou un cigare, ouvrir une bouteille. La machine à écrire faisait le reste. Il me suffisait d'être là. Tout ça me permettait de continuer quand la vie elle-même avait peu à m'offrir, quand elle virait au film d'horreur. Il y avait toujours la machine pour m'apaiser, me parler, me divertir, me sauver. Dans le fond, c'est pour ça que j'écris : pour sauver ma peau, pour échapper à la maison de fous, à la rue, à moi-même. » Voilà qui est parlé net. Chinaski-Bukowski ne ramène pas l'écriture à l'observance d'hypothétiques règles du beau, il ne court pas après la forme, il l'incarne. Sur la table, il n'y a que sa peau. » Gérard Guégan

  • Ecoutez la mer, (1962) obtient le Prix International du premier roman. Suivront : La mule de corbillard (1963), adapté en 1995 par Claude Vajda, La Souricière (1965), Cet été-là (1967) où elle revient sur ses expériences de tournage de Deux ou trois choses que je sais d'elle de Jean-Luc Godard. La clé sur la porte (1972), roman autobiographique qui raconte son quotidien avec ses enfants dans le tumulte de la vie parisienne, sera son premier grand succès de librairie. Il sera ensuite adapté au cinéma par Yves Boisset, avec Annie Girardot et Patrick Dewaere.Les mots pour le dire (1976) vendu à plus de 3 millions d'exemplaires et traduit dans une vingtaine de langues, qui est le récit de ses huit années de psychanalyse, lui attire les foudres de certains psychanalystes et lui apporte la reconnaissance internationale (la traduction en anglais sera préfacée par Bettelheim, il sera adapté au cinéma par José Pinheiro, avec Nicole Garcia et Marie-Christine Barrault).Autrement dit (1977) est un livre écrit sous forme de dialogue avec Annie Leclerc, en réponse à la multitude de lettres de lecteurs, puis paraissent Une vie pour deux (1978) et  Au pays de mes racines (1980) qui évoque son retour en Algérie. Enfin le passé empiété (1983), Les grands désordres (1987), Comme si de rien n'était (1990), un livre politique inspiré de ses nombreux voyages dans les pays de lEst et la chute du mur de Berlin, Les jeudis de Charles et Lula (1993), Amour Amours (1998).

  • Journal d'un vieux dégueulasse : C'est en 1967, dans le magazine anti-conformiste Open City qu'un poète presque inconnu commença de publier une chronique régulière. Avec une brutalité rarement égalée, doublée d'une superbe indifférence au scandale, il y exprimait sa révolte contre la société américaine, le pouvoir, l'argent, la famille, la morale. Jouer du piano ivre comme d'un instrument à percussion jusqu'à que les doigts saignent un peu : Recueil de poèmes écrits dans les années 1970 et dédié à sa femme Linda Lee. L'amour est un chien de l'enfer : Ces poèmes (1977) sont des paquets de viande, des litres de mélancolie mis au rancart du grand rêve américain. Les femmes ont des collants filés et n'oublient pas d'être hystériques. " Buk " évoque Van Gogh et Rimbaud pour mieux pisser sur les pare-brise des " consommateurs du spectacle ". Souvenirs d'un pas grand chose : Naissance en Allemagne en 1920, l'arrivée en Amérique, la Ford T du père, la rue cruelle, les filles en robes pimpantes, l'acné, les petits boulots méprisables, la guerre qui vient... Le ragoût du septuagénaire : Bukowski a composé cet ensemble de poèmes et de nouvelles après la sortie de son roman Hollywood. Sa source d'inspiration profonde et qui semble inépuisable, c'est la vie de tous les jours. Les personnages, en dehors de son inséparable alter ego Hank Chinaski, sont pour la plupart des serveuses, des employés de la poste, des gens qui travaillent à la chaîne ou autres esclaves de la paye en fin de mois. Le capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau : Alors que la Grande Faucheuse se prépare à l'entraîner de l'autre côté du miroir, Charles Bukowski entame, à la demande d'un ami, un journal intime, genre littéraire qu'il dit détester. En même temps qu'il juge ses contemporains, voire l'humanité, le vieil écrivain - il vient de passer le cap des 70 ans - ne s'épargne pas.

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