Denis Maugenest

  • Parler de la situation des droits de l'Homme dans une sous-région africaine, interroger sans ménagement leur complexité théorique et pratique, tel est le défi de ce livre.
    Les textes ici rassemblés témoignent d'une période de crise, de restructurations sociales et de transition historique, dans laquelle se meuvent des pays africains de la zone franc (pour ne rien dire des autres). Pendant une trentaine d'années, les sociétés d'Afrique centrale ont connu des régimes le plus souvent soucieux d'une unité nationale à construire par et autour de l'État et du parti unique, avec tout ce que cela pouvait signifier de monopole à la fois politique et culturel dans l'ordre de l'information et de la communication.
    Se présente aujourd'hui un temps intermédiaire, où les structures anciennes périclitent, et où de nouvelles cherchent à s'établir au profit de la société civile. Faut-il corriger les droits de l'Homme parmi les " détestables mots qui chantent plus qu'ils ne parlent, qui demandent plus qu'ils ne répondent ; aussi propres aux analyses illusoires qu'aux fins de phrase qui déchaînent le tonnerre " ? Mots détestables, peut-être.
    Armes dangereuses, certainement, pour ceux contre qui les droits de l'Homme sont invoqués, mais aussi pour ceux qui les manieraient inconsidérément dans leur propre intérêt. Raison de plus pour tenter de comprendre ces mots, afin que, de slogans disponibles pour tous emplois ambigus, ils deviennent principes de vie et d'action dans la tâche d'édifier une " société de droit ", c'est-à-dire un monde humain.
    Denis Maugenest, né en 1938, ancien doyen de la faculté de sciences sociales de l'Université catholique de Paris, et Paul Gérard Pougoué, né en 1949, ancien doyen de la faculté de droit de l'Université de Yaoundé, enseignent à l'Université catholique d'Afrique centrale, à Yaoundé, et codirigent un groupe de recherches sur les droits de l'Homme qu'ils ont fondé en 1993. Ce livre est le fruit du premier colloque organisé par ce groupe, en novembre 1994, et est consacré à la situation des droits de l'Homme en Afrique centrale.

  • Le mouvement social catholique en France au XXe siècle

    Denis Maugenest

    • Cerf
    • 16 Mai 1990

    La société moderne prétend se mouvoir de manière autonome par rapport aux forces religieuses, et spécialement par rapport à l'Église. Les acteurs de la modernité ont entendu l'expulser progressivement et définitivement de la vie publique pour la confiner dans la sphère des activités privées. Mais paradoxalement tout se passe comme si le dynamisme social du christianisme, loin d'être atténué et affaibli par sa marginalisation apparente dans le monde moderne, se trouvait comme aiguisé et renforcé du fait même de cette situation. Au fondement de ce dynamisme : l'expérience que les chrétiens font d'eux-mêmes et du monde, selon la diversité des situations qui sont les leurs. Le présent ouvrage s'efforce de ressaisir quelques aspects du mouvement social catholique en France, depuis l'expérience de quelques-uns de ses acteurs importants et influents (Cetty, Liénart, Guerry, Matagrin), jusqu'à ses produits élaborés et structurés : formation des clercs, débats des semaines sociales, pensée théologique, discours collégial de l'épiscopat. À frais nouveaux, tout au long du XXème siècle, le mouvement social catholique français a produit une réflexion et un discours qui expriment tout à la fois les problèmes majeurs de la société française et les propositions de l'Église de France. Une tradition prend corps, originale et féconde, avec laquelle il convient de compter - dans l'Église, dans la société française.

empty