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Folio

  • Emmeline, jeune femme de caractère, a épousé le comte de Marsan contre la volonté de son père. Après quelques années de bonheur tiède, son regard croise celui d'un très charmant poète... Balzac qualifia cette nouvelle de «chef-d'oeuvre de la littérature moderne» lors de sa parution. Deux nouvelles galantes qui mêlent subtilement légèreté et gravité par l'auteur d'On ne badine pas avec l'amour.

  • Insensés que nous sommes ! Nous nous aimons. Quel songe avons-nous fait, Camille ? Quelles vaines paroles, quelles misérables folies ont passé comme un vent funeste entre nous deux ? Lequel de nous a voulu tromper l'autre ? Hélas ! cette vie est elle-même un si pénible rêve ; pourquoi encore y mêler les nôtres ? Ô mon Dieu, le bonheur est une perle si rare dans cet océan d'ici-bas ! Tu nous l'avais donné, pêcheur céleste, tu l'avais tiré pour nous des profondeurs de l'abîme, cet inestimable joyau ; et nous, comme des enfants gâtés que nous sommes, nous en avons fait un jouet.

  • « Alors ces hommes de l'Empire, qui avaient tant couru et tant égorgé... se regardèrent dans les fontaines de leurs prairies natales, et ils s'y virent si vieux, si mutilés, qu'ils se souvinrent de leurs fils, afin qu'on leur fermât les yeux. Ils demandèrent où ils étaient ; les enfants sortirent des collèges, et ne voyant plus ni sabres, ni cuirasses, ni fantassins, ni cavaliers, ils demandèrent à leur tour où étaient leurs pères. Mais on leur répondit que la guerre était finie, que César était mort, et que les portraits de Wellington et de Blücher étaient suspendus dans les antichambres des consulats et des ambassades, avec ces deux mots au bas : Salvatoribus mundi.
    Alors s'assit sur un monde en ruines une jeunesse soucieuse. »

  • Octave, bohème et libertin, plaide auprès de marianne, sa cousine par alliance, la cause de son ami, le timide et romanesque coelio.
    Mais il n'obtient d'autre résultat que d'intéresser la jeune femme en sa propre faveur. par " caprice ", elle lui offre un rendez-vous. octave alors s'efface au profit de coelio, mais le fait ainsi tomber dans un guet-apens. drame de l'amitié autant que drame de l'amour, les caprices sont surtout le drame de l'identité perdue : coelio est le double d'octave ; octave est " une autre marianne ". le chassé-croisé des personnages, divaguant comme octave toujours ivre, errant comme coelio définitivement perdu dans ses rêves, ou trottant comme marianne allant et venant de chez elle à l'église au rythme des heures canoniales, fait du caprice à la goya la figure même d'un destin cruel et absurde.

  • Texte intégral, enrichi d'une lecture d'image, écho pictural de l'oeuvre, et suivi de sa mise en perspective organisée en six points :

    Mouvement littéraire
    Le romantisme autour de 1830

    Genre et registre
    Le drame romantique en 1834. Lorenzaccio, un drame critique oe

    L'écrivain à sa table de travail
    Cheminement d'une oeuvre. Des sources au manuscrit de Lorenzaccio

    Groupement de textes
    L'immolation de l'artiste

    Chronologie
    Musset et son temps

    Fiche
    Des pistes pour rendre compte de sa lecture

  • Fantasio, « bourgeois de Munich » vaguement bohème, est menacé de la prison pour dettes. Dans le même temps la princesse Elsbeth, fille du roi de Bavière, est fiancée au prince de Mantoue, un imbécile couronné. Pour échapper à ses créanciers et aussi par désoeuvrement, Fantasio, sur un coup de tête, décide de prendre la place du bouffon du roi qui vient de mourir. Plutôt qu'une comédie, Fantasio est une féerie, irréelle de légèreté et d'élégance, où se conjuguent les influences d'Hoffmann et de Shakespeare, de Marivaux et des Mille et Une Nuits. C'est en même temps une réflexion exemplaire sur le théâtre, qui renvoie dos à dos la tragédie classique, inadaptée aux temps bourgeois, et le drame romantique, déclamatoire et boursouflé, pour suggérer une troisième voie, celle d'un théâtre magique, ironique et tendre, à la croisée de la comédie de caractères et du conte merveilleux.

  • Un spectacle dans un fauteuil, composé par Musset en 1832, est un recueil poétique qui réunit à la fois une dédicace, une tragédie, une comédie, et un poème. L'auteur joue avec les attentes du lecteur, invité à imaginer un spectacle en lisant. Il suggère que le théâtre peut se passer d'une salle mais non d'un public, fût-il réduit à un seul individu. Ce principe lui permet d'exprimer toute sa fantaisie, qu'elle soit sombre dans La Coupe et les Lèvres ou aérienne dans À quoi rêvent les jeunes filles. L'inventivité de Musset se déploie aussi bien dans ce théâtre en liberté que dans l'insolente dédicace et dans le chef-d'oeuvre poétique qui referme le recueil, Namouna.

  • Sur un théâtre ancien, faisons des pièces ludiques. Tel pourrait être le mot d'ordre d'Alfred de Musset quand il s'adonne au proverbe, genre dont Il ne faut jurer de rien et On ne saurait penser à tout sont d'incontestables réussites.
    Impertinentes et drôles, ces pièces bousculent les formes théâtrales empesées et le sérieux des convenances. L'esprit fuse, les surprises succèdent aux quiproquos, les incongruités aux cocasseries. L'alacrité du ton, le sens du rythme et la verve de l'échange dépoussièrent les situations déjà vues et dégourdissent les dialogues. Voici venu le temps de la jubilation théâtrale.

  • Non, Madame ; je veux dire ceci : que l'amour est immortellement jeune.
    Et que les façons de l'exprimer sont et demeureront éternellement vieilles. Les formes usées, les redites, ces lambeaux de romans qui vous sortent du coeur on ne sait pas pourquoi, tout cet entourage, tout cet attirail, c'est un cortège de vieux chambellans, de vieux diplomates. de vieux ministres, c'est le caquet de l'antichambre d'un roi ; tout cela passe, mais le roi ne meurt pas : l'amour est mort, vive l'amour !

  • « Ah, George, quel amour ! jamais homme n'a aimé comme je t'aime. Je suis perdu, vois-tu, je suis noyé, inondé d'amour ; je ne sais plus si je vis, si je mange, si je marche, si je respire, si je parle ; je sais que j'aime, je meurs d'amour, d'un amour sans fin, sans nom, insensé, désespéré, perdu, tu es aimée, adorée, idolâtrée jusqu'à mourir ! Et non ! je ne guérirai pas. Et non, je n'essaierai pas de vivre ; et j'aime mieux cela, et mourir en t'aimant vaut mieux que de vivre. » Alfred de Musset à George Sand, 1er septembre 1834.

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