Camille Chevrillon

  • Napoléon ; ce grand homme a tout pour passionner les enfants. Homme de volonté, il inspire courage et combativité - 44 victoires sur 51 batailles - ; aventurier, sa campagne d'Egypte invite à l'évasion et la curiosité ; réformateur - ce qui suscitera peut-être quelques mécontentements chez nos jeunes lecteurs - il est à l'origine de notre système scolaire. Cette figure insatiable donne l'exemple même que rien n'est impossible.

    Loin des idées reçues, il s'agit d'entrer dans l'Histoire, d'être au plus proche de l'homme, de façon ludique. Le récit est pris en charge par Vizir et Fortuné qui sont respectivement le cheval de Napoléon et le chien de Joséphine. Les deux animaux, aux premières loges de l'Histoire, se rencontrent par hasard dans une auberge de campagne et entament une conversation autour de... Napoléon.
    Immédiatement, ils échangent leur points de vues, souvent différents pour ne pas dire opposés et reviennent sur les épisodes fondamentaux de la vie de Napoleone Buonaparte. Sa naissance en Corse en 1769 ; les campagnes d'Italie, de Russie, d'Egypte ; le sacre ; ses réformes comme la création du code pénal ou l'invention des numéros pairs et impairs dans les rues, et bien sûr l'exil.

    A mesure que la vie de ce grand homme se dessine, une amitié se crée entre Vizir et Fortuné. Leur histoire et celle de Napoléon s'entremêlent tant, qu'on peut finir par se demander qui de Napoléon, de Vizir ou de Fortuné est le héros de ce livre. Sans doute un peu les trois.

  • " Il y a des histoires qui sont des déclarations de guerre. Voilà pourquoi, moi, Jeanne, je me suis tue. J'ai préféré attendre que le temps passe. J'étais petite, à l'époque, dix ans et quelques mois. Mais l'heure est venue de parler ".
    L'ignoble Nécrole a encore frappé. L'objet de sa bataille ? Les mots. Il y en a trop, beaucoup trop. Pour faire taire tous les incurables bavards, tous les poètes, tous les chanteurs, tous les raconteurs d'histoires, tous les amoureux qui disent et redisent leur flamme, tous les humiliés qui protestent, tous les journalistes qui révèlent et, trouve-t-il, polluent de leurs nuisances sonores jusqu'à la nuit, Son Excellence le très distingué Président à vie a édité une liste, pompeusement intitulée " Circulaire VIII.2012.3917 ", celle des trente mots désormais autorisés.
    Pour Mlle Laurencin et les élèves de CM2 de l'école Simon-Bolivar, c'est décidé, la guerre est déclarée.

    Parmi les escales de cette croisade sur terre et sur mer bientôt suivie par l'île tout entière, on apprendra comment le Palais de justice fait les choux gras de deux brasseries aux drôles de spécialités et ce que le Pays de Tendre dit de l'amour, on découvrira qu'une salle de classe et un centre de stratégie militaire ne sont pas si éloignés et qu'une ancienne mine d'or peut renfermer bien plus précieux que le plus précieux des métaux.
    Amis ou ennemis de Jeanne, en campagne ou non contre l'ignorance, on croisera le chemin d'une petite foule d'êtres et de créatures, parmi lesquels un élégant, trois jeunes à capuches, des pompiers, un Capitan accablé et très prolixe en anecdotes, un brochet plus vrai que nature, deux vieilles soeurs aussi virulentes qu'érudites, un certain M. Henri et, toujours, la furie de Nécrole...
    Plus de dix ans après sa première déclaration d'amour à la grammaire, Erik Orsenna ne pouvait conclure qu'en explorant la fabrique des mots. Qui les crée ? D'où viennent-ils ? Comment combinent-ils leurs origines ? A-t-on le droit d'en inventer de nouveaux ? Si l'anglais domine toutes les autres langues, nos mots à nous seront-ils réduits à l'esclavage ? À toutes ces questions, Jeanne répond, une fois de plus, et raconte ses aventures au sein de cette mystérieuse fabrique.

empty