Catherine Thomas-Anterion

  • Le point central de cet ouvrage neuroscientifique est la Joconde dont le principal intérêt est qu'elle est une figure de l'art bien connue des lecteurs. À partir d'une représentation gravée de Vesselin Vassiliev présentant Mona Lisa de dos, l'auteur utilise les brouillons de travail de l'artiste pour illustrer les connaissances récentes des neurosciences concernant l'inspiration (pourquoi l'artiste s'est demandé ce qui a pu faire sourire la Joconde ?), la résolution du problème que se pose l'artiste en réflexion (que regarde la Joconde ?) tout en trouvant une solution plausible, l'illumination (la solution de la scène et les méandres pour y parvenir) et la fabrication (la difficulté technique). À partir des dessins préparatoires et d'autres oeuvres de Vesselin Vassilev, le lecteur peut se familiariser ainsi avec le long travail d'élaboration de l'oeuvre et utiliser son propre imaginaire puisque le tableau lui est forcément connu. Le fait qu'il s'agisse de la Joconde permet de s'interroger aussi sur ce qui fait l'artiste, le créateur et l'oeuvre d'art. Le travail de Vesselin Vassilev, notamment à partir d'une sélection de ses gravures, montre ce que sont le style d'un artiste, les années d'apprentissage, le savoir technique, les recherches personnelles et ici, les recherches historiques sur les peintres de la Renaissance, les expériences personnelles. Mais l'oeuvre n'est rien sans le spectateur. Des données neuroscientifiques récentes sur le visage de Mona Lisa permettent enfin de s'intéresser à ce que regarde le spectateur et ce que le regard apporte à la théorie de l'esprit et aux échanges sociaux. L'ouvrage visite la création artistique avec un regard neuroscientifique et neuroesthétique, et est illustré par des données scientifiques contemporaines.

  • En soie est l'état dans lequel chacun de nous se trouve en voyant soudain le monde ordinaire devenir beau et en se découvrant capable de ressentir ou de faire des choses extraordinaires. Il succède à toutes les descentes en soi, volontaires ou accidentelles qui conduisent à l'éclosion du désir. L'écriture de ces textes poétiques est très imagée, presque iconique. Les mots sont colorés, ont du coffre et des saveurs souvent asiatiques. Paradoxalement, cette écriture intimement travaillée permet au lecteur de lire en lui-même sa propre envie, sa propre quête de cet état léger, brillant, précieux, qui fait que Des lavandières (sont) tout sourire au peintre qui sur la toile fait d'elles des fées. Neurologue et neuropsychologue,

  • La maladie d'Alzheimer inquiète, angoisse, bouleverse.
    Elle remet en question l'identité personnelle et notamment l'autonomie, altérant l'existence en termes de choix, de relation à l'autre, d'expression de la volonté et de la pensée. Elle impose aux sujets malades de nouvelles règles de décision ; elle demande une adaptation du milieu et des autres à ce nouveau mode d'être. Ce livre réunit les interrogations de différents acteurs (médecin, cadre infirmier, psychologue, sociologue, philosophe, juriste) sur celte question difficile et les problèmes qui en découlent.
    Quelle représentation se fait-on de la maladie ? Que va susciter son annonce ? Quelle place nos sociétés, nos institutions, nos prévisions de santé publique peuvent-elles accorder au statut de la personne dite " démente " ? Que peut être l'accompagnement d'un patient dont on pense qu'il est " déchu " de son identité et d'une partie de ses droits ? L'enjeu de celte réflexion pluridisciplinaire est d'une part épistémologique, en exposant l'écart existant entre l'image de la maladie, sa conception scientifique, la réalité vécue, et d'autre part éthique, en invitant à ne pas confondre entrée dans la dépendance et perte d'autonomie.
    Cet ouvrage défend le principe d'un respect de l'autonomie propre à motiver soignants et " aidants " vers plus d'écoute, de confiance, de nuances, d'échanges, de compréhension et de sollicitude.

  • La pratique de la neuropsychologie, comme beaucoup de disciplines objectives et subjectives, nécessite « curiosité et prudence » : la curiosité implique une réflexion sur l'élaboration et la pratique des tests et échelles neuropsychologiques, ce qui représente l'un des objectifs majeurs de cet ouvrage. Ainsi, la construction « scientifique » des tests et leur passation stricte par des personnes habilitées seront un des aspects des réflexions abordées dans ce livre. Dans le même temps, le médecin, le psychologue, l'orthophoniste et toute personne impliquée dans cette démarche d'évaluation, sans s'écarter d'une attitude objective, doit rester prudent, garder l'écoute singulière, entendre la subjectivité du discours et faire valoir son interprétation.
    Le GRECO (Groupe de Réflexion sur les Evaluations COgnitives créé en 1993), par sa pluridisciplinarité et son action depuis plus de 15 ans dans la traduction, l'adaptation, la normalisation, le développement de formes consensuelles de tests cognitifs, la création de nouveaux tests, leur diffusion, a perçu la nécessité d'élaborer une réflexion sur « les bonnes pratiques » ou mieux, l'éthique entourant les outils cognitifs et leur utilisation. Ce travail a été possible grâce au legs d'une généreuse donatrice, reçu sous l'égide de l'Association Loire Alzheimer et qui a permis la réunion de 20 membres : médecins (neurologues, gériatres), psychologues, orthophonistes, intervenant dans l'enseignement de la spécialité et ayant une activité clinique dans le domaine de la Neuropsychologie.
    Il est proposé dans ce livre une réflexion sur les différentes pratiques de la neuropsychologie, de ses aspects historiques au compte-rendu au patient en passant par l'éthique de la recherche. C'est bien une neuropsychologie en pratique(s) tant le champ de cette discipline est vaste.

  • A partir de plusieurs histoires cliniques issues de leur pratique quotidienne, les auteurs, neurologues, tentent d'éclairer, dans sa complexité, le "symptôme somatomorphe" : symptôme qui, prenant la forme d'un symptôme du corps, n'est pourtant pas associé à une lésion pouvant en rendre compte.
    Formation de l'inconscient, au même titre que le rêve ou le lapsus, le symptôme somatomorphe motiverait jusqu'à un tiers des demandes adressées au médecin, habituellement mal préparé à y répondre. Vérifier qu'il ne s'agit pas d'une pathologie organique constitue sa principale intervention. Tout en tenant compte des avancées récentes des neurosciences, les auteurs restituent dans leur pertinence clinique des concepts mis au jour par Freud puis Lacan pour comprendre les éléments constitutifs de ce type de symptôme et le sens qu'il peut avoir.

    À partir de cet héritage, ils proposent au médecin de porter intérêt à l'histoire que lui raconte le sujet en se gardant bien d'interpréter à sa place. A l'horizon de cette position, la considération de la singularité absolue de chaque sujet apparaît comme un impératif éthique qui permet d'entendre la véritable demande adressée au soignant, et, par là, de soutenir un accompagnement thérapeutique.

  • Cet ouvrage fait le point sur ce que l'art apporte et peut apporter à la neuropsychologie, en particulier à la thérapeutique.

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