Dispute

  • À la fois récit et théorie de la socialisation du salaire, c'est d'abord la première histoire de la protection sociale en France depuis 1920. C'est aussi une description et une analyse comparative des deux modèles de protection sociale qui s'affrontent aujourd'hui autour des débats sur la cotisation sociale, les retraites et l'emploi.
    Cette nouvelle édition comporte trois chapitres inédits qui complètent la première édition de 1998. En quoi le salaire a constitué un progrès et une incontestable réussite ?
    Comment se sont malgré cela imposées des représentations rétrogrades de ce modèle, tant dans le discours académique que dans les pratiques comptables ? Enfin, l'auteur donne les outils pour reprendre la marche vers l'émancipation.

  • Ce qui s'est passé depuis 2010 et le débat actuel sur les retraits confirment la pertinence de l'analyse de la réforme, du diagnostic sur les raisons de l'impuissance des opposants et des propositions pour une riposte offensive énoncées dans L'enjeu des retraites. C'est pourquoi les cinq chapitres de l'ouvrage sont repris sans changement.
    Une longue et nouvelle introduction actualise le propos :
    D'une part, compte tenu de ce que l'on sait du projet d'unification des régimes dans un dispositif de comptes à points, ce texte propose une autre unification des régimes assurant 100 % du meilleur salaire net quelle que soit la durée de carrière ;
    D'autre part, elle répond à des objections qui ont été émises sur tel ou tel point du texte de 2010 ;
    Enfin, elle énonce en termes nouveaux l'enjeu décisif du conflit sur les retraites : qui travaille, qu'est-ce que travailler, quel statut économique des personnes ?
    D'où le nouveau titre : Le travail, enjeu des retraites.
    L'Enjeu des retraites, publié en mars 2010, a été vendu à 16 000 exemplaires. Nous ne tenons plus le compte des conférences, débats, lectures en librairie auxquels Bernard Friot a répondu. De même pour ce nouvel opus, Bernard Friot se rendra disponible pour toute sollicitation.

  • émanciper le travail

    Bernard Friot

    • Dispute
    • 28 Août 2014

    Depuis quinze ans, Bernard Friot rencontre pour des débats ou des formations des militants qui s'interrogent sur les échecs répétés face à la mise en cause des droits sociaux et qui se mobilisent pour une production non capitaliste. Ils manifestent un intérêt croissant pour un propos qui montre les possibles politiques très concrets qu'ouvrent à l'échelle macro-sociale les conquêtes antérieures du mouvement ouvrier.
    Généralisation de la propriété d'usage des entreprises par les salariés et expropriation des propriétaires lucratifs, salaire à vie et suppression du marché du travail, cotisation économique à la place du crédit pour financer l'investissement : si nous savons nous appuyer sur le déjà-là considérable des conventions collectives, de la fonction publique et de la sécurité sociale, une émancipation décisive du travail est à notre portée.
    Devenus ainsi maîtres de la valeur économique, nous pourrons sortir la production de ses impasses écologiques, anthropologiques et politiques, et trouver, enfin, les moyens concrets pour émanciper le travail.

  • Le livre inscrit la « Blitzkrieg » de Macron dans le temps long de « la réforme » telle que Rocard l'a mise à l'agenda de tous les gouvernements depuis la fin des années 1980. Il sort la réforme du qualificatif vague de « néolibérale » pour la poser comme une contre-révolution. C'est l'objet du second chapitre qui explique tous les éléments dispersés des réformes du salaire, du droit du travail, de la protection sociale, du marché du travail, du travail indépendant, depuis trente ans, pour montrer que l'enjeu est d'instituer le travail selon des modalités capitalistes, en réponse au début de son institution selon des modalités communistes.
    Pour commencer, un premier chapitre présente donc cette institution communiste du travail, telle qu'elle se construit dans la révolution du salaire au cours du 20 e siècle, avec l'affirmation du salaire universel, à la fois pour tous dans le salaire à vie - qui concerne plus du tiers des personnes majeures -, et pour tous dans sa socialisation pour subventionner l'investissement et rendre ainsi possibles des prémices de copropriété d'usage de l'outil de travail, sans propriété lucrative.
    Le troisième chapitre analyse l'entreprise Macron comme la tentative d'une classe dirigeante rassemblée (mais avançant sous le masque de la « société civile »), de renouer avec la systématisation de la contre-révolution initiée par Rocard. Ce qui est perçu, aujourd'hui, par le gouvernement, le Medef et la Cfdt comme l'origine des insuffisances des réformes qui se sont succédé depuis Rocard, c'est seulement leur manque de systématicité ; ce qui est en jeu, aujourd'hui, c'est l'achèvement de ce mouvement réactionnaire et contre-révolutionnaire.
    Le quatrième chapitre est une adresse aux militants qui se battent dans les entreprises et dans les services publics, ainsi qu'à ceux qui explorent ici et maintenant des formes de travail alternatives.
    Sortir de la défaite ou de la marginalité suppose une mobilisation en permanence aimantée à la boussole de la copropriété d'usage de l'outil de travail, du salaire à vie et de la subvention de l'investissement, lesquels supposent une large socialisation de la valeur dans des caisses de salaire et d'investissement, gérées par les travailleurs en vue d'une tout autre production que la production capitaliste. Pour finir, l'auteur, dans le prolongement de L'enjeu du salaire et d'Emanciper le travail, explorera les voies concrètes que pourraient prendre une mobilisation se donnant pour objectif la révolution du travail.

  • La souveraineté populaire doit être défendue.
    Patronat et banquiers pratiquent le chantage à l'emploi et à la dette pour réduire les droits sociaux. Les gouvernants de droite et de gauche. loin de leur résister. s'évertuent à leur envoyer des " signaux qui les incitent à réclamer davantage. Est-il possible de briser cette soumission ? Oui. répond cet ouvrage. qui propose de porter plus loin les institutions qui sont nées des luttes pour le salaire.
    Et dont nous faisons à grande échelle l'expérience de l'efficacité : la qualification personnelle et la cotisation. La qualification personnelle peut faire disparaître le marché du travail. à condition d'attribuer à chacun. à sa majorité, une qualification et donc un salaire. Et contre les projets de remplacer la cotisation sociale par la CSG. la TVA ou les mutuelles. il faut au contraire l'étendre en créant une cotisation économique pour un financement de l'investissement sans crédit et donc sans dette.
    L'enjeu du salaire. c'est la disparition du marché du travail. et donc du chantage à l'emploi. ainsi que la suppression du crédit lucratif. et donc du chantage à la dette. Ce n'est ni d'une réforme fiscale ni d'une plus grande régulation étatique que nous avons besoin. mais de plus de pouvoir populaire sur l'économie et sur le travail.

  • Les réformateurs et la plupart des opposants à la réforme actuelle des retraites, malgré leurs divergences, fondent leur diagnostic du prétendu " problème des retraites " sur les mêmes présupposés nous subirions un choc démographique, il serait impossible d'augmenter les cotisations qui alimentent les retraites, c'est un prélèvement sur la valeur produite par les actifs qui financerait les pensions, la justice voudrait que le montant des pensions soit déterminé par la somme des cotisations versées du temps de son activité. etc. Cet ouvrage répond à ces arguments et propose une tout autre analyse. Et si le problème démographique était une illusion ? Et si les pensions de retraite n'étaient pas un revenu différé mais un salaire continué. lié à la qualification ? Et si les retraités n'étaient pas des inactifs, comme le veut la statistique, mais des personnes différemment actives, enfin libres de travailler à l'écart du marché du travail ? L'enjeu des retraites c'est d'abord reconnaître et prolonger l'indéniable réussite humaine et politique des retraites. C'est également mettre en débat le statut du salaire et de la qualification pour tous, ainsi que le rapport au travail que nous voulons promouvoir. C'est seulement en posant de telles questions fondamentales que l'on pourra renouer avec les objectifs progressistes qui ont mené au système actuel et ouvrir une alternative sérieuse à la réforme en cours.

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