Alain Martin-Fugier

  • 1815: au lendemain de la Restauration, le " monde " parisien se définit par rapport à la cour. Or peu à peu le rapport s'inverse et les élites non aristocratiques se voient reconnaître une place au premier rang de la société. Une nouvelle mondanité se met en place: tout en restant profondément imprégné de la forme aristocratique, le monde cesse d'être la " bonne compagnie " pour devenir le " Tout-Paris ". Une définition qui restera valable jusqu'à la Première Guerre mondiale et Proust.

    Sous la monarchie de Juillet, l'espace mondain n'est plus la cour mais l'espace marqué par le luxe: les beaux quartiers, les théâtres, les ambassades. Le monde rassemble désormais les hommes politiques en vue, les grands banquiers, les écrivains, les artistes... Malgré les prétentions d'un Guizot à traiter les affaires dans les salons, le temps des affaires politiques se sépare du temps consacré à la mondanité, entraînant celle-ci du côté du divertissement, sur le Boulevard, dans les cafés. Les " mondains " paradent sur les champs de course ou aux bains de mer au gré des saisons. Et le monde s'attribue aussi une mission culturelle: le raffinement.

    Anne Martin-Fugier, historienne, est l'auteur de La place des bonnes (1979) et La Bourgoise (1983).

  • Le printemps 84 a vu naître ce que l'on a appelé le phénomène des "nouvelles femmes". Romans mettant en scène des jeunes femmes essayant de concilier profession et amour, ou témoignages directs reflétant un certain malaise ont rendu désuète l'image de la militante conquérante. Indépendantes ? Oui, mais...
    Que pensent aujourd'hui les femmes de leur indépendance conquise ? Si le droit au travail ou le libre accès à la contraception ne sont plus des combats à mener, mais des réalités à vivre au quotidien, sont-elles pour autant indépendantes ?
    Avec toute la rigueur de l'historienne, Anne Martin-Fugier mène l'enquête et nous offre de saisissants portraits. Des jeunes femmes de toutes conditions parlent de leur travail, de leurs amours, du couple, de la maternité, nous livrent leurs désirs et leurs difficultés. Moins dogmatiques que leurs aînées, elles reconnaissent leurs contradictions, en rient volontiers et loin des principes semblent plutôt à la recherche d'un bonheur immédiat.

  • L'adolescence de Françoise née dans un hameau savoyard d'une mère institutrice, c'étaient les années soixante. Annecy, le temps des copains, à la chorale, au bord du lac. Les premières amours et le bac.
    Aujourd'hui, les années quatre-vingt, Françoise, après avoir elle aussi enseigné, travaille dans une galerie de peinture. Elle a rompu avec François qu'elle aimait mais avec qui elle ne pouvait vivre. Autour d'elle les amis, et d'abord Catherine et son fils, Julien, à la fois aimés et honnis. La première est auréolée du prestige de la grande bourgeoisie libérale parisienne ; le second, en quête de son identité homosexuelle, brille du charme de la jeunesse.
    Sa déception amoureuse, autant que son amitié-rivalité pour Catherine ramènent à la surface du quotidien de Françoise son passé, au centre duquel se trouvent à la fois le souvenir oublié de sa première expérience sexuelle et le visage douloureux de sa mère. Un singulier parcours initiatique avant que d'accepter l'amour.

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