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Librairie Generale Francaise

  • On ne badine pas avec l'amour Perdican revient au village de son enfance où il doit épouser sa cousine Camille, mais la jeune fille, tout juste sortie du couvent, est prévenue contre l'amour, par avance convaincue de la désillusion qu'elle encourt. Par dépit, Perdican séduit alors Rosette, une petite paysanne, et dans un décor de fraîcheur bucolique, c'est une fin tragique qui s'annonce.
    Camille et Perdican partagent sans doute la même religion de l'amour idéal, mais mêlée de véhémence chez l'une et de rouerie chez l'autre, et derrière le rêve d'un retour à l'innocence première se dessine un enfer, inscrit depuis toujours dans la nature humaine. Le temps paradisiaque d'On ne badine pas avec l'amour, faut-il alors le voir comme une immobilité bienheureuse ou la préparation de la Chute ? C'est là toute l'incertitude de la pièce qui n'oublie pas, en 1834, la liaison de Musset avec George Sand, dont Perdican répète mot pour mot les paroles : «J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.» Edition de Frank Lestringant.

  • Collection « Classiques » dirigée par Michel Zink et Michel Jarrety Musset La Confession d'un enfant du siècle Après le désastre de Waterloo, l'ennui s'installe avec la paix : « Alors s'assit sur un monde en ruines une jeunesse soucieuse. » Mais l'enfant du siècle ne s'attarde pas longtemps à son époque et, de manière assez désinvolte, raccorde à la grande sa petite histoire : celle d'un homme qui se console de la trahison de sa maîtresse par une vie de fête et de débauche à laquelle l'arrache brutalement la mort de son père. Après quoi l'amour, traversé par la tentation du suicide et du meurtre, ne le conduira qu'à la solitude.
    La Confession que Musset fait paraître en 1836 est ainsi un roman qu'il faut lire bien au-delà de la liaison avec George Sand qui vient de dramatiquement se dénouer à Venise. A vingt-cinq ans, Musset n'offre pas ici une simple esquisse prometteuse, comme le croyait Sainte-Beuve, mais un testament littéraire qu'il ne dépassera pas, un livre où il devient le héraut d'une génération dont la leçon amère est que, face à l'absurdité de vivre, l'irrésolution est la seule attitude lucide.

    Edition de Frank Lestringant.

  • Marianne, une jeune Napolitaine de dixneuf ans que sa mère a mariée à un vieux juge, n'a d'autre distraction que de se rendre à l'église plusieurs fois par jour. En chemin, elle rencontre son cousin Octave qui, auprès d'elle, plaide la cause de son ami Coelio, trop timide pour déclarer son amour. Elle commence par le rabrouer puis, par un revirement qui est un caprice, accepte d'entrouvrir sa porte à un amant. Mais lequel ? La romance va tourner au drame... En 1833, lorsqu'il fait paraître sa pièce qui ne sera portée à la scène qu'en 1851, dans une version d'où il aura gommé les allusions sexuelles et religieuses, Musset y voit une comédie. Mais c'est une comédie au dénouement tragique et qui déroute la tradition : par leur ton poétique, leur inspiration fantaisiste, leur légèreté de composition, Les Caprices de Marianne renouvellent profondément l'écriture dramatique. Quant à leur héroïne, plus révoltée sans doute qu'écervelée, elle incarne la liberté d'une femme qui refuse de se voir dicter sa conduite amoureuse.

  •    1537... Alexandre de Médicis, qui a plongé Florence dans le vin et le sang, couve un serpent dans son sein : Lorenzo, qui guette auprès de lui l'occasion de tuer le tyran. Hélas ! au service de ce débauché, la jeune « taupe » s'est amollie au point de ressembler maintenant à un « lendemain d'orgie ambulant ».


        Qui pis est, Lorenzo a perdu foi en sa mission.
    Romantique peut-être, mais réaliste et lucide, cet apprenti terroriste ne croit plus que la mort d'Alexandre suffira à sauver Florence. « Prends le chemin que tu voudras, tu auras toujours affaire aux hommes. »     Et en effet, son forfait accompli, Côme succède à Alexandre, un Médicis à un autre Médicis ...

       Sous les pavés... des pavés.

  • Fantasio ou comment échapper au mal de vivre en se glissant dans la peau d'un bouffon ? Si toute la fantaisie et le brillant de cette comédie en deux actes ne sont pas contenus dans ce prétexte génial, ils lui doivent beaucoup. Masque au pays des masques, Fantasio égare sans s'égarer. Là où d'autres couverts de dettes comme lui fuiraient le Prince, il le frôle. Grain de sable et grain de folie, il est celui par qui le scandale, en l'espèce la guerre, arrive. C'est du meilleur Musset, suave mélange de politique, de coeur et de mélancolie.
    Et pendant ce temps-là, à ses côtés, George Sand écrit Aldo le Rimeur, que le lecteur découvrira ici à la suite de Fantasio, avant de rencontrer, sous les traits de Léonce et Léna de Büchner, un texte qui inßuença fort les amants de Venise dans leur oeuvre conjointe.

  • Dans le Paris des années 1830, un jeune dandy inconstant, en perpétuelle contradiction avec lui-même, tombe fou amoureux de deux femmes. Si la riche marquise de Parnes et la modeste madame Delaunay se ressemblent, leur condition les sépare. L'une est une aristocrate, mariée, reine de son domaine huppé de la Chaussée d'Antin. L'autre, veuve, vit modestement de ses travaux de couturière. Pour la première fois de sa vie, Valentin va devoir faire un choix.
    Musset nous offre une variation pleine de charme sur un thème universel, et assortit son observation amusée du trio d'une réflexion plus profonde sur les mécanismes de l'amour.

  • Doutant des femmes pour avoir si souvent usé de leurs faveurs, le jeune et léger Valentin se refuse au mariage, au grand désespoir de son oncle, le négociant Van Buck, qui, tout en le morigénant, paie ses dettes au jeu. Il menace donc son neveu de le déshériter s'il refuse d'épouser la jeune Cécile de Mantes. Valentin parie alors qu'il réussira à séduire la belle en trois jours - ce qui lui permettrait de refuser qu'une jeune fille aussi facilement conquise puisse devenir sa femme. En 1836, Il ne faut jurer de rien, que Musset fait paraître avec le sous-titre de " proverbe ", est la pièce la plus représentative de sa seconde manière, assagie. C'en est fini des passions brûlantes, des innocentes fatales et des beaux ténébreux, et ce ton nouveau est celui de la drôlerie et de l'humour, même si cette légèreté n'empêche pas qu'on puisse frôler le drame. Lorsque la pièce sera représentée douze ans plus tard, le public ne la boudera pas : ce sera l'un des premiers triomphes de Musset au théâtre.

  • Né après Lamartine, Vigny et Hugo, Musset sera l'éternel cadet du roman-tisme, et Rolla le dira bientôt : « Je suis venu trop tard dans un monde trop vieux. » Lorsqu'en 1829 ? il a dix-neuf ans ?, il fait paraître son premier re-cueil, les Contes d'Espagne et d'Italie, il ne cache rien de son insolence icono-claste, et cette liberté d'allure, cette impudeur clairement affichée, s'accompagnent d'une grâce juvénile qui fait tout pardonner. Pleine de promptitude et de nonchalance, de désinvolture et pourtant d'efficacité, sa poésie va s'ouvrir au théâtre, accueillir tous les registres ? mondain, politique, satirique ou comique ? et bien sûr toutes les expériences amoureuses qu'elle évoque du ton le plus badin au plus grave.
    Passé l'âge de trente ans, il n'y a plus chez Musset que des surgissements sporadiques, et cependant parfois superbes : cette oeuvre est tout entière une oeuvre de jeunesse. Poète de la facilité dont le Je n'en finit pas d'envahir l'oeuvre ? Peut-être. Mais dans ce Je ouvert et finalement mobile, chacun peut se reconnaître. La poésie de Musset a besoin du lecteur, de sa sensibilité et de sa voix, pour s'accomplir et se réaliser : cette fragilité secrète est ce qui la fait vivre encore pour nous.

    Édition de Frank Lestringant

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