Daniel Roche

  • Entre le peuple chaud de l'histoire militante et le peuple froid d'une histoire trop pensée, j'ai tenté de retrouver l'identité spécifique d'une classe qui se constitue.

    Michelet nous y invite. " Oh, qui saura parler au peuple?... sans cela nous mourrons " disait-il au chansonnier Béranger, signifiant ainsi l'existence d'un état populaire originel qui pour lui était la terre promise. Le peuple de Michelet n'est pas seulement l'objet d'une démonstration historique. C'est aussi un personnage familier, observé le dimanche aux barrières de Paris, entendu dans le témoignage d'une grand-mère perspicace et qui se souvient des années noires comme des bons moments, interrogé dans l'atelier, sur le chantier, au cabaret: Michelet, historien de l'immédiat, montre comment il faut confronter les écrits des observateurs.

    Pour l'historien du dernier quart du XXe siècle, toute la difficulté est là. L'unanimité sensible qui fonde la cohérence du Peuple romantique peut-elle être projetée sur le monde laborieux qui s'entasse dans le Paris des Lumièresoe Oui, dans une certaine mesure, si l'on confronte l'observation du dedans et celle du dehors, si l'on admet que les changements dans les classes iférieures sont bien plus lents qu'en haut, si l'on concède aux petites gens le droit à l'étrangeté que leur refusent en tous temps les hommes d'ordre. Pour arriver à ce but, il faut utiliser à la fois les témoins et les archives dormantes, principalement celles que les notaires ont laissées. Il faut aussi interroger les " littérateurs ", les " économistes moraux ", les médecins. Tous ces témoignages et réflexions permettent de replacer le peuple parisien au coeur d'une méditation générale sur la croissance dont les figures principales sont la Ville et l'Individu urbanisé.
    Daniel Roche

  • La gloire et la puissance

    Daniel Roche

    • Fayard
    • 2 Novembre 2011

    Longtemps, la fortune et la puissance on été jugées à l'aune du nombre des chevaux, de la magnificence des écuries ou des attelages, de l'élégance du dressage ou de la race des bêtes. De François Ier à Napoléon III, les activités équestres de tous ordres furent créatrices d'un sentiment distinctif pour ceux qui les pratiquaient et d'une conception de la différenciation pour ceux qui n'y participaient pas.
    La culture équestre peut alors se lire autant comme l'un des facteurs de la continuité des visions aristocratiques que s'envisager comme l'un des théâtres de la transformation des représentations du pouvoir. Et dans ce jeu subtil entre permanence et continuité, les Anglais furent - comme en démocratie et ce n'est pas un hasard - des rénovateurs et des inventeurs copiés dans tout l'Occident. Que l'on songe aux courses de chevaux, aux rituels vestimentaires et sociaux qu'elles génèrent, ou encore au Jockey club.Avec l'érudition et le talent de plume que les lecteurs d'Histoire des choses banales ou d'Humeurs vagabondes apprécient tant, Daniel Roche continue son exploration de la culture équestre.

  • Les choses aujourd'hui banales ne l'ont pas toujours été. De l'alimentation à l'habitat, la vie de nos ancêtres était conditionnée par les excès ou les insuffisances de la nature, et les objets qu'ils utilisaient chaque jour passaient d'une génération à l'autre, sans que nul ne songe à en acquérir de nouveaux. C'est à une vaste réflexion sur le passage de cette société traditionnelle à la société moderne que nous invite ici Daniel Roche.

    Les changements sont perceptibles bien avant la Révolution. Dès le XVIIe siècle, l'exemple des villes et des riches, le développement des échanges commerciaux, la multiplication des innovations et des inventions commencent à bouleverser le rapport que les hommes entretiennent avec les objets. Les exigences et les sensibilités de chacun évoluent. Peu à peu, car " tous nos besoins se tiennent ", les modes de vie vont se transformer: les maisons et leur ameublement, leur chauffage et leur éclairage; les vêtements et la nourriture, sous l'effet de l'accélération des modes et de la montée du goût; ou encore les usages de l'eau, liés à un souci d'hygiène croissant.

    Autant de changements dans la vie matérielle qui sont les prémisses de la société de consommation, et dont les répercussions sont aussi bien sociales que politiques. L'homme entouré d'objets n'est-il pas prisonnier, se demande Rousseau

  • La France des Lumières

    Daniel Roche

    • Fayard
    • 1 Septembre 1993

    A la fin du XVIIe siècle, " la majorité des Français pensaient comme Bossuet ". Au XVIIIe siècle, " les Français pensent comme Voltaire ", dit-on.

    Le XVIIIe siècle se situe bien entre deux mondes. D'un côté, il vit encore au rythme des contraintes et des traditions, et repose sur l'antique association du religieux et de l'Etat. A la tête de cet édifice, le roi-prêtre, agent principal du politique, dont les hommes sont à la fois les moyens et la fin. Mais en même temps un autre système de références se dessine: l'heure des montres et des horloges, qui succède au temps sacré des églises, tout comme la maîtrise de l'espace transforment la vie ordinaire des Français. Une autre société se met en place, celle de l'échange et du développement du commerce, celle des grands ports et celle des grandes cités de l'entreprise. Au sein même de la France profonde apparaît une France plus ouverte, plus mobile. Elle revendique un ordre humain autonome où l'individu devient la mesure de toutes choses. Les problèmes de fiscalité, de justice, de sécurité montent sur le devant de la scène, et cette contestation sociale et politique contribue à former l'opinion publique: la personne du roi, la Cour sont désormais soumis à la critique.

    Comment les contemporains ont-ils compris ce basculement du monde

  • Un siècle et quelque après l'invention du moteur à explosion, l'Occident presque totalement oublié le rôle qu'a joué le cheval dans son histoire, qu'il s'agisse de son usage économique et guerrier ou de ses fonctions symbolique, politique et culturelle. Comment le rapport des hommes à la gent équestre a-t-il fonctionné de la Renaissance à la Belle Époque ? Tel est l'objet de l'immense enquête entreprise par Daniel Roche et qui comptera trois volumes. Dans Le cheval moteur, il montre comment l'accroissement des chevaux a été suscité par les besoins en énergie, comme il a été porté par des exigences stratégiques ou distinctives. Le triomphe des attelages et voitures est le résultat le plus spectaculaire d'une révolution que n'ont pas, pendant longtemps, freiné les chemins de fer et les machines à vapeur. En dressant l'inventaire des lieux concrets et des situations ordinaires l'écurie, la caserne, le haras, la route, l'auberge, l'atelier du maréchal-ferrant, du carrossier et du sellier en interrogeant le travail des éleveurs, des cochers, des marchands de chevaux, des entrepreneurs de transport, en montrant les effets provoqués sur l'élevage et les métiers du cheval par des besoins nouveaux, l'étude définit la modernité de la culture équestre qu'entraînent l'utilité, le pouvoir et la passion.

  • On a pris l'habitude d'opposer les sociétés contemporaines aux sociétés anciennes fixes et stables, immobiles et localisées, où tout le malheur de l'homme provenait de ce qu'il ne savait rester dans sa chambre et à sa place. Les mouvements étaient restreints dans un espace limité, la terre fixait les hommes, la boue et l'incertitude routière bloquaient les circulations, ralentissaient les échanges, freinaient les départs. Le voyage était alors réservé à une élite, il se rêvait autant qu'il se faisait. Nous lui prêtons d'ailleurs une richesse qu'aurait perdue le tourisme de masse.
    Reste que, de ces constats admis, tout peut se contester, car en réalité de multiples mouvements, contraints ou libres, perfusent dans la société ancienne. Des problématiques d'une remarquable modernité la traversent. Le débat sur l'utilité des voyages et l'essor des récits révèlent une vraie nécessité : un appel à penser autrement, par la lecture du grand livre du monde. L'ouverture et le décloisonnement mettent au jour, au delà de la crainte ancestrale de tout ce qui vient d'ailleurs, une mobilité sans frontière, celle de la solidarité et non de l'errance, celle de l'échange valorisé, des transferts culturels profitables à tous.
    Comprendre la possibilité du changement, observer les tensions majeures entre cosmopolitisme et fermeture, contrôle et liberté, hospitalité et refus, étranger et proche, mouvement des élites et des peuples, c'est entendre la formation des valeurs et des refus, des conflits et des craintes d'aujourd'hui.

    Daniel Roche, qui occupe la chaire d'histoire des Lumières au Collège de France, est l'auteur, chez Fayard, de plusieurs ouvrages de référence, La France des Lumières (1993), Histoire des choses banales (1997), Le Monde des Lumières (en collaboration avec Vincenzo Ferrone, 1999) et La Ville promise (2000).

  • Deux cents ans après, il est encore un mythe solidement établi: la Révolution serait fille des Lumières.

    Daniel Roche, qui n'est pas historien à se contenter de clichés ni de lieux communs, a très tôt décidé d'aller voir au plus près les Lumières _ non plus seulement dans les salons des élites parisiennes, mais au plus profond des provinces. Pister leur diffusion dans la France d'Ancien Régime, c'est assurément visiter la République des lettres qui rassemble toutes les activités de l'esprit _ production du livre, rapports avec les pouvoirs de contrôle et de censure, participation aux institutions de sociabilité culturelle (académies, loges, sociétés littéraires) _ auxquelles participent écrivains, savants, philosophes et auteurs. Mais c'est également découvrir _ hors des institutions _ la pluralité des mondes de l'intelligence qui, chacun à sa manière, selon ses caractéristiques sociales et son outillage mental, s'appropria les Lumières.

    Pendant que salons et académies instaurent des codes littéraires, proposent des normes de goût et définissent les objectifs du travail savant, que lisent les nobles perdus dans les châteaux de province, les aristocrates frivoles des hôtels parisiens, les négociants avides de connaissances pratiquesoe Quelles valeurs _ nouvelles et anciennes _ reprend et propage un notable du Midi dans sa correspondance adressée de par la vaste Europeoe Quel credo diffusent les médecins, attachés à l'idéal nouveau de l'expérience et de l'expertise, rêvant de l'aménagement utilitariste d'un monde laïciséoe Qu'écrivent, lisent et comprennent les Rousseau du ruisseau, intellectuels demi-soldes et précepteurs qui gavent de savoirs éclairés les enfants de la noblesse mais se repaissent eux-mêmes, blessés dans leur orgueil, à la table de leurs palefreniersoe Voilà des Lumières plurielles étrangement partagées entre modernité et archaïsme. Et le lecteur, à la suite de Daniel Roche, de regarder tout ce monde, faire à son échelle l'Histoire, la Révolution comme la Contre-révolution.

    Daniel Roche est professeur d'histoire moderne à l'Université Paris I.

  • Comment le creuset urbain a-t-il fonctionné ? Pour quelles raisons, du règne de Louis XIV à la monarchie de Juillet, Paris n'a-t-il cessé d'attirer une vaste population - errants et migrants saisonniers, voyageurs pauvres ou riches - alors que l'accélération des échanges, l'accroissement des mouvements de migration et des voyages bouleversaient les traditions d'hospitalité ? Dans quelle mesure la capitale correspond-elle à son image de ville promise ? Quelle place tiennent ces flux migratoires dans sa propre transformation oe Cette vaste enquête, dirigée par Daniel Roche, retrace l'histoire de la mobilité parisienne en montrant ses implications à la fois sociales, économiques et culturelles. Elle montre aussi les préoccupations des pouvoirs publics face au renouvellement incessant des nouveaux arrivants, les débats soulevés par leur présence, la volonté de contrôler ceux qui sont perçus comme des « étrangers », même si beaucoup d'entre eux viennent de province et constituent l'un des moteurs de la croissance du Paris préindustriel. Dressant l'inventaire des réseaux d'hébergement qui se mettent progressivement en place, des garnis étroitement surveillés par la police aux hôtels de luxe, elle rouvre la question des ségrégations dans l'espace parisien et, plus largement, celle de l'intégration.


    Ont participé à cet ouvrage : Gilles Chabaud, maître de conférences à l'université de Limoges ; Jean-François Dubost, maître de conférence à l'université de Caen ; Sabine Juratic, ingénieur d'études au CNRS ; Vincent Millot, maître de conférence à l'université d'Orléans ; Daniel Roche, professeur au Collège de France ; Jean-Michel Roy, docteur en histoire.

  • Un siècle et quelque après l'invention du moteur à explosion, l'Occident a presque totalement oublié le rôle qu'a joué le cheval dans son histoire, qu'il s'agisse de son usage économique et guerrier ou de ses fonctions symbolique, politique et culturelle. Comment le rapport des hommes aux chevaux a-t-il fonctionné de la Renaissance à la Belle Époque ? Tel est l'objet de l'immense étude - contribution décisive à l'histoire sociale des animaux - entreprise par Daniel Roche.

    Connaissance et Passion consacre la réflexion aux enjeux intellectuels et imaginaires de la culture équestre sur fond de légendes, mythes, métaphores et connaissances folkloriques. Chevaux des livres, des sciences, des loisirs et des réalités figuratives mettent en évidence les lieux et les moyens d'action de savoirs multiples, tout en éclairant l'évolution d'une société en profonde mutation.

  • La société d'Ancien Régime n'est pas cette société figée et immobile, bornée à l'horizon du village, que nous aimons à nous représenter.
    Au contraire, poussés par la nécessité ou par la curiosité, les voyageurs ne cessent d'être plus nombreux de l'âge classique au Siècle des lumières et le voyage de gagner des lettres de noblesse. L'essor des récits de voyages et le débat sur leur utilité révèlent un appel à penser autrement, par la lecture du grand livre du monde. L'ouverture et le décloisonnement mettent au jour, au-delà de la crainte ancestrale de tout ce qui vient d'ailleurs, une mobilité sans frontières, celle de la solidarité et non de l'errance, celle de l'échange valorisé, des transferts culturels profitables à tous.
    /> S'inventent alors des questions, des valeurs et des craintes, des conflits, qui sont encore les nôtres aujourd'hui.

  • Comment les Français et les Françaises s'habillaient-ils aux XVIIe et XVIIIe siècles, à Paris et en province, en ville et à la campagne? Comment choisissaient-ils les tissus et les couleurs de leurs vêtements, leurs modèles et leurs formes?Beaucoup plus qu'aujourd'hui, les manières de se vêtir sous l'Ancien Régime traduisent l'influence des codes sociaux, des impératifs moraux et religieux dans la vie quotidienne. Les conventions vestimentaires soulignent la hiérarchie des apparences: chacun doit paraître ce qu'il est. Mais chacun peut aussi paraître ce qu'il veut, et dès le XVIIe siècle, le jeu des modes, la montée de la civilisation urbaine entraînent l'effritement des signes vestimentaires.Signe distinctif, le vêtement est objet de nécessité. De la production des tissus à la confection des vêtements et à leur entretien, toute une économie se met en place, à la fois cause et conséquence des transformations de l'habillement. L'étude des techniques de fabrication et des circuits de diffusion _ achat, vol, imitation _ montre l'ingéniosité des libertés humaines et l'effet du changement dans une société stable, voire bloquée. Paris devient le centre d'un vaste commerce des habits de luxe.Le vêtement est encore objet de désir. Le tissu est un langage et ses agencements, le jeu des dévoilements et de dissimulation d'une robe, les ampleurs et les resserrements d'un costume illustrent l'évolution des moeurs, de la pudeur, de l'hygiène, de l'imaginaire.Le vêtement, comme le livre, diffuse et multiplie des informations sans cesse croissantes et tous, peu à peu, apprennent à le maîtriser. Ainsi se joue avant la Révolution une transformation capitale pour les sociétés occidentales. L'histoire des apparences enregistre tous les conflits politiques, religieux, sociaux de l'ancien monde, permettant de comprendre les logiques de l'avenir, celles des sociétés de consommation.Daniel Roche est professeur à l'Université de Paris I et directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur les Lumières et sur l'histoire de la société, notamment Le Peuple de Paris et Les Républicains des Lettres.

  • Design and application of an ontology for Geodesign, N. Li, S. Ervin, M. Flaxman, M. Goodchild, C. Steinitz - pp.145-168 Geographic information systems and landscape architectural design and scholarship. A source of heritage and tension, D. Tulloch - pp.169-184 Generating sustainable urban form in Detroit. Design applications utilizing Geodesign methodologies, C. Bodurow - pp.185-222 PlanYourPlace A geospatial infrastructure for sustainable community planning, A.
    Hunter, S. Steiniger, B. Sandalack, S. Liang, L. Kattan, A. Shalaby, F. Alaniz Uribe, C. Bliss-Taylor, R. Martinson - pp.223-253 WikiSIG et GeoDesign collaboratif. Proposition d'un cadre théorique, W.
    Batita, S. Roche, Y. Bédard, C. Caron - pp.255-285 Urban network analysis. A new toolbox for ArcGIS, A. Sevtsuk, M.
    Mekonnen - pp.287-305 Development of a collaborative geospatial augmented reality system in support of urban design practice, B. St-Aubin, M. Mir Abolfazl, S. Roche - pp.307-330

  • Des unités morphologiques au lexique témoigne de l'approche originale de la morphologie née de la rencontre de phonologues, morphologues, romanistes et spécialistes du Traitement Automatique des Langues (TAL). Une approche qui se caractérise par plusieurs choix : ancrer la morphologie dans le lexique, asseoir la description sur des données extensives, faire apparaître ainsi des faits inaperçus, débusquer les contraintes phonologiques qui conditionnent la formation des mots, fonder les avancées théoriques sur l'expérience de la description, etc. Les travaux réunis ici présentent les derniers résultats de cette coopération. Ils développent la notion d'espace thématique pour rendre compte de l'allomorphie radicale dans la flexion verbale. Ils unifient le traitement de dérivations particulièrement productives, la préfixation en anti- et la suffixation en -isme et en -iste. Dans le domaine de la morphophonologie, ils présentent une étude transversale passant en revue les effets des contraintes dissimilatives et démêlent les facteurs phonologiques et les facteurs lexicaux dans la distribution des variantes du suffixe -ien.

  • Ce livre, publié pour la première fois en 1978, est déjà un classique : une référence obligée pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire culturelle de la France du XVIIIe siècle.
    Les Lumières sont ici abordées sous un angle inattendu et qui en suggère une lecture inédite : ce n'est pas aux auteurs majeurs, aux grands foyers intellectuels parisiens que Daniel Roche a consacré son enquête, mais aux institutions provinciales, plus modestes, plus discrètes, et qui ont assuré le long cheminement, complexe, Parfois contradictoire, de l'esprit nouveau. Les Académies de province, dont il suit ici l'histoire, ont rassemblé et façonné un milieu de notables curieux et savants, dont on mesure enfin l'importance sociale et culturelle décisive entre le règne de Louis XIV et la Révolution française.

  • 3e éditionUn beau livre au style alerte, vivifié par de nombreux documents, une iconographie souvent inédite et de qualité ; foisonnant d'aperçus originaux, de petits faits curieux et révélateurs, égayé de savoureux portraits. Nous retrouvons ainsi, dans leur vie quotidienne, dix à douze générations de nos ancêtres qui vécurent de la Renaissance à la Révolution.Le tome premier, La société et l'État, est dû à Pierre Goubert. Il est consacré à la société et aux divers pouvoirs qui l'encadrent. La France d'Ancien Régime, c'est une solide base campagnarde, des terroirs et des seigneuries, une noblesse qui possède des privilèges et des devoirs et ne cesse de se renouveler, des villes avec leurs corps et leurs communautés, leurs bourgeoisies qui sont de véritables rouages du régime. La raison d'État guide la classe politique, mais aux forces centralisatrices s'opposent les vivacités régionales. Quant à l'Église, elle est dans l'État, comme l'État est dans l'Église.Le second tome consacré à Culture et société, est de Daniel Roche, à l'exception de la dernière partie qui traite des mutations et de la crise d'où est issue la Révolution, Le sacré pénètre toute la vie quotidienne, qu'il s'agisse de la religion ordinaire dans le cadre de la paroisse et des associations de fidèles ou des superstitions, sorcelleries et pratiques magiques que l'Église a bien du mal à réduire. Les usages du naître, vivre et mourir définissent la civilisation traditionnelle et les moeurs de la famille. La culture, celle des analphabètes et celle des lettrés, c'est l'éducation sans école et l'instruction dans l'école ; ce sont les lectures et les lecteurs ; le monde des images, des artisans à l'académie ; le monde des sons, de l'opéra au cantique.Pierre Goubert a été professeur à l'Université de Rennes, à celle de Nanterre et à la Sorbonne. Directeur d'études à l'École des Hautes Études en sciences sociales, il a par ses travaux contribué largement à ouvrir la voie aux études de démographie historique.Daniel Roche, agrégé d'histoire, a succédé à Pierre Goubert à la chaire d'Histoire moderne de l'Université de Paris I. Il est professeur au Collège de France.
    Le bon Dieu et le Diable. La cléricalisation de l'Église. La religion ordinaire. Conflits et déviance. Naître, vivre et mourir. Naître. Vivre. Mourir. Savoir, voir et entendre. L'entrée dans la culture. Lectures et sociabilités. Voir et entendre. De la mutation à la crise. Un certain climat d'expansion. Une société en plein renouvellement. État vieilli, État velléitaire.

  • Un véritable guide méthodique pour aborder la technique de la dissertation littéraire. Chacune des étapes - analyse du sujet, définition de la problématique, documentation, construction du plan et rédaction - fait l'objet de conseils précis illustrés d'exemples développés. Huit sujets portant sur un thème général ou sur une oeuvre particulière sont ensuite commentés et traités. En explicitant les règles d'un exercice complexe et souvent redouté, ce livre donne aux étudiants la possibilité de les maîtriser.

  • Le présent ouvrage s'inscrit dans une politique de conservation patrimoniale des ouvrages de la littérature Française mise en place avec la BNF. HACHETTE LIVRE et la BNF proposent ainsi un catalogue de titres indisponibles, la BNF ayant numérisé ces oeuvres et HACHETTE LIVRE les imprimant à la demande. Certains de ces ouvrages reflètent des courants de pensée caractéristiques de leur époque, mais qui seraient aujourd'hui jugés condamnables. Ils n'en appartiennent pas moins à l'histoire des idées en France et sont susceptibles de présenter un intérêt scientifique ou historique. Le sens de notre démarche éditoriale consiste ainsi à permettre l'accès à ces oeuvres sans pour autant que nous en cautionnions en aucune façon le contenu. Pour plus d'informations, rendez-vous sur www.hachettebnf.fr
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  • Depuis longtemps, avec les travaux de Wernert Sombart, Joseph Schumpeter, Fernand Braudel, on connaît le rôle majeur des négociants dans la transformation des sociétés pré-industrielles et la construction des économies-mondes.
    On est moins informé des conditions culturelles qui ont été à l'oeuvre derrière l'aventure des petits et des grands capitalistes, entre la fin du Moyen Age et l'avènement de la Révolution industrielle du 19e siècle. Pour saisir les interactions qui s'établissent entre les structures sociales et économiques et les modes d'agir, de comprendre et de se représenter le monde caractérisant un milieu divers et changeant à l'échelle de l'Europe, pour analyser l'originalité des cultures négociantes, on a privilégié l'étude des pratiques, celle de la place du négociant dans l'espace citadin et social, celle de son rôle intellectuel et de la formation spécifique des milieux commerçants.
    De l'école au comptoir, de la banque au voyage, de la formation à l'information, la confrontation des cas nationaux, la première menée à cette échelle, modifie pleinement notre façon de comprendre les ruptures majeures de notre histoire, celles aussi de notre temps.

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