Anne De Jouvenel

  • Le 3 août 1954, Colette disparaissait, en son appartement du Palais-Royal, au coeur de Paris, qu'elle habitait depuis plusieurs décennies. Sidonie-Gabrielle Colette, bourguignonne dans l'âme, était devenue l'incarnation de ce quartier de Paris où sa figure de femme de lettres s'était définitivement construite. C'est là-même que la République lui organisa le rare privilège de « funérailles nationales ».

    Visiteurs et photographes ont défilé dans son antre bourré de livres, de bibelots, de souvenirs, de tissus. Clouée par l'arthrite dans son « lit-radeau » dès la fin des années 1940, Colette observe le jardin, Paris et la vie des autres « de sa fenêtre ». Ce livre permet de redécouvrir à travers elle un Palais-Royal vivant, populaire, plein de gouaille et de surprises nocturnes, tel qu'il était avant de devenir l'écrin superbe et monumental d'aujourd'hui. Autour de Colette, ce sont ses voisins qui revivent : Jean Cocteau, Jean Marais, Emmanuel Berl et Mireille, Christian Bérard, Pierre Lazareff, ou Raymond Olivier, mais aussi de jeunes visiteurs comme Truman Capote, Leslie Caron ou Jean Genet.

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