Christian Mahieux

  • Désobéissances ferroviaires

    Christian Mahieux

    • Syllepse
    • 3 Mars 2022

    Les cheminot·es occupent une place particulière dans l'histoire des luttes sociales qu'ils et elles ont encore pleinement occupé récemment durant le mouvement pour s'opposer à la contre-réforme des retraites.
    Cette combativité s'inscrit dans une longue tradition de luttes qui a secoué le rail depuis le début du siècle. Ce sont certains de ces moments importants qu'a connus la SNCF que nous propose l'auteur.
    L'ouvrage s'ouvre sur la grande grève de 1910 où le sabotage a été plusieurs fois pratiqué durant le conflit en écho à des luttes similaires en Italie. L'autre grand rendez-vous historique des cheminot·es sera la résistance contre l'occupation nazie sur lequel l'auteur revient en détail.
    En 1947, les luttes du rail reprennent et elles verront encore des pratiques de sabotage durement réprimées avec 1 391 sanctions prononcées pour des faits directement liés à la grève, dont 93 licenciements. Quelques années plus tard, lors de la guerre d'Algérie, ce sont les voies qui sont occupées et les trains bloqués contre le rappel des jeunes sous les drapeaux pour les besoins de la guerre coloniale. En 1962, les conducteurs de train refusent la veille automatique qui supprime le deuxième agent en cabine de conduite.
    En 1982, un nouveau mouvement social inédit, qui porte sur les rémunérations, l'emploi et les conditions de travail touche les gares avec la grève de la pince où les contrôleurs et les contrôleuses se refusent à contrôler les billets.
    Trois ans plus tard, ce sera une grève de l'astreinte qui oblige certains agents à répondre à tout appel pendant les repos, les journées chômées. Suivra la grève des réservations dont l'auteur, comme les conflits précédents, nous raconte les raisons et le déroulement.
    Plus tard, en 1997, ce sont encore des voies qui sont occupées, et des trains bloqués, contre les expulsions de demandeurs d'asile. Christian Mahieux ne raconte pas ici toutes les grandes grèves cheminotes mais explique comment, à travers les générations, se sont transmis un esprit et des pratiques de résistance sociale individuelle et collective, dans un milieu où l'« obéissance passive aux signaux » est la règle de base.
    Et cette histoire n'est pas close, à n'en pas douter.

  • Proclamée le 18?mars 1871, la Commune de Paris fait paraître, du 20?mars au 24?mai, son Journal officiel qui publie les décisions qu'elle prend, avant d'être écrasée par les troupes versaillaises pendant la Semaine sanglante.
    Les décrets et les rubriques de ce Journal officiel rendent compte de l'action des communard·es, dans le domaine de la ­transformation sociale comme sur le plan militaire.
    Au fil des jours, nous croisons nombre de figures anonymes ou connues, tel Gustave Courbet, membre de la Fédération des ­artistes, qui se préoccupe des besoins et des destinées de l'art.
    Le Paris communard n'est pas isolé. Le 22?mars, apparaît dans les colonnes du Journal officiel une déclaration d'une ­Commune de Marseille. Six jours plus tard, est publié le message de soutien de la Commune ­d'Algérie. Le 16?avril, c'est le meeting de Londres pour la Commune de Paris qui y est relaté.
    Le 150e anniversaire de la Commune de Paris est l'occasion de revivre au jour le jour cette effervescence et cet espoir.

  • Les utopiques n.14 ; été 2020 ; syndicalisme et féminisme

    Christian Mahieux

    • Syllepse
    • 10 Septembre 2020

    Avec ce numéro, nous ne prétendons pas explorer tout le champ féministe du syndicalisme, tout le champ syndical du féminisme. En plus de vingt ans, les journées intersyndicales femmes y ont largement contribué. Cécile Gondard y revient.
    Les femmes ont toujours travaillé, toujours lutté, toujours activement participé aux mouvements sociaux, politiques et syndicaux ; et les femmes ont régulièrement disparu des histoires retraçant tous ces moments. Sous des angles différents, Annick Coupé, Nara Cladera, Elisabeth Claude, Nicole Savey et Fanny Galot reviennent sur la dette du mouvement ouvrier vis-à-vis des femmes. La crise sanitaire et sociale liée au Covid-19 est l'occasion pour Corinne Mélis de dénoncer, et expliquer, cette invisibilité, organisée et à combattre. Elle montre également la nécessité de penser le croisement des oppressions et les débats, souvent difficiles, que cela sous-tend.
    Le récent mouvement sur les retraites n'a-t-il pas démontré la nécessité de genrer nos cahiers revendicatifs, interroge Verveine Angeli. Murielle Guilbert traite de la mixité des listes électorales, tandis qu'Anne Bennot-Millant démontre que les statistiques à propos des violences conjugales fassent disparaître les femmes de plus de 70 ans.
    L'auto-organisation est une priorité. Celle des femmes s'impose. Manel Ben Boubaker, Julie Ferrua, rappellent les premières concernées doivent pouvoir prendre toute leur place Le syndicalisme comme le féminisme ne connaissent pas de frontières. D'où les contributions de Cybèle David sur les femmes zapatistes, Leire Txakartegi sur une grève de femmes au Pays basque, Claude Lambrechts à propos du 8 mars en Belgique, Cybèle David et Camille Saugon sur un collectif de femmes à Rome. Gaëlle Differ et Lazritia Zenevitch rappellent que le droit à l'avortement, libre et gratuit, demeure un combat, ici et ailleurs. De même, pour l'action syndicale contre les violences sexuelles et sexistes, dont nous parlent Cécile Gondard, Murielle Guilbert, Corinne Mélis et Odile Binet Enfin, à travers le film Ni les femmes Ni la terre, Lucie Assemat aborde l'écoféminisme, tandis qu'avec Cantomos sin medio, Mylène Colombani nous invite à réfléchir sur un syndicalisme qui doit être culturel.
    Vingt et une femmes, dont dix-huit syndicalistes, ont contribué à ce numéro. Le féminisme n'est pas l'affaire que des femmes, loin de là. Notamment, il doit interpeller l'ensemble des syndicalistes. Mais qui peut mieux en parler que des femmes syndicalistes ?

  • Autogestion, l'encyclopédie internationale t.11

    Christian Mahieux

    • Syllepse
    • 14 Janvier 2022

    Avec ce onzième volume, l'aventure de l'Encyclopédie internationale de l'autogestion se poursuit. Deux importants dossiers ponctuent ce onzième volume : l'un sur l'Argentine avec ses entreprises autogérées et l'autre sur le mouvement coopératif parmi la population afro-américaine, vecteur d'émancipation sociale et politique. Un témoignage inédit de Daniel Guérin, «À l'écoute de l'autogestion industrielle en Algérie» (1964) ouvre ce volume qui revient également en détail sur la revendication de contrôle ouvrier dans la Belgique dans les années 1920 et 1970. À noter, parmi la quarantaine de contributions, un article sur les comités locaux de coordination, embryon d'un pouvoir populaire en Syrie et un inédit de John Reed sur comment fonctionnent les soviets et un témoignage d'Uruguay: «Vivre en autogestion».
    Inscrit dans le présent, «Pensons l'aéronautique pour demain» propose un plan alternatif pour préserver l'emploi, l'environnement et les savoir-faire dans ce secteur sinistré. De même, l'article «Pour un service public construit sur la base de la démocratisation, de la socialisation et de l'autogestion», signé par plusieurs organisation syndicales à l'échelle internationale, ouvre la voie sur un autre fonctionnement des services public et défend une égalité de prestations et de droits pour l'ensemble de la population.

    Enfin, signalons une contribution qui rend compte de la 8e Rencontre internationale de l'Économie des travailleur·euses qui a réuni, fin 2021, plus de 2000 participant·es en virtuel sur la question des entreprises et coopératives autogérées.

  • Les utopiques n.20 ; l'extrême droite, mieux la connaître pour mieux la combattre Nouv.

    Pour lutter efficacement contre l'extrême droite et ses idées, il est nécessaire de la (re)connaître. Dans cette optique, Les Utopiques dressent un portrait de la situation actuelle en France.
    Loin de se limiter à sa dimension électorale, au Front national/Rassemblement national du clan Le Pen, ou encore à Zemmour, l'extrême droite est plurielle et active dans de nombreux champs.
    Elle est ainsi aujourd'hui omniprésente dans plusieurs médias grand public. Un article de l'Observatoire des médias (Acrimed) analyse les relations ambivalentes de l'extrême droite avec les médias. Un autre présente un phénomène en pleine expansion :
    Les youtubeurs d'extrême droite. Grégory Chambat (L'école des réac-publicains : la pédagogie noire du FN et des néoconservateurs, Libertalia, 2016) analyse l'action des « réac-publicains » dans le domaine de l'éducation.
    Le traitement par l'extrême droite des questions environnementales, ce qu'on peut qualifier d'écofascisme, est au sommaire. On y lira également comment les extrêmes droites tentent de s'infiltrer dans les mouvements sociaux, comme les Gilets jaunes, et les formes que prend son implantation dans la police.
    Le racisme, où l'antisémitisme occupe une place particulière, est évidemment une donnée centrale de la pensée des extrêmes droite et donne lieu à plusieurs textes.
    Il en est de même de l'approche néofasciste du rôle des femmes, ramenées au traditionnel rôle maternel et soumises au chef naturel.
    Au sommaire aussi, un tour d'horizon mondial des fascismes de notre temps et des résistances antifascistes : Espagne, Italie, Brésil, États-Unis...

  • Des syndicats qui ne font pas de politique? Ou qui sont à la remorque des partis? En pleine période d'élection présidentielle, Les Utopiques rouvrent le débat sur l'autonomie du mouvement syndical.
    Texte fondateur du syndicalisme, la charte d'Amiens (1906) a donné comme objectif au syndicalisme la «double besogne, quotidienne et ­d'avenir» visant à transformer le monde tout en menant la lutte revendicative immédiate. Dès lors, indépendance et autonomie ou, a contrario, «courroie de transmission» du «Parti», recherche d'un débouché politique aux luttes, tout cela continue de polariser les débats parmi celles et ceux qui veulent changer la société.
    Les enjeux contemporains sont bien sûr au centre de ce numéro?: une table ronde, réunissant des responsables de la CGT, de Solidaires et de la FSU apportera un éclairage sur ceux-ci. Nous le ferons aussi au travers des exemples concrets de ce que pensent des syndicats face à des municipalités dites «alternatives», notamment avec l'exemple de la mairie de Grenoble. Mais aussi en réfléchissant sur ce que le «plan de rupture avec la société d'avant» du collectif «Plus jamais ça» (regroupant associations, syndicats et organisations du mouvement social) peut apporter à la réflexion.
    Les désillusions seront également au sommaire. Des syndicalistes CGT et Solidaires reviendront sur ce qu'a représenté l'élection présidentielle de 1981, sur le rapport de la CGT au Programme commun de la gauche entre?1972 et?1977, celui de la CFDT au Parti socialiste autour de l'opération des «Assises du socialisme» de 1974 avec la discussion sur «l'autonomie du mouvement social» de la fin des années 1990.
    Plusieurs contributions internationales enrichissent ce numéro: Alex Gordon, du syndicat anglais des transports, traite du modèle travailliste britannique; Nara Cladera examine le rapport entretenu entre le ­Parti des travailleurs au Brésil et le mouvement social jusqu'à la victoire électorale de Lula; Angel Bosqued (CGT de l'État espagnol) sur les mairies dirigées par Podemos.
    Sous l'angle du féminisme, le rapport au(x) pouvoir(s) et à l'autonomie ne sera pas oublié.

    Enfin, des articles se pencheront à côté de ce dossier sur la question du droit au salaire et du droit à l'emploi et sur les stratégies syndicales contre l'extrême droite.

  • La révolte sociale des Gilets jaunes marque l'actua- lité sociale et politiques. Quel qu'en soit l'issue, rien ne sera plus comme avant.
    Le syndicalisme étant directement concerné et inter pel lé, Les Utopiques y consacrent ce numéro :
    - Qui sont les Gilets jaunes ?
    - Quelle démocratie ?
    - La place des femmes - La présence des retraité·es - La réappropriation des espaces communs (rues, ronds-points, etc.) - Les revendications - La question des salaires et des taxes - Les réponses gouvernementales - La présence de l'extrême droite - Les différences entre Paris et proche banlieue d'une part, et le reste de la France d'autre part - La répression et les violences policières - La question des services publics - La répartition des richesses - La démocratie directe et les alternatives aux ins- titutions.
    Autant de sujets abordés dans ce numéro des Utopiques.
    Les auteur·es sont avant tout des actrices et acteurs du mouvement : Gilets jaunes, syndicalistes, Gilets jaunes-syndicalistes, syndicalistes-Gilets jaunes... ils et elles témoignent, expliquent, analysent, interrogent.
    De Fougères à Saint-Gaudens en passant par Nîmes, Rouen, Châlon ou Besançon, sans oublier les assem- blées des assemblées de Commercy ou Saint-Nazaire, comment un mouvement, si souvent présenté comme apolitique, crée en réalité une nouvelle politique en remettant le partage des richesses, l'égalité sociale et la question démocratique au coeur des débats.
    La revue aborde certaines des difficultés et des li- mites que rencontre le mouvement social actuel. En effet, si les ronds-points sont occupés et les péages li- bérés, les entreprises et les services semblent à l'écart...
    Les Gilets jaunes ou la redécouverte du prolétariat, celui de la France du 21 e siècle, avec sa complexité, ses contradictions, mais aussi sa force.

  • Sur les chemins de l'émancipation, ce numéro des Utopiques emprunte la voie de l'autogestion. Les au- teur·es viennent d'horizons divers : syndicalistes de l'Union syndicale Solidaires et de la CGT, acteur·trices d'expériences de gestion directe par les travailleurs et travailleuses, historien·nes, sociologues, praticien·nes de l'autogestion.
    Certain·es ont participé à des aventures aussi sin- gulières que celle des Lip à Besançon il y a près de 50 ans ou des Fralib/Scop-TI à Gémenos aujourd'hui. Ils nous racontent leur histoire : pourquoi cette reprise en mains de la production ? Comment ça se passe ? Quels enseignements ? Quelles difficultés ?
    Ces mêmes questions sont traitées à travers d'autres exemples contemporains : la coopérative Viomé en Grèce, le camp de Lavrio organisé par les Kurdes en exil, les coopératives de livraison à vélo qui se mettent en place dans plusieurs pays européens, les entreprises récupérées en Argentine...
    L'histoire est aussi présente dans ce numéro : soviets de la Révolution russe, conseils ouvriers de Bavière, collectivisations durant la Révolution espagnole de 1931-1939, le mouvement ouvrier britannique entre nationalisations et contrôle ouvrier, l'autogestion en Algérie ou dans les pays de l'ex-bloc soviétique...
    Plus près de nous géographiquement, la place des femmes dans la lutte des Lip ou la dimension autoges- tionnaire dans le mouvement des femmes sont aussi examinées.
    La gestion directe des entreprises par celles et ceux qui les font fonctionner, et plus largement de la Cité par celles et ceux qui y vivent, sont des thèmes qui in- téressent directement le syndicalisme. Nous revenons sur la manière dont la CFDT des années 1970 avait développé tout un travail sur l'autogestion, qui irri- guait la société.
    Une étude sur la cogestion allemande - antithèse de l'autogestion - et une contribution sur la place anecdotique des administrateur·trices représentant le personnel, dans les conseils d'administration en france viennent compléter l'étude.
    De la revue Autogestion dans les années 1960 à l'ac- tuelle Association pour l'autogestion, en passant par le Réseau international pour l'économie des tra vailleurs et des travailleuses et L'Encyclopédie internationale de l'Autogestion (Syllepse, 2015), le lecteur et la lectrice trouveront des outils utiles pour approfondir la ré- flexion.

  • La violence et la répression sont une constante dans l'histoire du mouvement ouvrier et, plus globalement, du mouvement social.
    Ce numéro des Utopiques a pour ambition d'aborder le sujet avec un spectre large, tant en termes de période historique que de secteurs d'activité ou de mobilisations.
    À La Poste, dans l'Éducation nationale, dans l'industrie, la presse, au ministère du travail... mais aussi dans des territoires comme à Rouen, les exemples ne manquent pas et seront présents dans ce numéro.
    « Leur violence, nos ripostes », c'est l'intitulé que les auteurs et les autrices ont choisi, car il ne s'agit pas de s'attacher à observer uniquement la répression d'État ou la répression patronale mais d'étudier comment les salarié·es et les citoyen·nes y font face.
    Rapport au juridique, modalités d'intervention militante, coordination des résistances, contre-feux médiatiques, organisation de la solidarité : les auteurs interrogent et discutent les initiatives prises par différents collectifs militants pour ne pas se laisser faire.
    Si les résistances syndicales occupent une large place de ce numéro, celui-ci ne se limite pas à ce seul aspect.
    Ainsi, diverses formes de répression seront traitées : au travers notamment de l'interview de la militante antiraciste, Assa Traoré (auteure de Lettre à Adama, Le Seuil, 2017), ou l'antifasciste Antonin Bernanos, ou encore celle qui frappe différentes formes de désobéissances civiles comme les lanceurs et lanceuses d'alerte.
    Le numéro abordera également la répression au travers des exemples des pays d'Amérique latine ou des interdictions professionnelles en RFA dans les années 1970, ce qui permettra d'avoir un regard transnational sur la question.
    Enfin, cette livraison reviendra sur l'histoire longue de la répression d'État, des « lois scélérates » de la fin du 19e siècle aux lois antiterroristes et celles de l'état d'urgence, à partir des réflexions de Raphaël ­Kempf, avocat, qui a récemment publié Ennemis d'État : les lois scélérates, des « anarchistes » aux « terroristes » (La Fabrique).

  • En finira-t-on jamais avec le spectre de Mai 68 ?
    C'est que l'événement n'a pas été banal et que, des deux côtés de la barricade, il hante encore les consciences, celles de ses acteurs bien sûr, mais aussi celles des générations ultérieures.
    Ce septième numéro des Utopiques est l'occasion de revenir, pour son cinquantenaire, sur Mai 68.

  • « La Sécu ! On s'est battu pour la gagner ! On se battra pour la garder ! » La Sécurité sociale est un enjeu politique, tout comme les services publics, tout comme le droit du travail.
    Le capitalisme industriel, après avoir concédé cer- tains reculs, s'y est attaqué. Désormais, dans presque tous les pays, le capitalisme financier met en place la concurrence fiscale et la concurrence sociale entre les peuples et élargit les précarités et les insécurités sociales.
    En France, la réaction a pris la forme d'une re- vanche sur 1945, comme l'exprimait Denis Kessler, vice-président du Medef en 2007.
    Cet ouvrage éclaire les causes de ces attaques qui contribuent à disloquer la solidarité et l'égalité et pro- pose des pistes de résistance.
    Le choix qui a été fait ici est de contribuer à la re- définition d'une ambition collective en matière d'État social, en proposant des outils pour élaborer l'archi- tecture d'une sécurité sociale du 21 e siècle.
    L'ouvrage est divisé en trois parties.
    N La première partie revient sur l'histoire de la pro- tection sociale en France.
    Elle montre que la protection sociale est l'aboutis- sement d'une longue histoire.
    Un éclairage particulier est donné sur la période 1944-1945 pour illustrer l'aspect décisif et novateur de ce qui a été mis en place par le programme du Conseil national de la Résistance.
    N La deuxième partie présente l'état de la Sécurité sociale aujourd'hui.
    On y lira comment s'exercent l'emprise idéolo- gique réactionnaire et la domination progressive des détenteurs de capitaux qui vise à détruire la protec- tion sociale solidaire au profit d'un système assurantiel de plus en plus privé.
    N Enfin, la troisième partie présente une diversi- té d'approches dans la recherche d'une améliora- tion, d'un renforcement et d'un élargissement de la Sécurité sociale.
    Il s'agit de mieux conjuguer universalité et solida- rité, autonomie et liberté, démocratie sociale et justice sociale.
    Il s'agit de proposer une boussole pour la forma- tion d'un nouveau modèle social, en matière de re- traite, de santé, de perte d'autonomie, de pauvreté, de protection sociale du travail.
    L'objectif de cette Sécurité sociale refondée doit bien être de permettre à chacune et à chacun de se dégager des insécurités sociales pour gagner en auto- nomie et en émancipation.

  • Le syndicat était né quelques mois plus tôt, en août?1980, sur les chantiers navals de Gdansk.
    Si le nom de Lech Walesa est resté dans les mémoires, qui se souvient du rôle, essentiel, des femmes dans le mouvement? Par exemple, la figure d'Anne Walentynowicz, «celle par qui tout a commencé?» comme le rappelle cet ouvrage.
    Face à la sclérose du prétendu «socialisme d'État?, les premiers mois de Solidarnosc sont marqués par un foisonnement de réflexions et de propositions visant à instaurer une autogestion généralisée de la société?: dans la production, le ravitaillement, les transports, l'école,?etc. Plusieurs documents d'époque sont inclus dans l'ouvrage et attestent de la richesse de ce mouvement, qui était plus qu'un syndicat: 10?millions de membres s'y sont affilié·es en quelques mois, dans un pays de 35?millions d'habitantes et habitants.
    Des acteurs et actrices de l'époque témoignent, comme Zbigniew Kowaleski, alors militant de Solidarnosc dans la région de Lodz. On pourra également lire une interview d'Anne Walentynowicz, ouvrière à Gdansk, dont le licenciement provoque la grève qui débouche sur la formation de Solidarnosc et la crise polonaise En France, le soutien à Solidarnosc, dès la grève victorieuse de Gdansk puis face au coup d'État militaire du général Jaruzelski, a été important. Là encore, des témoins de l'époque apportent leur contribution?: syndicalistes, membres d'associations et d'organisations politiques racontent les voyages clandestins derrière «?le rideau de fer?» pour apporter du matériel et de l'argent.
    Ils et elles racontent également le travail d'information auprès de la population française, les coordinations dans la CFDT et dans la CGT, les publications libertaires, trotskistes, autogestionnaires, socialistes...
    Pierre Zarka, ancien directeur de L'Humanité, livre un retour sans concession sur l'attitude du Parti communiste français face à ce mouvement.
    Et aujourd'hui? Des syndicalistes, tel Jarek Urbanski, présent à la création de ce syndicat hors-norme, nous expliquent le lien entre le Solidarnosc de 1980-1981 et les mouvements contemporains, mais aussi les ruptures.

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