Eric Dufour

  • Dans les films de Lynch, on dirait que les images s'assemblent mal et délirent, faisant s'interpénétrer tous les mondes incompossibles sans arriver à se fixer et à produire un monde unitaire, se détachant sans cesse des corps et des situations qu'elles engendrent pour les déformer et les reformer autrement - pour donner naissance à un autre monde où on redistribue sans cesse les rôles et les choses, où les individus acquièrent une nouvelle identité et les objets de nouvelles fonctions.

  • Qu´est-ce qu´un « bon » film ? Quels sont les critères qui permettent de juger de sa qualité et de son intérêt ? Comment définir et analyser le « beau » au cinéma ? Un bon film n´est-il pas tout simplement un film qui impacte notre vie d´une façon ou d´une autre ?
    Cet ouvrage tente de répondre à ces questions en proposant une réflexion sur ce qui fait la valeur d´un film et sur la façon de l´estimer : contextes artistique et sociopolitique, référents cinématographiques et historiques, théories des catégories et des genres... Pour étayer son propos, l´auteur s´appuie sur les concepts philosophiques de jugement, de goût, de valeur, de plaisir et d´usage, qu´il confronte à de nombreux exemples de films, de Glen ou Glenda d´Ed. Wood à Batman : le défi de Tim Burton, en passant par Ludwig de Luchino Visconti, Scarface de Brian de Palma et bien d´autres.

  • Ce livre cherche à mettre en évidence la spécificité du cinéma parmi les autres arts et à montrer en quoi il est une forme de pensée au même sens que la philosophie, mais qui passe par le biais des images. Il analyse le rapport de la dimension visuelle et de la dimension audio, et tente de caractériser, d'une part, ce qui caractérise la narration cinématographique et, d'autre part, en quel sens on peut parler d'un cinéma non narratif. Par là, il met l'accent sur la spécificité des techniques cinématographiques et particulièrement sur la question du montage, dont il essaie de classifier les formes.
    Enfin, ce livre contient une analyse de deux textes. Le premier, de Gilles Deleuze, pose la question de savoir si l'image cinématographique est toujours au présent, et permet de mieux comprendre la structure et la loi d'organisation de certains films contemporains, comme par exemple Elephant (de Gus van Sant). Le deuxième, de Noël Burch, pose la question, non pas du cinéma politique, mais d'une lecture ou interprétation politique (et sociale) du cinéma.
    On trouvera dans ce livre des exemples qui vont des films les plus classiques (Le cuirassé Potemkine, Citizen Kane) aux films les plus méconnus (Polyester, le seul film en odorama, par exemple).

  • La collection Chemins Philosophiques a pour objet de favoriser la compréhension de notions et d'étayer la réflexion philosophique. Chaque ouvrage offre un traitement cohérent et complet de la problématique par le biais de deux approches complémentaires de la notion concernée : un exposé de l'enjeu philosophique et des principales articulations théoriques de la notion, suivi d'une présentation de textes accompagnés d'un commentaire. Ces deux parties permettent ainsi au lecteur de saisir la complémentarité de la réflexion philosophique contemporaine et de la tradition philosophique.

  • Avec près de 50 films à son actif depuis les années 70, Woody Allen est l'un des cinéastes les plus prolifiques. Réalisateur, acteur et scénariste, on lui doit une oeuvre complexe et populaire, qu'il est bien souvent difficile de mettre en perspective et de cerner dans sa globalité. La compréhension d'une oeuvre allant de pair avec celle de son auteur, cet ouvrage analyse et décrypte la filmographie de Woody Allen et les thèmes centraux de son oeuvre. Illustré par des photogrammes de ses films les plus emblématiques et largement documenté (extraits d'interviews, éléments biographiques), il permettra aux cinéphiles de parfaire leur connaissance et leur compréhension du cinéma de Woody Allen...

  • Pourquoi l'oeuvre cinématographique de Michael Haneke ne laisse-t-elle aucun de nous indifférent ?
    Parce qu'il y pratique à l'envi, et de manière frontale, la critique sociale. Ses films mettent cruellement au jour ces figures du mal qui fondent les pathologies de la société néolibérale - la violence, les médias, les genres, etc. Prend-il pour autant quelque facile position de surplomb ? Pas du tout. Chacun de ses films interroge le regard même qu'il porte sur son objet - la critique a beau être radicale, en effet, son auteur fait bel et bien partie du monde qu'il met en question.

  • De l'Allemagne de Weimar jusqu'aux années 2000, le mal est un véritable fil rouge dans la création cinématographique allemande. L'expressionnisme des années 1920 impose la figure d'un mal métaphysique (Nosferatu, Le docteur Mabuse...). Au même moment un cinéma engagé dépeint celui de la fatalité du déterminisme social (Loulou, M le Maudit...). Le pouvoir nazi en fait un objet de propagande totale. Pour les cinéastes allemands et autrichiens d'aujourd'hui, la question n'est plus de savoir si le mal existe mais comment le bien et la morale sont possibles.

  • Cette étude, la première en France sur la philosophie de Natorp (1854-1924), met en évidence sa spécificité et son évolution.
    Sa spécificité : Natorp est le seul des néokantiens de l'école de Marbourg à bâtir, au sein de la théorie de la connaissance, une psychologie dont la version définitive, intitulée Psychologie générale, paraît en 1912 (traduction française, Vrin, 2007). Il s'agit d'en établir la configuration, de montrer comment elle se situe relativement à la psychologie scientifique en plein essor et de mettre en évidence l'importance qu'elle a eue dans la constitution de la phénoménologie.
    La psychologie critique de Natorp est d'abord une méthodologie qui s'interroge sur les conditions d'une connaissance scientifique des processus cognitifs. Elle est ensuite une méthode, la méthode de reconstruction du subjectif à partir de ses objectivations, qui s'oppose à la réduction husserlienne prétendant s'appuyer sur une donation et retrouver une immédiateté subjective pourtant définitivement perdue.
    Son évolution : Natorp se détourne en effet après la première guerre mondiale de la philosophie marbourgeoise, parce que celle-ci construit sa théorie de la connaissance sur des présupposés ininterrogés et réduit le donné à la pensée du donné. Il en vient à considérer, avec ses derniers textes et dans une perspective qui influencera Heidegger, que la question fondamentale est celle de l'être. C'est pourquoi il construit une ontologie ou logique de l'être qui tente de penser l'altérité dans son immanence au logos.

  • " Tout nouveau travail philosophique doit dans son progrès se nourrir d'une discussion avec Kant : c'est pourquoi, la condition d'un caractère philosophique véritablement original est la découverte et le traitement à nouveaux frais des thèmes kantiens.
    L'idéalisme de la raison pure a prouvé qu'il était dans l'histoire des sciences et de la civilisation la force essentielle. C'est en lui que la raison pure, dans leur travail jamais vaincu, ont acquis et affirmé leur droit incontestable à trouver de nouveaux fondements. Et c'est ainsi que l'idéalisme de la raison scientifique conquiert le soutien et la garantie de l'histoire ; car l'histoire... pourra creuser dans une fosse sans fond, mais aussi inébranlable, sans cesse changeante dans ses variations, mais toujours aussi immuable dans ses mobiles ; variations et mobiles forment le fondement éternel et cohérent de l'histoire de la culture, et, en tout premier lieu, celui de la science.
    " Hermann Cohen

  • Le cinéma d'horreur, que l'on méprise parfois ou que l'on confond avec le cinéma fantastique, utilise pourtant de manière exemplaire le langage proprement cinémato-graphique : c'est ce que montre cet essai en présentant une typologie des différentes figures de l'horreur.
    Parce que l'horreur n'est pas un thème qui serait réservé aux seuls films d'horreur, mais une figure autour de laquelle peuvent s'articuler certains moments de cinéma, l'auteur s'intéresse aux grands metteurs en scène du genre, de Jacques Tourneur et Alfred Hitchcock à Dario Argento; il analyse aussi l'oeuvre de cinéastes comme Andréi Tarkovski ou Robert Bresson.
    Le déploiement des différentes figures de l'horreur, au nombre desquelles cet ouvrage met l'inversion des valeurs, les métamorphoses du corps et les paradoxes du temps, est l'occasion d'expliquer qu'on ne peut pas opposer la suggestion et la monstration, car elles constituent deux directions impliquées l'une par l'autre : l'horreur, en effet, fonctionne toujours sur un envers qui reste caché, présent bien que hors-champ - comme le centre invisible d'un film qui se meut toujours à la périphérie.

  • Tout le programme de français-philosophie 2019-2020Le portrait des 3 auteursLe résumé et l'analyse de chaque oeuvreLe thème en 10 fiches synthétiques2 sujets de dissertation avec plan détailléL'épreuve de français-philosophie aux concours des écoles d'ingénieurs est exigeante et décisive. Mais comment étudier trois oeuvres importantes de la littérature, comprendre la pensée de trois auteurs différents et les mettre en relation avec un thème précis alors que les matières scientifiques occupent déjà une grande partie de votre temps ?
    Pour vous accompagner dans ce travail, vous trouverez ici une présentation claire des auteurs et de leur époque ainsi qu'une analyse de chacune des oeuvres. Les 10 aspects essentiels du thème et des oeuvres au programme sont expliqués et commentés.
    Les sujets de dissertation et leur plan détaillé vous permettront de vous préparer aux concours.

  • Quand est né le cinéma de science-fiction ? Quelles furent les formes avant de s'imposer comme un genre à part entière ? Comment a-t-il évolué ? Que peut-on lire dans ces productions cinématographiques et que nous apprennent-elles du regard que nous portons sur l'homme et le monde qui nous entoure ? Une histoire exhaustive et une vraie réflexion sur le phénomène à travers une double approche, historique et philosophique.

  • La collection "Philosophies" dirigée par Ali Benmakhlouf, Jean-Pierre Lefebvre, maître de conférences à l'École normale supérieure, Yves Vargas, professeur au Lycée d'Arras et Pierre-François Moreau, professeur à l'École normale supérieure de Fontenay St-Cloud, se propose d'élargir le domaine des textes et des questions philosophiques pour en ouvrir l'accès à un public plus large. Chaque volume facilite la lecture d'une oeuvre ou la découverte d'un thème par une présentation appropriée au matériau philosophique.

  • Tout le programme de français-philosophie 2020-2021.
    Le portrait des 3 auteurs.
    Le résumé et l'analyse de chaque oeuvre.
    Le thème en fiches synthétiques.
    2 sujets de dissertation rédigé.
    120 citations.
    L'épreuve de français-philosophie aux concours des écoles d'ingénieurs est exigeante et décisive. Mais comment étudier 3 oeuvres importantes de la littérature, comprendre la pensée de 3 auteurs différents, les mettre en relation avec un thème précis, alors que les matières scientifiques occupent déjà une grande partie de votre temps ?
    Pour vous accompagner dans ce travail, vous trouverez ici une présentation claire des auteurs, de leur époque et une analyse de chacune des oeuvres ainsi que les aspects essentiels du thème et des oeuvres au programme expliqués et commentés.
    /> Une fiche méthodologique et 2 sujets de dissertation entièrement corrigés vous permettront de vous préparer aux concours.
    120 citations utiles à connaître complètent ces outils.

  • Mort à Venise, considéré par beaucoup comme le chef-d'oeuvre de Luchino Visconti, reste un film aussi étonnant par le contenu que par la forme. Sans doute parce qu'il met un point d'honneur à illustrer ce qu'y déclare un de ses protagonistes : « L'art est ambigu »... Ainsi ignore-t-on si le Beau est le but de l'admiration du héros, musicien vieillissant, pour le jeune Tadzio, ou s'il n'est qu'un prétexte pour masquer une vulgaire attirance pédophile. Et que dire de ces longs plans descriptifs, où l'on regarde regarder un personnage qui littéralement se décompose sous nos yeux?
    Le livre examine à nouveaux frais ces ambiguïtés de fond et de forme, il analyse les rapports entre le film et la nouvelle dont il est tiré, sans oublier de le replacer dans l'oeuvre de Visconti ni de brosser l'histoire de sa réception. On est alors mieux équipé pour comprendre les raisons qui font que Mort à Venise, près de cinquante ans après sa sortie, continue d'exercer sa fascination.

  • Cet ouvrage s'inscrit dans le contexte de la récente apparition de programmes de recherche en philosophie qui revendiquent explicitement une appartenance au domaine de la « philosophie sociale ». Il s'agit ici de préciser le ou les sens de cette appellation, et même d'abord d'en vérifier la simple pertinence.
    Quelle(s) définition(s) de la philosophie sociale est-il possible de donner, comment comprendre les rapports qu'entretient la philosophie sociale avec la philosophie politique ?
    La philosophie sociale veut en effet être normative mais sans oublier d'être descriptive, elle ne conçoit pas les individus indépendamment de leurs rapports sociaux, et elle est critique à l'égard de rapports sociaux qui empêchent l'épanouissement des individus. Aussi la philosophie sociale peut-elle désigner la tentative de surmonter quelques-unes des oppositions majeures auxquelles la pensée politique est souvent tentée de s'en tenir par commodité ou par habitude.

  • Si Casque d'or est avant tout une tragédie amoureuse, c'est aussi un chef-d'oeuvre de mise en scène dosant dialogues et silences, économisant les mouvements de caméra, instaurant une esthétique qui lui est propre et qui fera date. Non dénuée de critique sociale (le monde des petits truands est opposé à celui des bourgeois, la morale de la prostituée Casque d'or à celle de la femme prétendument honnête), le film se distingue d'abord par le réquisitoire lancé en faveur du bonheur contre le tragique de la vie, mettant à ce titre en scène le jeu d'une certaine fatalité.
    Le présent ouvrage se propose, en explorant les recoins de ce film mythique, d'en sonder philosophiquement la beauté et le sens.

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