Fouad Elkoury

  • Lorsqu'on imagine la photographie comme un moyen de se retrancher dans un univers peuplé de personnages à la fois graves et drôles, la guerre, comme cadre principal n'est pas vraiment compatible avec la photo.
    Cette première expérience était loin de coller à mes attentes. Pourtant je m'y accrochais comme celui qui, à peine rencontre-t-il une personne dont il pressent qu'elle pourrait devenir amie, lui raconte des faits marquants de sa vie, sans se soucier de produire une continuité, espérant qu'avec le temps, elle replacera les premiers dans leur contexte pour se faire une idée plus cohérente de son interlocuteur.
    C'était l'état d'esprit dans lequel j'opérais au début de la guerre. Je laissais les images venir à moi sans me soucier de leur pertinence, remettant à des jours plus calmes le soin de les mettre bout à bout et de comprendre ce qu'elles signifiaient.

  • De la guerre et de l'amour est une évocation intimiste et inspirée du Liban de 1982 à 2006. Basée sur le journal qu'a tenu Fouad Elkoury pendant les 33 jours de guerre au Liban durant l'été 2006, cette oeuvre est un jeu de miroir entre des photos de Beyrouth de cette période et celles prises en 1982. C'est une histoire d'amour. C'est une histoire de guerre. C'est une histoire d'amour en temps de guerre.

  • « Profitant de sa bonne humeur, je lui ai dit que j'avais décidé de faire un testament. J'ai commencé à lui en donner les grandes lignes quand il m'a interrompu :
    - Ecoute, tu es libre de faire ce que tu veux de tes biens. Tu sais bien que je ne m'y entends pas en affaires, elles ne concernent que toi.
    C'est toujours la même chose. Que s'imagine-t-il ? Qu'il sera libre après ma mort ?
    Qu'il pourra courir aux quatre coins du monde sans attaches ni responsabilités ? Il se trompe, l'héritage, il l'aura. Les biens de famille sont sacrés, c'est ainsi de génération en génération, je les ai repris de mon père qui les a lui-même eus de son père. Les affaires ne s'éteindront pas avec moi et, que ça lui plaise ou non, tous se tourneront vers lui une fois que je ne serai plus.
    - Si on parlait de mon épitaphe ?
    Sur le coup, il s'arrêta net :
    - Tu plaisantes !
    - Pas du tout.
    - Alors donne-moi quelques jours, le temps d'avaler l'idée.
    - Très bien, abordons la question de l'urne funéraire.
    - Quoi ? »

  • Passing time

    Fouad Elkoury

    • Kaph
    • 1 Septembre 2017

    Fruit d'un travail de recherche au long cours mené en étroite collaboration avec l'artiste photographe libanais, cet ouvrage luxueux et magnifiquement produit, qui rassemble 140 photographies inédites du Liban des années 1960 à nos jours (sélectionnées au coeur d'une archive de 50 000 images), constitue une traversée émouvante de la vie d'un pays - son environnement, sa destruction, sa reconstruction et sa survie -, à travers le regard singulier de Fouad Elkoury.
    « 19 mai 2016. Manal Khader me présente Fouad Elkoury avec une idée précise : lui demander un regard introspectif sur ses archives dormant depuis plus de vingt ans dans un meuble de son appartement parisien. Nous sommes intéressées par une partie de son travail : les photographies prises au Liban de 1962 à aujourd'hui. Plus qu'un témoignage, ces documents constituent un véritable patrimoine, pour l'instant enfoui dans la mémoire d'Elkoury.
    C'est le début d'un travail de recherche qui s'étend sur huit mois durant lesquels Manal Khader et Gregory Buchakjian, en collaboration avec l'artiste, se plongent au coeur de cette archive.
    Cet ouvrage n'est pas une rétrospective, mais plutôt une réflexion, une traversée, une bataille livrée par un poète. Fouad Elkoury documente de façon obsessionnelle son quotidien, qui est aussi le nôtre. Est-il conscient qu'il écrit l'histoire ? » Nour Salamé « Je ne me suis jamais posé la question d'une quelconque responsabilité dans mon travail. Je ne comprends pas pourquoi j'ai pris tant de risques alors que rien ne m'attirait dans la guerre. C'est pourtant grâce à elle que je suis devenu photographe. C'est elle qui m'a donné ma chance (...).
    J'ai fait autant de manifs que d'expos. L'art ne peut aider les réfugiés ni soulager la famine. » Fouad Elkoury Fouad Elkoury (né en 1952 à Paris, vit et travaille à Paris et Beyrouth) est un important artiste photographe du Moyen-Orient. Son premier reportage sur la vie quotidienne du Liban en guerre sera publié dans Libération. En 1984, il publie son premier ouvrage Beyrouth Aller-Retour. En 1991, il participe avec d'autres photographes à une mission photographique sur la ville dévastée de Beyrouth qui donne lieu à la publication de Beyrouth centre-ville et à une exposition au Palais de Tokyo à Paris en 1993. Le livre fera date dans l'histoire de la photographie. En 1997, il crée la Fondation Arabe pour l'Image. L'année suivante, il s'installe à Istanbul où, entre Est et Ouest, il commence une nouvelle quête photographique. Son nouveau travail Sombres sera exposé à la Maison Européenne de la Photo en 2002. L'exposition sera accompagnée d'un film Lettres à Francine et d'un livre chez Marval. A partir de ce moment, il alterne photo et vidéo ainsi qu'écriture, avec la sortie en 2004 de son premier livre de texte pour les éditions de l'oeil Neuf La Sagesse du Photographe.

  • À la demande de son fils, Fouad Elkoury, photographe libanais, revient sur les images qui ont marqué sa carrière. À travers trente mails, chacun accompagné d'une photographie, les souvenirs affleurent peu à peu : la guerre, l'exil, le Moyen-Orient, la poursuite de ses convictions de photographe, la naissance de son fils... Dans une langue intime, avec les illustrations de Lamia Ziade en contre-chant, Lettres à mon fils compose le portrait original d'un artiste et d'un père.

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