Fabrice Flahutez

  • L'histoire (et la postérité) du lettrisme : une réévaluation critique des enjeux historiques d'une avant-garde aussi méconnue qu'influente.

  • «Je ne ferai, dans ce film, aucune concession au public.» C'est en ces termes que Guy Debord ouvre son film In Girum imus nocte et consumimur igni en 1978. La formule donne le ton de toutes ses oeuvres cinématographiques, où se mêlent regard rétrospectif sur son parcours de révolutionnaire et critique radicale de la Société du spectacle. À rebours de tout cinéma, Debord élabore ainsi, de 1952 à 1978, une oeuvre filmée unique en son genre, exigeante, corrosive.
    Le détournement, qui consiste à réemployer dans un contexte nouveau une production culturelle préexistante, permet à Debord de porter la contradiction au coeur même de la civilisation capitaliste : par l'image, il en exhibe la vérité cachée derrière ses mensonges.
    Ses films sont ainsi composés de nombreux documents visuels de nature et d'origine diverses : extraits de films, publicités, actualités, catalogues de vente, magazines de charme, reproductions d'oeuvres d'art, cartes et plans, photographies personnelles, etc. Cette collection reflète à la fois une époque et un regard porté sur elle.
    Debord y puise les images qui seront filmées au banc-titre, et y appose des calques où il reporte minutieusement des indications de cadrage et de montage.
    Cet ouvrage propose de présenter ces documents, souvent inédits. Ils reviennent sur la période des années 1960-1970, tout en exposant la technique de travail de Debord. Un essai introductif expose les procédés et les fins d'un art cinématographique singulier :
    L'essai s'appuie notamment sur les filles dévêtues qui peuplent les films de Debord pour y dire, selon un mouvement dialectique, la marchandise ou l'amour. L'ouvrage se veut un objet de référence sur le travail du cinéaste, mené par trois universitaires passionnés par cette oeuvre radicale. Il se veut aussi un livre qui donne la part belle aux illustrations en offrant des reproductions présentées dans un portfolio que des commentaires proposent d'éclairer en annexe : les pin-up et les étalages de nourriture du capitalisme marchand s'y frottent aux visages de ceux et celles qu'il a aimés et aux scènes de bataille qu'il détourne pour représenter le combat révolutionnaire. Les amateurs du cinéma de Debord trouveront là un matériau inédit propre à satisfaire toutes les curiosités, et ceux qui le découvrent seront guidés par l'appareil didactique de l'ouvrage pour pénétrer la fabrique d'un grand détournement dont la création contemporaine, dans tous les domaines, ne cesse de s'inspirer.

  • Pendant l'été 2014, le conflit entre l'Etat d'Israël et le Hamas, qui gouverne la bande de Gaza, prend un tour dramatique et aboutit à un bombardement intense de celle-ci et des tirs de missiles sur Israël. Afin d'exorciser le traumatisme de cette nouvelle guerre fratricide, l'artiste Joseph Dadoune prend la décision de dessiner chaque jour (du 8 juillet 2014 au 26 août 2014) une page de l'affrontement.

  • « Arts drogués » s'attache à parcourir les liens étroits que peuvent entretenir les productions artistiques avec l'usage des psychotropes, entendu ici dans son acception la plus large.
    Des Paradis artificiels de Charles Baudelaire aux artistes les plus récents, l'art et la création sont donc pensés sous l'angle de leur relation à des agents extérieurs et « modificateur de conscience ».
    Cet ouvrage convoque des chercheurs d'horizons disciplinaires très variés (histoire de l'art, musicologie, anthropologie, sociologie, arts plastiques, etc.) et s'inscrit dans un partenariat avec l'exposition « Sous influences, artistes et psychotropes » dont le commissariat a été assuré par Antoine Perpère à la Maison Rouge (Paris) en 2013.

  • L'art et le mythe entretiennent des liens de proximités parce qu'ils sont langages. Ils ont la particularité de se fonder sur l'échange entre celui qui fait et celui qui sait " écouter ". Art et mythe sont deux pôles qui suscitent de la part des hommes, des sentiments et des actions connexes, parce qu'ils se vivent. On cherchera moins à mettre en évidence l'illustration du mythe dans l'art que la circulation du mythe à travers l'art. Des conceptions Jungiennes d'une formulation préconsciente du mythe à la proposition structurale lévi-Straussienne, c'est tout un XX e siècle tourné vers la question d'une définition du mythologique. La filiation demande à être revisitée aujourd'hui tant les artistes et leurs problématiques continuent d'être en résonnance avec ces conceptions. De la peinture à l'installation, du théâtre à la pratique scénique et au cinéma, l'art ne cesse de produire des mythèmes qui s'inscrivent comme autant de perspectives.
    Qu'on pense à l'avènement de la modernité pour voir aux hasards de Kandinsky à Debord et de Brecht à Genet, toute une propension à construire une mythologie contemporaine propre à traduire et exprimer ce monde tout en le transformant. Le mythe est un cycle qui se répète et qui épouse les formes de la révolution et de la mutation, il n'est qu'une origine en devenir, portant en lui sa propre défaite. Pour exemples, Roger Caillois, Sigmund Freud, André Breton et même Georges Bataille poserons des bases théoriques, souvent conflictuelles, pour en comprendre les modalités de fonctionnement et l'art sera un terrain de prédilection pour en éprouver les outils méthodologiques.

  • Clovis Trouille ( 1889 -1975 ) . Volontairement subversive, l'oeuvre de Clovis Trouille se développe entre les années 1920 et 1975. Remarqué par les surréalistes, il revendique l'importance de ses sujets dans sa peinture. cet ouvrage réunit une sélection de toiles, parmi les plus emblématiques. Il évoque ses années de formation à Amiens, ainsi que sa bibliothèque en correspondance avec sa création picturale.

  • Le visage et le portait sont les deux points d'ancrage de la problématique abordée dans cet ouvrage. Ces termes révèlent une certaine classification dans la pensée occidentale, et ils traduisent en même temps leur relative fragilité. Que recouvrent aujourd'hui ces mots et quels contenus cachent-ils ? On découvrira que le portrait ou le visage restent deux régimes de valeurs, et bien qu'ils entretiennent des liens de fraternité, ils ont eu chacun leur propre fortune, parallèle et lointaine, antagoniste parfois, se rejoignant souvent. L'histoire de l'art doit revenir sur ces vocables incertains pour montrer qu'ils touchent de très près la question humaine et par conséquent la tête, la face, la figure, l'apparence, l'intériorité et pourquoi pas, l'identité. Les auteurs ont largement adopté une vision pluridisciplinaire, convoquant l'archéologie antique et médiévale, l'histoire de l'art de l'Antiquité à nos jours, l'anthropologie et une approche des médias variée qui associe sculpture, peinture, numismatique, livre illustré, affiche, architecture, textes, photographie et graphisme.

empty