Anna Serra

  • La Claire Caresse est un recueil de poèmes suivi d´une pièce de théâtre sur le prieuré de Serrabona où ANna Serra a vécu pendant deux mois en tant que guides. Elle y partage toute la passion qu´elle porte à ce lieu qui la relie à l´entremêlement du vivant et des émotions autant qu´à celui des civilisations anciennes, à un mystère qu´il s´agit d´explirer sans rien vouloir trouver de plus révélateur qu´un poème ouvert vers les probables. Tout le petit peuple des chapiteaux, le jongleur, les lions, les fleurs, l´acrobate. se promènent dans le texte.

  • Je suis amoureuse

    Anna Serra

    Ce livre est un ensemble de 4 textes où la poésie se cherche comme expérience des énergies de l'amour. Chacun des poèmes rythme par l'écriture une étape particulière, une quête, un mouvement vers l'autre, un partage d'énergie jusque dans sa dimension cosmique. Un manifeste vient clore cet ensemble : une invitation à saisir les intentions de cette poésie pulsée.

  • Dehors dehors

    Anna Serra

    J'avais des taches dans les yeux. C'étaient des présences passées obsédantes. Je ne voyais plus bien. Alors je suis partie chercher ma langue exorciste dehors. L'errance a duré trois mois.

    Même dehors, je cherchais absolument le dehors.

    J'accusais le soleil.

  • Loddy vit une vie heureuse dans sa forêt natale, avec d'autres animaux autochtones. Tous profitent des arbres et de la forêt qui leur fournissent leur habitat. Mais, un jour le danger sous forme de bulldozers arrive pour détruire ce lieu paradisiaque.
    Loddy réunit le conseil des animaux pour une riposte et demande à chacun selon ses possibilités de lier les branches des arbres, « comme pour se donner la main », afin que les bulldozers ne puissent pas passer devant ce mur de lianes.
    Cette fois, la bataille est gagnée, mais pas la guerre. Il faut que chacun en fasse autant quel que soit l'endroit de la planète pour que les enfants puissent encore respirer le bon air.

  • Extrait de la préface de Fina Llorca "Cau de llunes, 40 ans après, en français" Cau de llunes, récompensé par le prix Carles Riba en décembre 1976, révèle Maria-Mercè Marçal, qui vient d'avoir 24 ans. Ce livre rassemble les poèmes écrits depuis ses 21 ans, comme nous l'informe l'édition de ses oeuvres complètes publiées de son vivant sous le titre Llengua Abolida. La femme de basse classe et de nation soumise qu'on découvre à travers la «Divisa» («Devise») laquelle devint sa carte d'identité, était professeure de catalan au lycée de Sant Boi de Llobregat, dans ce lieu qu'on appelait le «Cinturo roig de Barcelona» («Ceinture rouge de Barcelone»).

    Quarante ans après la remise du prix, la traduction en français est prise en charge par quelqu'un, une femme, poète aussi, qui a senti l'écho des mots et des expériences vécues avec la fraîcheur renouvelée d'une lecture faite avec des yeux nouveaux et avec d'autres expériences. Il est vrai que nous sommes loin déjà de la nuit du franquisme. La lutte d'une nation soumise en est à une autre étape.
    Nous ne saluons pas le début du féminisme, étant bien dans un autre monde avec une autre conscience de femme, dans un autre pays, un autre monde. Le «dur desig» eluardià («le dur désir» éluardien) de durer qu'évoquait Marçal, n'était pas vraiment celui de passer à la postérité, mais plutôt le désir que les mots continuent de créer de nouvelles significations et c'est justement cela que nous voyons arriver, arriver et arriver sans cesse dans l'oeuvre de Marçal. Que pouvons-nous saisir en 2016 de la poésie de Cau de llunes?

    Anna Serra en a saisit la magie du langage qui évoque une tradition qui peut-être n'a jamais été, qu'en tout cas Marçal construit pour libérer le corps et la vie de la tyrannie, de toutes les tyrannies, de la négociation avec sa propre langue, de la soumission et de l'aliénation. Pour que tout ceci puisse retourner vivre quarante ans après, après l'année 1976.

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