Emmanuel Debruyne

  • L'ouvrage explore d'abord les différentes manières dont des contacts intimes se sont noués entre individus de ces deux groupes. Celles-ci peuvent prendre la forme de relations forcées - autrement dit de violences sexuelles -, d'une sexualité plus ou moins marchande - assimilable à différents degrés à la prostitution -, ou de relations librement consenties, où le plaisir sexuel, l'attrait de l'exotisme, le besoin de distractions et la force des sentiments interviennent dans des proportions variées.
    Sont ensuite abordées les conséquences de ces relations, qu'elles soient sociales, sanitaires ou génésiques. Le jugement porté par les compatriotes des femmes liées aux occupants conduit souvent à différentes formes d'ostracisme, voire de privation et de brutalité. Le corps de ces femmes, tout comme celui de leurs partenaires, est également menacé par différentes maladies sexuellement transmissibles. La prolifération de celles-ci dans les circonstances du conflit conduit d'ailleurs les autorités occupantes à prendre des mesures prophylactiques draconiennes, qui visent à protéger leurs troupes, mais dont la charge repose essentiellement sur les occupées. Enfin, malgré différentes formes de contraception et le recours clandestin à l'avortement, ces relations aboutissent également à la naissance d'« enfants de guerre », dont le sort sera affecté par les aléas de celui de leur mère.

  • Ce livre raconte les audaces, les risques, les souffrances et les déchirements qui ont marqué la vie des femmes et des hommes engagés dans ce réseau de résistance. Edith Cavell est exécutée à Bruxelles le 12 octobre 1915 pour son engagement clandestin dans une filière d'évasion de soldats alliés. L'exécution de cette infirmière britannique entraîne un tollé international. Son image de martyre de la cause alliée a quelque peu éclipsé les nombreuses personnes qui ont joué un rôle tout aussi crucial dans le même réseau et dont beaucoup ont été arrêtés en 1915. L'architecte Philippe Baucq, l'institutrice Louise Thuliez, le prince Réginald de Croÿ, l'ingénieur Herman Capiau, et plus d'une centaine d'anonymes belges, français et britanniques, catholiques ou francs-maçons, de condition aisée ou très modeste. L'histoire de ce réseau, c'est aussi une histoire d'amitiés et de rapports sociaux, de reconnaissances et d'amertumes, de dilemmes et d'aveux.

  • De 1914 à 1918, des citoyens ont combattu l'occupation allemande dans la clandestinité en Belgique et dans le Nord de la France. Edith Cavell, Gabrielle Petit et près de trois cents autres patriotes ont été envoyés au peloton d'exécution par les conseils de guerre allemands. La plupart d'entre eux ont eu l'occasion d'adresser, quelques heures avant de mourir, une dernière lettre à leurs proches. Les auteurs se penchent sur ces écrits ultimes et proposent une sélection de lettres parmi les plus emblématiques. Ces lettres d'adieu forment en effet de formidables témoignages de l'homme face à la mort. Elles éclairent aussi d'un jour particulier les conceptions familiales, religieuses et civiques de ces simples particuliers qui, pour la plupart, ne les auraient jamais exprimées par écrit s'ils n'avaient pas été condamnés.

  • Vivre une occupation militaire, c'est vivre avec l'ennemi. Les contributions ici réunies proposent de redécouvrir ces occupations, en 14-18 comme en 39-45 ou durant les sorties de guerre, en France et en Belgique comme en Pologne, en Afrique centrale ou en Allemagne. Entre dialogue et rapport de force, occupants et occupés s'adaptent à une coexistence imposée par le sort des armes.Les expériences françaises et belges de la Grande Guerre montrent d'abord des occupés pris entre normes de conduite collectives - imposant une distance avec l'occupant - et stratégies d'accommodation individuelle - pouvant conduire au rapprochement. De ces tensions et des souffrances de l'occupation émerge une mémoire complexe aux multiples déclinaisons locales.À une échelle plus vaste, les occupations s'avèrent en outre liées entre elles par de multiples transferts. Quels que soient la période et le lieu, les occupations passées ou éloignées contribuent ainsi à nourrir le face-à-face entre occupants et occupés

  • La commémoration du centenaire de la Grande Guerre est l'occasion de porter un nouveau regard sur cette période. C'était l'objectif de la journée d'étude: « La Grande Guerre à Mons et dans sa région » qui s'est tenue à Mons le 20 octobre 2014, co-organisée par les Archives de l'État à Mons, les Archives et le Pôle muséal de la Ville de Mons ainsi que la Province de Hainaut. Les actes de cette journée offrent l'opportunité de présenter au grand public les résultats de recherches historiques menées actuellement sur différents thèmes ayant trait à la Grande Guerre dans la région de Mons.
    Les enjeux de la bataille de Mons, événement militaire majeur des 23 et 24 août 1914 qui voit s'affronter les troupes britanniques et allemandes, sont évidemment rappelés mais est aussi présentée celle, beaucoup moins connue, qui s'est déroulée à Frameries le 24 août 1914.
    L'imaginaire de la guerre est abordé via la symbolique du cimetière de Saint-Symphorien et une étude passionnante relative aux origines de la célèbre légende des Anges de Mons. L'étude d'un cas de désertion nous éclaire sur les rouages de la justice militaire en temps de guerre, souvent caricaturée.
    L'occupation allemande à Mons est ensuite abordée sous l'angle original des affiches d'avis officiels placardées quotidiennement sur les murs de la ville. Sur le plan politique, l'action spécifique du gouvernement provincial du Hainaut, en particulier en matière de ravitaillement, est décrite. Les conséquences économiques de l'occupation pour le bassin houiller montois sont ensuite étudiées. L'activité de la résistance est évoquée à travers l'action de la princesse Marie de Croÿ. Le contre-espionnage allemand, sujet neuf, est aussi étudié par l'activité d'un espion belge passé au service de l'Allemagne.
    Enfin, la libération de Mons par les troupes canadiennes est envisagée ainsi qu'une approche de l'immédiat après-guerre vécu par les soldats canadiens en Belgique.

  • Cet ouvrage nous raconte la guerre clandestine en pays occupé à travers les mots de ceux qui l'ont vécue. Des milliers de citoyens ordinaires ont en effet pris la plume après la guerre 1914-1918 pour faire rapport sur leurs activités résistantes. Leur expérience est celle de l'espionnage ferroviaire, de la transmission secrète du courrier, de la mise en circulation de journaux prohibés, ou du franchissement périlleux de la frontière hollando-belge, mais aussi des difficultés quotidiennes, de la peur, des soucis d'argent et de l'impitoyable répression de l'occupant.

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