Arlette Albert-Birot

  • Serge Pey ; la bouche est une oreille qui voit

    Arlette Albert-Birot

    • Nouvelles editions place
    • 27 Juin 2006

    Rien de plus difficile que de pénétrer dans l'univers poétique de Serge Pey. Être polymorphe, il est poète, récitant et acteur, et n'hésite pas à allier deux formes d'expression, en apparence contradictoires : l'oralité et l'écriture. De cette union hybride est née la « poésie-action », dont Serge Pey tente d'explorer les moindres aspects, à la fois dans ses poèmes et dans ses performances.Arlette Albert-Birot nous propose de découvrir l'oeuvre du poète à travers l'homme. Elle nous en avertit d'emblée : « On ne trouvera ici ni un essai sur Serge Pey ni une analyse de sa poétique. J'ai d'abord admiré l'oeuvre puis j'ai appris à aimer l'homme ; je ne peux plus séparer l'un de l'autre. »Elle met à nu les multiples facettes de ce « tisserand des mots » : poète démiurge, poète acteur, poète « marcheur » et engagé, « champteur » - car tout poète est un créateur de champ - ou encore, « poète aux bâtons ». Serge Pey aime cette dernière appellation. En effet, le bâton est au centre de sa poétique et symbolise la poésie-action : « Entre l'auditoire et lui, il y a le bâton ; il figure le concept de poésie-action, comme un trait d'union qui sépare. »Le lecteur n'a plus alors qu'à emboîter le pas au bâton du pèlerin-poète et à se laisser guider, par Arlette Albert-Birot, dans la demeure mystérieuse d'un poète composite.Serge Pey est né le 6 juillet 1950 à Toulouse, où il vit toujours. Il mène un travail singulier dans la poésie contemporaine française. Poète visuel, il écrit souvent ses textes sur des bâtons de châtaignier avec lesquels il réalise scansions et performances. Son art particulier mêle à la fois des aspects du happening, de la poésie d'action, du rituel et de l'agit-prop. En France, ses performances ont été présentées sur tout le territoire (Marseille, Toulouse, Auxerre, L'Échelle, Reims, Chaumont, Avignon, Brest,...) et diverses fois au Centre Pompidou, au Marché de la poésie, à l'Odéon, à la Mutualité.... Acteur du groupe international de la poésie directe, il se produit fréquemment à l'étranger, souvent entouré de ses amis, artistes et musiciens. Il s'est ainsi rendu au Mexique, au Maroc, en Espagne, au Chili, en Argentine,...Son oeuvre multiforme, écrite ou enregistrée, est traduite dans plusieurs langues et a été couronnée par les prix internationaux de poésie francophone Wallonie-Bruxelles et Yvan Goll, qui lui ont été remis en 1989 et 2001.En 1980, il crée le Festival international des poésies contemporaines de Toulouse. Docteur ès lettres (Philomèle ou la langue arrachée), il enseigne la poésie contemporaine au Centre d'initiatives artistiques de l'Université de Toulouse-Le Mirail.

  • L'époque aime la lame et le bris, déchiquète plus qu'elle ne soude.
    Atomise. Sépare. Si elle cultive l'amnésie, nous avons plus que jamais besoin que soit passé le témoin. Aux désenchantements postmodernes, aux apories de l'Histoire, Georges-Emmanuel Clancier (né en 1914) confronte ses quêtes émerveillées, ses arches féeriques, l'exploration de ses terres intimes, sa défense et illustration d'une écriture de l'humain. Alors que nous errons encore parmi les décombres d'un XXè siècle incessamment moribond, son oeuvre nous rappelle opportunément que la mémoire est la première forme de la résistance, la dénégation apportée à tout ce qui nous aliène au donné.
    Conséquente et multiple, la production clancienne, qu'il s'agisse de roman, de poésie ou de réflexion critique, est celle d'un " passager du siècle ". Le colloque de Cerisy a promené son miroir le long des chemins d'une vie et ces Actes sont les miscellanées que nous offrons à notre tour au passager-passeur. Ils déclinent toutes les formes de la traversée existentielle et du voyage esthétique. Y sont d'abord convoqués les gués de la formation, de la rencontre.
    Le passager a charrié bien des êtres, des mots, des rêves. Puis nos propres examens amicaux de passage ont sillonné les strates de l'écriture, les référents romanesques, leurs espaces identificatoires et leurs encrages, les dispositifs symboliques du narratif, les motivations et motifs de la poésie. Autant d'escales dans l'imaginaire du poète ami, mais autant d'occasions de ne pas stationner. L'oscillante parole de Georges-Emmanuel Clancier, cette parole conjonctive, nous invite à devenir nous-mêmes des passeurs.
    Peut-être alors pourrons-nous dire, avec l'Oreste des Mouches de Sartre : " J'ai fait mon acte, Électre, et cet acte était bon. Je le porterai sur mes épaules comme un passeur d'eau porte les voyageurs, je le ferai passer sur l'autre rive et j'en rendrai compte. "

  • Ils s'appellent Apollinaire, Breton, Cocteau, Desnos, Jarry, Prévert, Satie... Ils sont jeunes, ils sont fous, ils sont libres. Ces extravagants, venus des avant-gardes historiques, du monde futuriste, dadaïste, surréaliste, nous promènent dans la production théâtrale de la première moitié du XXe siècle. De Jarry à Picasso, c'est l'histoire de plus de 70 spectacles qui nous est proposée.

  • SOMMAIREOuverturesNathalie Nabert, Une trace fugitive et provocatrice...Georges Sebbag, L'Ombre frissonnante SORTIR DE L'OMBREGermaine Orlandi Cerenza, Dans le secret d'AquariumMarie-Louise Lentengre, Apollinaire et Soupault : petite mythologieJacqueline Gojard, André Salmon et Philippe SoupaultEmmanuel Rubio, André Breton et Philippe Soupault entre morale et écriture : les interlocuteurs impartiauxGeorges Sebbag, Philippe Soupault ou l'ombre surréalisteL'ombre des peintresPascal Rousseau, L'échange du portrait, Philippe Soupault et le peintre Robert DelaunayValentine Oncins, Paolo Uccello - Philippe Soupault - Henri RousseauPasseur d'ombresBéatrice Mousli, Philippe Soupault éditeur et revuisteGérard Durozoi, Philippe Soupault et le roman policierUne poétique frissonnanteHughes Labrusse, Écriture automatique, écriture insoliteDebra Kelly, Philippe Soupault, la guerre, l'Angleterre : Ode à Londres bombardéeMichel Murat, La faiblesse des parolesJoëlle Jean, Philippe Soupault, le passant passeurOmbre portéeAnne Clancier, Philippe Soupault, enfances, Extrait d'un entretien avec Philippe Soupault (23 avril 1979)Nathalie Nabert, La mort dans la poésie de Philippe Soupault

  • Actes du colloque d'Orléans.

    Max Jacob, né à Quimper en 1876, est mort le 5 mars 1944 dans des circonstances tragiques ; mais il est évident que ça n'est pas seulement parce qu'il est mort au camp de Drancy que nous avons célébré avec éclat ce souvenir funeste. Le poète appartient à la mémoire collective, et s'il a peu à peu quitté notre réalité quotidienne pour s'inscrire dans l'espace du mythe, il est temps de nous emparer d'un homme et d'une oeuvre devenus lieux de mémoire, mais aussi, lieux de création de notre modernité.

    Le colloque d'Orléans a coïncidé avec les journées de la célébration nationale. Il donne un aperçu de la richesse, de la complexité de celui que Picasso qualifia de « plus grand poète français de son temps ». Poète, romancier, dramaturge, épistolier, peintre, inlassable révélateur de nouveaux talents, homme de foi, Max Jacob créateur, s'il échappe aux classifications trop commodes, demeure celui que Jean Cocteau nomma l'Archange foudroyé.

  • Actes du colloque de CerisyFollainqui n'a subi aucune influencemaisscrutateur et calculateurdes conséquencesPoèteArchitecteCapable de réduire le monde à un villageDans son village au centre du mondeUne simple image par lui s'étendà la mesure du MondeLe Monde est dans la pochequand le journalier écoutefuir chaque minuteFollain le convie à boirePour passer le seuil de l'aubergeil faut gravement gravir un étroit escalierd'où l'on voit le bout du mondeFollain a construit l'escalierAndré Salmon, 1954

empty