Entreprise, économie & droit

  • Le livre inscrit la « Blitzkrieg » de Macron dans le temps long de « la réforme » telle que Rocard l'a mise à l'agenda de tous les gouvernements depuis la fin des années 1980. Il sort la réforme du qualificatif vague de « néolibérale » pour la poser comme une contre-révolution. C'est l'objet du second chapitre qui explique tous les éléments dispersés des réformes du salaire, du droit du travail, de la protection sociale, du marché du travail, du travail indépendant, depuis trente ans, pour montrer que l'enjeu est d'instituer le travail selon des modalités capitalistes, en réponse au début de son institution selon des modalités communistes.
    Pour commencer, un premier chapitre présente donc cette institution communiste du travail, telle qu'elle se construit dans la révolution du salaire au cours du 20 e siècle, avec l'affirmation du salaire universel, à la fois pour tous dans le salaire à vie - qui concerne plus du tiers des personnes majeures -, et pour tous dans sa socialisation pour subventionner l'investissement et rendre ainsi possibles des prémices de copropriété d'usage de l'outil de travail, sans propriété lucrative.
    Le troisième chapitre analyse l'entreprise Macron comme la tentative d'une classe dirigeante rassemblée (mais avançant sous le masque de la « société civile »), de renouer avec la systématisation de la contre-révolution initiée par Rocard. Ce qui est perçu, aujourd'hui, par le gouvernement, le Medef et la Cfdt comme l'origine des insuffisances des réformes qui se sont succédé depuis Rocard, c'est seulement leur manque de systématicité ; ce qui est en jeu, aujourd'hui, c'est l'achèvement de ce mouvement réactionnaire et contre-révolutionnaire.
    Le quatrième chapitre est une adresse aux militants qui se battent dans les entreprises et dans les services publics, ainsi qu'à ceux qui explorent ici et maintenant des formes de travail alternatives.
    Sortir de la défaite ou de la marginalité suppose une mobilisation en permanence aimantée à la boussole de la copropriété d'usage de l'outil de travail, du salaire à vie et de la subvention de l'investissement, lesquels supposent une large socialisation de la valeur dans des caisses de salaire et d'investissement, gérées par les travailleurs en vue d'une tout autre production que la production capitaliste. Pour finir, l'auteur, dans le prolongement de L'enjeu du salaire et d'Emanciper le travail, explorera les voies concrètes que pourraient prendre une mobilisation se donnant pour objectif la révolution du travail.

  • Les réformateurs et la plupart des opposants à la réforme actuelle des retraites, malgré leurs divergences, fondent leur diagnostic du prétendu " problème des retraites " sur les mêmes présupposés nous subirions un choc démographique, il serait impossible d'augmenter les cotisations qui alimentent les retraites, c'est un prélèvement sur la valeur produite par les actifs qui financerait les pensions, la justice voudrait que le montant des pensions soit déterminé par la somme des cotisations versées du temps de son activité. etc. Cet ouvrage répond à ces arguments et propose une tout autre analyse. Et si le problème démographique était une illusion ? Et si les pensions de retraite n'étaient pas un revenu différé mais un salaire continué. lié à la qualification ? Et si les retraités n'étaient pas des inactifs, comme le veut la statistique, mais des personnes différemment actives, enfin libres de travailler à l'écart du marché du travail ? L'enjeu des retraites c'est d'abord reconnaître et prolonger l'indéniable réussite humaine et politique des retraites. C'est également mettre en débat le statut du salaire et de la qualification pour tous, ainsi que le rapport au travail que nous voulons promouvoir. C'est seulement en posant de telles questions fondamentales que l'on pourra renouer avec les objectifs progressistes qui ont mené au système actuel et ouvrir une alternative sérieuse à la réforme en cours.

  • L'emploi offre le cadre dans lequel s'opère l'activité de travail : réglementation de cette activité, définition du statut du travailleur, règles de rémunération. Ce cadre est une construction sociale marquée par des contingences des histoires nationales. Au cours des années 1950-1980, le partenariat social a donné à l'emploi en France une relative homogénéité sur le territoire national , avec deux éléments majeurs : la généralité des règles et l'affirmation de la cotisation sociale. On assiste depuis le début des années quatre-vingts à un retour à l'hétérogénéité de l'emploi, avec une place croissante des règles spécifiques au nom de discriminations positives, et à une multiplication des emplois définis par l'Etat puissance publique (les "emplois aidés") en même temps que s'accentuent les pressions à la baisse des cotisations. Le présent ouvrage analyse la construction et la mutation récente de cet emploi à la française, en particulier à travers les politiques d'emploi des jeunes et de lutte contre le chômage de longue durée. Les contributions sont le fruit d'un séminaire du Groupe de Recherche sur l' Education et sur l'Emploi (GREE-CNRS), équipe d'économistes et de sociologues du travail de l'Université Nancy 2.

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