Pluriel

  • C'est en 1818 que fut créé à Paris le premier musée consacré aux artistes vivants. Au cours du XIXe siècle, la diffusion des oeuvres d'art change d'échelle, le marché de l'art remplace le système académique des Beaux-Arts et, dans cette société en voie de démocratisation, se développent l'intérêt pour l'art et la consommation de productions artistiques. Dans les ventes aux enchères, il apparaît que l'art contemporain (on disait « moderne » à l'époque) peut valoir de l'argent. Les tableaux des artistes vivants deviennent objets d'investissement et de spéculation.  Anne Martin-Fugier met en scène tous les protagonistes du monde de l'art et évoque leur style de vie et leur sociabilité : les peintres et les sculpteurs connus et moins connus, les modèles, les critiques et les aventuriers qu'étaient parfois les marchands et les collectionneurs. Elle se penche sur les relations passionnelles et complexes qu'entretiennent les artistes avec ces derniers. Elle analyse l'évolution des identités, celle de l'artiste et celle de l'amateur. Que devient au cours du siècle la figure de l'artiste victime de la société bourgeoise qui s'est constituée à l'époque romantique ?

  • De la fin de la décennie 1810 aux lendemains de la Révolution de 1848, Anne Martin-Fugier nous propose un portrait de groupe où il est moins question de doctrine que de salons, de rencontres et d'amitiés. En replaçant les chefs de file du mouvement dans les lieux de l'aventure romantique, elle nous fait découvrir une foule de petits romantiques, des soldats de la bataille d'Hernani à la bohème de Mimi Pinson en passant par les Jeune-France chevelus et les ouvriers poètes des années 1840. Le Cénacle de Victor Hugo, les masures du Doyenné, l'histoire du Corsaire-Satan revivent sous nos yeux tandis que les itinéraires de Hugo, Delacroix, Berlioz ou George Sand se dessinent plus précisément, exemplaires dans leurs succès comme dans leurs échecs.
    Le romantisme apparaît alors comme l'aventure d'une génération, celle de jeunes gens qui se jettent à corps perdu dans l'Art en espérant y trouver la gloire et la réussite matérielle. Mais cette dernière est rare, et nombreux sont ceux qui retournent à leur milieu d'origine ou meurent de faim et de froid dans les greniers d'une bohème qui n'est pas toujours gaie.

  • La bourgeoise

    Anne Martin-Fugier

    • Pluriel
    • 11 Mars 2014

    1900 : triomphe du Bourgeois. Mais son épouse ?

    Cette femme qui parade, élégante, au Bois, suscite bien des craintes et des interrogations : est-elle honnête ? Qu'est-ce au juste qu'une honnête femme ? Que peut-elle faire pour n'être point oisive ? Comment entretiendra-t-elle le nid familial et accomplira-t-elle les milles devoirs qui la rendront digne de ses titres d'Épouse, de Mère, de Femme au foyer ? Quelle fonction sociale pour elle, en dehors de la garde de la famille ? Et quelle éducation peut-elle recevoir sans trahir, demain, sa vraie vocation ? Ces questions engendrent toutes sortes de discours qui, dans leur diversité et leurs contradictions, codifient le rôle dévolu aux femmes de la bourgeoisie. Ce livre analyse le modèle ainsi formé et montre comment, en suivant l'évolution des moeurs, il perdure, de la ligne d'Épouse et Mère chapeautée et corsetée du début du siècle à la jeune Femme-qui-travaille d'aujourd'hui.

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