Chantal Georgel

  • Millet

    Chantal Georgel

    Le 20 janvier 1875, Jean-François Millet s'éteint à Barbizon. Tandis que la presse locale reste silencieuse, se contentant d'accepter de publier, huit jours plus tard, une lettre témoignage d'un ami du peintre, qui déplorait cette "perte pour les arts et pour notre temps", car "des hommes comme cela il n'y en a pas à la douzaine", la presse artistique rend compte, immédiatement, de cette mort.
    L'ambition de cet ouvrage est de restituer Jean-François Millet dans son statut de peintre, au-delà de l'image trop largement répandue d'un paysan qui peint des paysans, héritée de son tableau le plus connu, L'Angélus.
    L'oeuvre de Millet est paradoxalement mal connue en France, peut-être parce que, par le jeu des collections privées, l'essentiel de ses tableaux se trouve aux Etats-Unis et au Japon. D'autre part, il n'existe que très peu de littérature sur l'oeuvre de Millet, aucun catalogue raisonné, et la dernière exposition monographique en France date de 1975 (Grand Palais).

  • Au XIXe siècle, après des décennies d'expérimentation et de progrès, de faveur et (surtout) de défaveurs, le paysage triomphe, tant dans l'oeuvre des artistes que dans le regard porté sur lui par la critique et le public. Ce succès s'est construit à mesure que s'imposait le travail en plein air, la peinture « d'après nature », à mesure - ceci expliquerait-il cela ? - que la civilisation se faisait plus industrielle, plus urbaine, en même temps que la vision des mondes s'élargissait, et tandis que se développait la photographie, cet art/industrie qui devait tant contribuer à modifier les manières de voir un paysage, et de le représenter. L'art du paysage est à son apogée dans la seconde moitié duXIXe siècle, avant qu'il ne connaisse de multiples inflexions, de nouvelles structurations et déstructurations qui le conduiront à l'abstraction... une abstraction dont aujourd'hui il tend à s'éloigner pour renouer avec les réalités et l'histoire. Cet ouvrage analyse l'évolution de l'art du paysage depuis le début du XIXe siècle en donnant constamment à réfléchir sur les liens qui l'unissent à la géographie, l'histoire, la littérature et la musique. Il montre en particulier comment toutes les formes musicales sont concernées par le paysage, de l'intégration pure et simple des sons de la nature aux évocations les plus distanciées en passant par les jeux d'imitation des phénomènes naturels.

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