David Shulman

  • Un si sombre espoir : sur les collines du sud d'Hébron

    David Shulman

    • Seuil
    • 4 Novembre 2021

    « Un jour, ce conflit trouvera sa résolution, mais la réalité quotidienne est pratiquement insupportable. Je ne pouvais plus la tolérer en restant assis à mon bureau. Je me sens responsable des atrocités commises, en mon nom, par la moitié israélienne de l'histoire. Laissons les Palestiniens prendre leurs responsabilités face à celles que l'on commet en leur nom. De notre côté, il y a l'entreprise, toujours en cours, des colonies installées sur une terre annexée. Et cette forme de violence, qui a fait des ravages dans tous les Territoires, s'accompagne d'une violence aussi inacceptable du coeur et de l'esprit : l'égoïsme borné et autosatisfait du nationalisme moderne. » L'auteur de ces lignes est historien, poète et écrivain, professeur à l'Université hébraïque de Jérusalem, membre de l'Académie des sciences.
    Au tournant du millénaire, peu après la deuxième intifada, David Shulman devient, avec ses amis palestiniens et israéliens l'un des fondateurs d'un mouvement menant des actions de solidarité au jour le jour, mouvement de protestation civile pour la paix qui s'inspire de la tradition de non-violence de Gandhi et Martin Luther King. Son nom : Ta?ayush, en arabe « coexistence », de ta?ayasha, « vivre ensemble ». Il n'est pas indifférent que ce mouvement ait choisi de se donner un nom arabe - plutôt qu'hébreu ou anglais.
    Se refusant à un optimisme lénifiant, le poète militant recommande « le désespoir comme point de départ ». De ce « sombre espoir » naît une lucidité qui prend la forme d'une inquiétude dynamique.

  • D'où vient que la musique, qui ne nous montre ni ne nous dit rien de précis, se fasse si bien écouter, au point de nous saisir tout entier ? l'irritant secret de la musique se dérobe dans un ailleurs et semble délicieusement nous narguer.
    Etre à l'écoute de la musique c'est, dans la jouissance, se rendre sensible au tout de l'oeuvre dans sa profonde ambivalence et sa pluralité de sens. ses ouvertures à l'abîme, son parfum de catastrophe, son fond de rumeur cosmique, ses jeux du proche et du lointain, ses échos aux voix de la nature, le charme de ses mélodies révélatrices de notre intériorité, son extraordinaire puissance expressive, enfin sa double dimension de sacralité et de transcendance.
    Toutes ces dimensions essentielles de la musique s'articulent toujours et de diverses manières : dans la montée irrésistible du bas vers le haut, des gouffres vers les sommets, de l'ombre à la lumière, de la crainte de la mort à son effacement, dans le rythme affirmateur d'une vie soudain illuminée par des parcelles d'éternité dans un temps recréé par elle. parce qu'elle enchante la sensibilité, stimule l'imagination et sollicite la réflexion, la musique semble nos rapprocher de l'être.
    " sans la musique, écrivait nietzsche, la vie serait un erreur. ".

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