Anne Chamayou

  • LE RIRE EN SES DISCOURS.
    LA MAUVAISE REPUTATION. L'EMPRISE DES SIGNES. RIRE ET IDENTITE. RIRE ET AUTOBIOGRAPHIE. LE PARTI D'EN RIRE. LE TEMPS RETROUVE.

  • Peut-on parler de Décomposition en littérature sans forcément invoquer la déchéance visant à la destruction de la matière organique ? Cet ouvrage propose une approche nouvelle et innovante de la notion de « décomposition » en littérature et dans les arts visuels, et se range ainsi dans le champ d'une esthétique un peu contradictoire, voire insolite, qui ne manquera pas de surprendre.
    Les articles qui composent l'ouvrage sont souvent autant d'explorations novatrices d'auteurs classiques, anciens ou contemporains.
    L'ensemble apportera donc au lecteur un éclairage nouveau sur la littérature et ses enjeux esthétiques.

  • Par quoi les écrivains sont-ils habités ? Souvent par d'autres écrivains.
    Pas seulement parce qu'ils s'influencent ou s'inspirent les uns les autres mais parce que parfois ils écrivent à l'ombre de l'oeuvre d'un autre, à la lumière du rayonnement laissé par un confrère célèbre, vivant ou mort, qu'ils admirent, qu'ils fuient, qui les enrichit ou les entrave. Ils écrivent alors en contrepoint de l'oeuvre d'un autre, en dialogue ou en résistance. Ils sont travaillés par la présence d'un aîné ou d'un contemporain qui est pour eux une autorité à honorer, à dépasser, à combattre.
    Ce rapport à l'écrivain est une occasion de fécondité, de rivalité, au pire un véritable empêchement. Dans tous les cas, cette intime obsession, cette hantise les oblige à trouver leur propre voix, chercher leur propre espace et plus largement, décider du sens qu'ils donnent à leur propre quête. Ces fantômes d'écrivains sont donc bien ce qui hante leur création : ils la visitent et l'inquiètent, la rendent plus vivante, plus personnelle, la forcent à affirmer ses contours, fût-ce dans la destruction de cette figure intérieure qu'elle porte en elle et que tout à la fois elle enfouit et exhibe.
    Il s'agissait donc de traquer les fantômes dont est peuplée la littérature... Les articles de ce recueil explorent divers cas de relation intime entre un écrivain et un autre, diverses conditions singulières de création " hantée ".

  • Rabelais apprit jadis à l'Europe que le rire était le propre de l'homme.
    Sur ce point, il se peut que les Européens soient plus hommes encore que les autres : inventeurs de la comédie (grecque), de l'esprit (français), de l'humour (anglais), du Carnaval et de la caricature, possesseurs de Cervantès, de Charlie Chaplin et de Raymond Devos, ils ont fondé, au mépris des traditions sérieuses qui les ont également traversés, une culture où le rire est conçu à la fois comme un merveilleux conducteur de sociabilité et un irremplaçable instrument de la raison critique.
    À l'heure où, bon gré mal gré, les Européens se décident à se donner un destin politique commun, il a paru intéressant d'examiner les opportunités que leur offre le rire -pour se comprendre, mais aussi pour se différencier. Y a-t-il un rire européen? Une façon particulière de rire ensemble malgré des sensibilités culturelles irréductibles à toute uniformisation? Sur quelles connivences, soutenu par quelles valeurs, au sein de quelles tourmentes, dans l'espoir de quelles libérations, le rire européen fuse-t-il, d'une nation de l'Europe à une autre ou de l'Europe vers les autres continents? Ces questions méritaient le concours d'historiens, de sociologues, de littéraires et de linguistes, venus de France et de Grande-Bretagne mais aussi d'Allemagne, d'Italie, de Roumanie, du Danemark et du Niger.
    Dans le vaste éventail qu'ils ouvrent ici, on verra se déployer toutes les facettes d'un rire qui, de Milan Kundera à Pies Paolo Pasolini et de l'Inde à l'Afrique noire fait entendre la voix d'une Europe complexe, à la fois sûre et inquiète d'elle-meme, héritière (infidèle?) et inventrice (épuisée?) dune certaine forme d'humanisme de la Joie.

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