Eliane Lecarme-Tabone

  • Chacun a noté l'expansion du genre autobiographique et son succès auprès de tous les publics. Beaucoup déplorent ce phénomène et objectent que l'autobiographie n'est pas un genre littéraire. Cet ouvrage, au contraire, propose une définition, une défense et une illustration de l'autobiographie en priorité à travers la littérature française. Il s'agit d'abord de définir ce genre très controversé en présentant tous les termes d'un débat qui demeure très vif.
    La religion, l'histoire et la psychanalyse sont bien souvent de puissants motifs de l'acte autobiographique, qui a pourtant trouvé, au fil du temps, sa pleine autonomie. Le pacte autobiographique évolue depuis l'acte testamentaire jusqu'à la communication d'une mémoire vive, en passant par des engagements de plus en plus radicaux: l'écrivain se raconte au plus près de sa vie, de son corps. La vie et le sexe étant l'objet même de l'autobiographie, celle des femmes est étudiée en tant que telle.
    Des portraits d'autobiographes jalonnent la préfiguration du genre (saint Augustin, Abélard et Héloïse, Montaigne), son émergence (de Rousseau à George Sand), son épanouissement au XXe siècle (de Gide à Camus) et ses voies nouvelles (avec Leiris et Perec). Les mutations du geste autobiographique (carnets, enregistrement sonore, radio, illustration photographique, audio-visuel...) sont également explorées.
    L'actualité du sujet apparaît à travers trois tendances: un espace original - entre roman et autobiographie, désigné par le terme d'«autofiction» -, des récits vrais, nus et sobres et, enfin, les autobiographies de la foi et de la désillusion, jadis appelées credo, qui connaissent un nouvel essor.

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