Arts et spectacles

  • Après ses livres d'entretiens sur le monde de l'art contemporain qui ont connu un grand succès (Galeristes en 2010, Collectionneurs en 2012, Artistes, en 2014), Anne Martin-Fugier a interrogé quinze femmes actrices de l'art contemporain en France durant les cinquante dernières années.
    Elle n'a pas choisi des artistes, mais des « témoins », journalistes, galeristes, directrices d'institutions publiques et privées qui, partout en France, participent à la diffusion de l'art contemporain avec leur énergie et leur sensibilité. Leurs trajectoires et leurs récits constituent un panorama du monde culturel d'aujourd'hui.

  • En interrogeant un large éventail de galeristes sur leur vocation, leurs artistes, leurs clients et leur fonctionnement, Anne Martin-Fugier dresse, à travers ces témoignages d'itinéraires humains, un passionnant panorama du marché de l'art à Paris depuis 1950.

  • Après Galeristes (2010) et Collectionneurs (2012), voici Artistes, qui clôt la trilogie d'Anne Martin-Fugier sur le monde de l'art contemporain en France au début du xxie siècle et tente de répondre à cette question essentielle : Qu'est-ce qu'être un artiste français à l'époque de la mondialisation ?
    Pour cette étude, l'auteur a rencontré douze artistes français, vivant en France même si certains passent beaucoup de temps à l'étranger. Les différentes générations sont représentées : de Fabien Mérelle, 32 ans, à François Morellet, 87 ans, tous les artistes bénéficient d'une notoriété dans leur classe d'âge. Toutefois, si le marché mondial de l'art contemporain est euphorique, les artistes français sont trop faiblement reconnus au niveau international, et l'auteur a voulu nous faire partager leur état d'esprit face à la crise économique et au discours sur le déclin français. Comment perçoivent-ils la spectaculaire accélération de la dernière décennie et leur propre situation ? Leur élan créatif allant de pair avec une gestion contraignante du réel, ils sont solitaires et exposés, guettés par la précarité. D'où l'importance des proches, des interlocuteurs, des conservateurs et parfois des collectionneurs.
    On constate que leur périmètre d'action s'est considérablement étendu, grâce aux expositions, aux commandes et aux résidences en France ou à l'étranger, sans pour autant supprimer leur attachement à l'atelier, lieu d'ancrage, espace de concentration solitaire ou centre d'une ruche. Ils attendent des galeristes qu'ils investissent sur eux, les aident à produire, éditent des catalogues, communiquent auprès des médias et leur procurent des ouvertures hors des frontières en les emmenant dans des foires. Ils sont partagés vis-à-vis des institutions françaises, se défiant des fonctionnaires de la culture mais affirmant qu'entrer dans les collections publiques est une preuve de reconnaissance. Si l'espace s'est agrandi, le temps s'est rétréci. Le rythme d'une carrière a changé. Les modes se démodent aussitôt, la lente progression des prix et des réputations a disparu. Le souci des artistes concerne leur créativité : ils veulent préserver leur élan et le plaisir qu'ils trouvent à travailler, sans lequel leur production n'aurait plus de sens. Ainsi, ces trois ouvrages nous permettent d'affirmer que l'activité créatrice occupe une place de plus en plus importante dans la vie de chacun. Le besoin d'art s'est généralisé. Ce travail auprès des passionnés - artistes, galeristes et collectionneurs - souligne leur relation étroite et fertile et permet de dresser un panorama attentif du milieu artistique français contemporain et des rapports intimes, parfois complexes, qui existent entre ses différents acteurs.

  • Galeristes

    Anne Martin-Fugier

    En interrogeant un large éventail de galeristes sur leur vocation, leurs artistes, leurs clients et leur fonctionnement, Anne Martin-Fugier dresse, à travers ces témoignages d'itinéraires humains, un passionnant panorama du marché de l'art à Paris depuis 1950.
    «J'ai depuis trente-trois ans deux pôles dans ma vie, confie l'auteur, l'histoire culturelle et sociale du XIXe siècle et l'art contemporain. J'ai voulu constituer un témoignage sur quelques galeristes parisiens. Je prends le parti d'interviewer une douzaine de galeristes que je fréquente de longue date et de tracer ainsi une série de portraits en y mettant parfois le grain de sel du collectionneur, en ajoutant un souvenir ou un commentaire.
    Chemin faisant seront, bien entendu, évoqués des oeuvres et des artistes. Mais ma perspective n'est pas pédagogique, je ne veux pas me centrer sur l'histoire de l'art, j'ai envie de retracer des itinéraires humains.» Ces galeristes appartiennent à des générations diverses , d'Emmanuel Perrotin qui a quarante et un ans à Lucien Durand qui en a quatre-vingt-neuf et ont tous des parcours très différents, dans leur vie privée (des couples hétérosexuels ou homosexuels qui travaillent ou non ensemble, des célibataires, des familles.
    Almine Rech a tenu une galerie avec son mari, Cyrille Putman, avant de divorcer, de se remarier avec un petit-fils de Picasso et d'ouvrir une galerie personnelle à Paris, puis une seconde à Bruxelles) comme dans leur évolution professionnelle: l'un est le fils d'un célèbre marchand (Albert Loeb) ; d'autres ont gardé longtemps un travail alimentaire pour faire vivre leur galerie (Frédérique et Philippe Valentin) ; d'autres encore, en pleine ascension, ont ouvert une galerie à l'étranger (Emmanuel Perrotin, Bruno Delavallade). Ces trajectoires variées, cette richesse d'expériences produisent des témoignages précieux à recueillir.
    Ils ont envie de raconter mais n'auront probablement jamais le loisir ou la patience de mettre leur récit par écrit. C'est la mission que s'est donnée Anne Martin-Fugier.

  • Après Galeristes, paru en octobre 2010, où Anne Martin-Fugier interroge un large éventail de galeristes sur leur vocation, leurs artistes, leurs clients et leur fonctionnement, voici Collectionneurs qui, selon la même démarche, poursuit ce questionnement.
    Les collectionneurs d'art contemporain sont divers dans leurs pratiques, leurs goûts et leurs recherches. Certains suivent une ligne, d'autres sont plus fantaisistes. D'aucuns sont boulimiques et voudraient s'en guérir. Souvent, ils n'aiment pas qu'on les appelle «collectionneurs», comme si le terme était péjoratif : ils se voient plutôt comme des chercheurs, des découvreurs de nouveautés. Si le statut de collectionneur ne constitue pas leur projet initial, un beau jour, voyant qu'il n'y a plus de place sur les murs, ils prennent conscience qu'ils sont devenus collectionneurs. Ce nouveau statut alourdissant leur vie, ils cherchent à s'en dédouaner : à «collectionneurs», ils préfèrent «amateurs d'art» et à «collection», «réunion d'oeuvres». Ils se définissent généralement avec modestie ou humour.
    Toute collection exige une formation. Se faire l'oeil demande du travail et prend du temps. Il faut aller voir les expositions, lire, s'informer. L'apprentissage se fait essentiellement sur le tas, par la fréquentation des musées et des galeries et par la rencontre de galeristes, d'artistes, de collectionneurs, qui aident à forger le goût et le regard. Si, pour acheter des oeuvres, il faut des moyens, ceux-ci ne doivent pas forcément être colossaux. La plupart des interviewés ne sont pas riches, mais acheter de l'art reste leur priorité.
    Collectionner, c'est jouer. Les collectionneurs sont dans l'addiction ; ils sont conscients d'imposer à leurs proches, conjoint ou enfants, leur manie, leur folie. Mais, en même temps, ils revendiquent le droit à dépenser, à s'amuser. Désirer des oeuvres d'art est devenu le moteur de leur existence : il se transforme vite en plaisir. Or, la collection, qui au départ était synonyme d'aventure et de liberté, devient peu à peu synonyme de contrainte. Elle envahit l'espace, impose sa présence, avec ses problèmes d'assurance, de stockage, d'accrochage. Puis, fatalement, arrive la pire des contraintes : l'avenir de la collection. Certains l'organisent avec soin, d'autres s'en soucient très peu, voire pas du tout, faisant de leur indifférence une philosophie. Si le destin de leurs oeuvres leur cause parfois de l'inquiétude, ce qui les inquiète encore davantage est la perte éventuelle de la curiosité ou la rupture avec les jeunes générations d'artistes.
    Ainsi, à travers les témoignages de quatorze collectionneurs, Anne Martin-Fugier nous invite à pénétrer dans leur univers. On saisit en particulier le rôle agissant de l'art vécu au quotidien, de l'intimité avec l'oeuvre sur son territoire privé.

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