Sciences humaines & sociales

  • Le Jeu de la guerre de Guy Debord. L'émancipation comme projet. On connaît Guy Debord pour avoir été poète, cinéaste, artiste, théoricien révolutionnaire, directeur de revue et fondateur de mouvements d'avant-garde. Mais il a surtout été stratège. Qu'entend-on par là ? Qu'il a utilisé la poésie, le cinéma, la théorie et l'avant-garde dans le cadre d'un conflit avec la société de son temps. Un objet en particulier dans la production de Guy Debord répond de cet objectif : le Jeu de la guerre, qui avait pour vocation d'aiguiser le sens stratégique et la conscience d'une lutte à mener. Au milieu des années 1950, Debord conçoit un jeu constitué d'un plateau quadrillé et de pions représentant les diverses unités d'une armée. En tant que modélisation de la guerre, ce jeu participe des recherches situationnistes sur l'environnement construit, la vie aliénée et les moyens de s'en émanciper. Tout au long de sa vie, Debord s'y exerce et cherche à le diffuser en dehors des cercles situationnistes. À l'heure où le design - qu'il soit d'objets, de systèmes, d'interfaces ou d'expériences - tend à envahir les discours et à englober de plus en plus de champs de l'activité créative, technique, sociale et économique, et alors que l'art ne cesse de repenser les conditions de sa validité critique, Emmanuel Guy propose ici une réflexion sur le rôle de la stratégie dans tout projet d'émancipation.

  • Analyse l'art pariétal comme le signe de l'existence d'une société hiérarchisée au paléolithique, ainsi que comme expression par des lignages dominants de leur suprématie et de leurs origines mythiques.

  • L'appel au sujet - entendez l'invitation faite à chacun de se comporter comme acteur dans la société - est bien une réalité dans les différents champs de l'activité humaine : dans la manière de concevoir l'éducation des enfants, en famille ou à l'école ; dans les relations de couple ; dans les rapports des gens au travail, au loisirs, à l'argent, à la consommation, à la santé, à la religion; dans leurs rapports à la loi, à la politique, à la chose publique, à l'ordre, à la déviance, à la marginalité, etc. Dès lors, il est important d'examiner comment la sociologie redéfinit ses concepts et ses théories, en adoptant ce nouveau regard sur la société, ce nouveau paradigme social.

  • Dans la filiation d'une historiographie féconde depuis trente ans, éclairant la collection par la médiation des pratiques - pratiques savantes, sociales, économiques -, notre ouvrage se propose d'explorer une autre voie : la manière dont les expériences de l'objet d'art ou de connaissance, choisi, rassemblé, agencé, classé, étudié, participent à l'affirmation de soi et à l'émergence d'identités partagées, familiales, urbaines ou régionales.
    On cherchera ainsi à comprendre ce que l'expérience des objets dit de l'adhésion de l'individu à un certain nombre d'exigences sociales, et ce qu'elle dit d'aspirations exprimées ou refoulées, pas forcément congruentes aux rôles assignés. Au fil de quatorze études de cas, nous avons voulu mettre l'accent sur les tensions et les ambivalences, plus que sur les réussites. Le choix d'un temps long, du XVIe au XIXe siècle, privilégiant le XVIIIe siècle, donne à voir les différents types sociaux associés à l'étude et à la collection des objets.
    Le choix d'un ancrage méditerranéen, nous conduisant de la France méridionale - entre Toulouse et Monaco- à l'Italie n'a pas vocation à affirmer une spécificité méridionale de la collection. Il permet de construire, dans la cohérence d'un espace, une galerie de portraits, permettant de suivre in situ les processus de la collection à l'oeuvre.

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