Benjamin Deruelle

  • L'énigme Bayard : une figure européenne de l'humanisme guerrier Nouv.

    Sans peur et sans reproche, Bayard incarne à la perfection les derniers feux de la chevalerie. Il est l'homme qui défend, seul face à une armée entière, le pont du Garigliano ; celui qui adoube François Ier au soir de Marignan ; celui qui, blessé à mort, trouve encore la force de tancer le connétable de Bourbon. Vraies ou fausses, ces anecdotes, relayées par les panégyristes de Bayard, sont entrées dans la légende. Depuis sa disparition et jusqu'à nos jours, le "bon chevalier" demeure un exemple que l'on cite aussi bien en France qu'en Angleterre, en Allemagne ou en Espagne.

    Véritable figure européenne de l'humanisme guerrier, Bayard est peut-être le "dernier paladin" : abattu par un arquebusier, il n'a été protégé ni par sa vertu ni par son armure de plates. Il est en ce sens un flamboyant vaincu de la Modernité. Mais derrière cette armure, il y a un homme plein d'esprit, d'humour et de grâce, qui sait charmer autant le dernier des soudards que le roi en personne. Sous le heaume du héros, se trouvent aussi une personnalité fort mal connue et une vie remplie de zones d'ombre. L'énigme que constitue Bayard a suscité l'enthousiasme d'une vingtaine des meilleurs spécialistes des époques médiévale et moderne. Explorant des pistes variées, concernant l'histoire, l'art, la littérature et même la musique, ils proposent une nouvelle vision du plus célèbre chevalier des guerres d'Italie.

  • L'art de l'argumentation ne cède pas ses droits en situation de guerre. Au contraire, la préparation des conflits, la conduite des opérations et la reconstruction de la paix sont d'intenses moments de persuasion, de négociation et de confrontation dans lesquels l'art oratoire occupe toute sa place. Fruit d'une collaboration active entre historiens et juristes, cet ouvrage propose, au travers d'un parcours s'étendant de la guerre antique aux conflits contemporains, une réflexion riche, passionnante et novatrice sur les usages et les fonctions du discours en situation de conflit armé. Il nous transporte des plaines du Péloponnèse et de l'Italie romaine au Tribunal international, en passant par les guerres d'Attila et des ducs de Bourgogne, par les conflits religieux et de la monarchie absolue des temps modernes, ou encore par les guerres de sécessions et les deux conflits mondiaux. S'y découvrent alors les modalités et les enjeux de la parole en guerre, qu'il s'agisse de justifier ou de contester l'engagement, la violence ou les buts de guerres ; de convaincre les autorités politiques et l'opinion publique d'entrer dans le conflit ou les combattants de sacrifier leur vie ; ou encore d'implorer le pardon et de réparer des exactions, mais aussi de s'emparer de la gloire d'une victoire ou de repousser la honte d'une défaite.

  • Troisième volet du programme de recherche intitulé "la construction du militaire", cet ouvrage revient sur les pratiques discursives et langagières qui accompagnent la formation d'une société militaire en Europe. Prismes par lesquels les individus pensent et disent le monde qui les entoure, les formes du langage et leurs usages sociaux portent en effet les systèmes de représentation sur lesquels se construisent les identités individuelles et collectives. Lieu de la mise en scène de soi, pratique de distinction et facteur d'intégration, les usages de la langue contribuent activement à l'affirmation des sociétés et des identités militaires. En ce sens, elles sont un puissant vecteur de la cohésion au sein des armées en général, et des différents corps qui la composent en particulier. Elles sont encore un important médiateur du jeu social et des relations avec le reste du corps politique, mais également un enjeu de pouvoir. Les contributions de ce volume proposent ainsi une réflexion sur la façon dont les mots et les discours ont pris part à la construction d'une identité militaire durant une longue époque moderne courant de la fin du XVe siècle au XIXe siècle. Elles reviennent sur les enjeux politiques, institutionnels et sociaux de la désignation du militaire.

    Des côtes atlantiques à la grande plaine hongroise, des dernières guerres médiévales aux guerres de la révolution et de l'Empire, elles invitent à réfléchir sur ce long processus qui, de la formation d'une armée permanente à l'aube de la guerre industrielle, a transformé le guerrier en combattant de troupes régulières, et sur la manière dont l'État, la société et les militaires eux-mêmes ont façonné une condition militaire, soigneusement séparée de la condition civile.

  • L'idée de l'existence d'un modèle occidental de la guerre qui serait né dans l'Antiquité a fait l'objet d'une importante diffusion au cours des dernières années. Prenant le contre-pied de cette position, cet ouvrage - deuxième parution autour d'un projet de recherche consacré à la construction du militaire - propose une étude nuancée et polychrome du soldat européen des Temps modernes.

    Des lices et champs de bataille de la fin du Moyen Age aux tribunes de l'entre-deux-guerres, des affrontements de la Révolution aux tranchées de la Première Guerre mondiale, les auteurs dévoilent des cultures d'armes distinctes, des identités professionnelles plurielles et des sentiments d'appartenance contrastés, loin d'un modèle occidental intemporel. Cette diversité mise au jour invite à réfléchir au rôle du combat dans la construction des identités, des valeurs et des mémoires individuelles ; en retour, elle pose la question de leur influence sur les pratiques martiales, l'élaboration des règles guerrières et les interactions entre civils et militaires.

    Les exemples concrets développés dans cet ouvrage permettent de saisir l'émergence et les transformations tant des cultures que des identités combattantes européennes, dont l'évolution est caractérisée par des tensions, des ruptures, mais aussi des lignes de force. Au gré de contextes politiques, sociaux et religieux changeants - de l'Etat à l'Etat-nation -, au contact de peuples et de cultures divers, se développe ainsi le soldat de l'Europe moderne.

    Contributions de : Michaël Bourlet, Laurent Brassart, Anne Brogini, Jean-Philippe Cénat, Emmanuelle Cronier, Benjamin Deruelle, Frédéric Dessberg, Loïs Forster, Bernard Gainot, Marco Gemignani, Arnaud Guinier, Jean-Marie Kowalski, Yann Lagadec, Erwan Le Gall, Rémi Masson, Julia Osman, Florence Pauc, Eric Roulet, Christopher Tozzi.

  • De la violence à l'extrême : discours, représentations et pratiques de la violence chez les combattants (XVe-XXIe siècle) Nouv.

    Croiser la notion de violence et la figure du combattant peut sembler une évidence. Physique, verbale, psychologique ou encore symbolique, qu'ils l'exercent contre d'autres combattants ou des civils ou bien qu'ils la subissent, la violence est consubstantielle à l'état de combattant et à son mode de vie. Présente depuis que l'homme fait la guerre, ses formes, ses manifestations et ses sens ont évolué et diffèrent selon les époques, les lieux et les conflits. C'est aussi le cas de sa perception et de sa caractérisation, car chaque société, chaque groupe, voire chaque individu, l'évalue et cherche à l'encadrer selon des normes qui lui sont propres. Fruit d'une réflexion historique reposant sur l'articulation des échelles humaines, institutionnelles et étatiques, et d'un souci constant de contextualisation, cet ouvrage apporte sa pierre à l'édifice de la compréhension de la violence guerrière perçue au travers de ses raisons, de ses logiques, voire de ses stratégies. Ses auteurs l'abordent comme un objet construit, pratiqué, voire instrumentalisé et cultivé par les combattants, les groupes armés, les armées et les États des champs de bataille de la guerre de Cent Ans aux affrontements contemporains du Sahel.

  • Traitant du sujet 2017 et 2018 d'Histoire moderne du CAPES d'Histoire-Géographie, de l'agrégation d'Histoire et de l'agrégation de Géographie, cet ouvrage fait le point sur le poids des sciences et des techniques dans l'irruption de la modernité en Angleterre, en France, aux Pays-Bas/Provinces Unies et dans la péninsule italienne.

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