Camille Jouve

  • Le slogan de campagne de François Hollande, élu en mai 2012, promettait le changement maintenant. Un changement d'emblée très sérié puisqu'il se limitait à soixante mesures à la réalisation déjà incertaine (cf la taxation des plus hauts revenus). Un an après, où en est-on précisément ? De combien le Smic a-t-il augmenté (quand il a été augmenté de 10 % en 1981) ? Quelles mesures ont été prises pour aider les plus fragiles (comparé au blocage des prix pendant six mois en 1981-1982, ou au contrôle des loyers et des expulsions de logements en juin 1982) ? Est-ce que la justice sociale et fiscale a été restaurée (rappelons-nous la création de l'ISF en décembre 1981) ? Quelle politique pour l'emploi (on se souvient des nationalisations en février 1982 pour les trente-six premières banques de dépôt et de la plupart des grandes entreprises industrielles) ? Il y a eu cette année des plans de licenciements en cascade.
    Quelles avancées pour les salarié(e)s (avec les accords Wagram, nous sommes si loin des lois Auroux, des 39 heures, de la retraite à 60 ans en mars 1982, et de la cinquième semaine de congés payés en janvier 1982) ? Quelle réorientation de la politique énergétique ? Quelle politique d'aménagement du territoire (cf les choix faits avec l'aéroport de Notre-Dame des Landes) ? Quels changements pour les sans-papiers, les sans-toit, les sans-emploi ? Quels rapports aux multinationales, aux institutions européennes, au FMI, aux banques qui endettent les peuples ? Pourquoi ce choix de l'austérité ? Sous la forme d'un abécédaire, à l'instar de Sarkozy, bilan de la casse, cette Note de la Fondation Copernic veut dresser l'inventaire des promesses réalisées ou oubliées, depuis un an de présidence Hollande.
    Et d'évidence, la politique développée, très souvent, ne marque pas de ruptures avec les orientations libérales. Tantôt, le gouvernement Ayrault revient sur certaines mesures de la droite au pouvoir, mais sans pour autant restaurer les droits perdus (cf la formation des enseignants ou la LRU ou bien encore la RGPP). Tantôt, le gouvernement Ayrault poursuit les mêmes politiques, les mêmes projets que l'équipe Sarkozy (cf la compétitivité ou l'Europe).
    Et puis, le gouvernement n'a pas dit un mot, n'a en rien défait tant de mesures insupportables prises par la droite (cf services minimums dans les services publics).

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