François Piron

  • A la fois monographie et livre d'artiste plutôt que simple catalogue d'exposition, cette publication inscrit un volume de textes à l'intérieur d'un cahier d'images constituant un projet photographique spécifique de l'artiste. Le livre comprend également un ensemble de descriptions d'oeuvres par l'artiste, ainsi qu'un entretien dans l'atelier avec Marco Bene, son assistant.

    La matière est sur le point de disparaître, étouffée par la prédominance des images numériques qui s'accroissent exponentiellement pour se faire plus grandes que nature, « comme un gant de velours coulé en acier ». Cette monographie tient lieu de boîte à outils, dédiée à la reconstruction posthume d'objets d'art, à savoir les oeuvres de l'artiste Alexandre Estrela. Celles-ci ont été assemblées pour constituer Métal Hurlant, la dernière exposition organisée à la délégation de la Fondation Calouste Gulbenkian à Paris.
    Les textes de Sergio Mah, Sophie Cavoulacos, Miguel Magalhães, François Piron, Joël Vacheron et Marco Bene sont le résultat d'études couvrant l'ensemble de l'oeuvre d'Estrela. Ils jouent le rôle d'un guide de visite explorant les différentes facettes du concept de métal, de ses propriétés visuelles, sonores et haptiques jusqu'aux impacts psychiques et physiologiques des discordances de sa perception.

    Publié à l'occasion de l'expositon éponyme à la Fondation Calouste-Gulbenkian, Paris, du 13 mars au 16 juin 2019.

    Depuis le milieu des années 1990, Alexandre Estrela (né en 1971 à Lisbonne) défend activement la vidéo et le cinéma expérimental. Située à la croisée de l'image en mouvement, de la sculpture et de l'art acoustique, son oeuvre interroge les relations entre le thème et l'image.
    Alexandre Estrelaa étudié à la School of Visual Arts de New York. Dans cette même ville, il a effectué une résidence dans le cadre de l'International Studio & Curatorial Program. Il est également diplômé en peinture de la Faculté des Beaux-arts de Lisbonne, où il enseigne actuellement. Il a réalisé des expositions personnelles au musée de Serralves (Meio Concreto, Porto en 2013), au Musée national centre d'art Reina Sofía (Pockets of Silence, Madrid en 2015-2016), ou au M HKA (Roda Lume, Anvers, en 2016). Il est responsable de l'espace Oporto, à Lisbonne, où il organise des projections de films expérimentaux.

    Voir aussi Alexandre Estrela & João Maria Gusmão & Pedro Paiva.

  • Mangelos

    François Piron

    Un aperçu de l'ensemble de l'oeuvre d'une figure essentielle de la scène artistique d'avant-garde yougoslave des années 1960, avec trois essais et les carnets pour la plupart inédits de l'artiste.
    Cette nouvelle monographie contient un essai de l'historien serbe Ješa Denegri sur le travail de l'artiste, une analyse des relations entre mangelos et l'oeuvre de son père, Ilija Bašicevic, par Ivana Bašicevic, et une interprétation de la philosophie de l'histoire de mangelos, par François Piron. Le livre recouvre l'ensemble de son oeuvre, en mettant l'accent sur ses cahiers et ses carnets, dont la plupart sont reproduits pour la première fois.

    Aujourd'hui considéré comme une figure essentielle de la scène artistique d'avant-garde yougoslave des années 1960, mangelos est le pseudonyme sous lequel le critique et historien d'art yougoslave Dimitrije Bašicevic (1921-1987) a réalisé, sa vie durant, une oeuvre qu'il n'a rendue publique qu'à partir des années 1970. Les peintures et carnets de mangelos sont des tableaux noirs sur lesquels il inscrit poèmes cryptiques, citations, manifestes et fragments philosophiques qui sont l'expression des doutes ironiques et tragiques de l'historien, qui oppose à la figure de l'artiste moderne celle de l'homme naïf. L'oeuvre de mangelos, issue de l'expérience de la guerre, est une entreprise de contre-éducation, pour se défaire de l'emprise des idéologies sur la langue.

  • Le double catalogue de la 5e édition de la biennale : vingt-neuf artistes internationaux ont été invités à construire une exposition qui met au premier plan l'expérience sensible des oeuvres en réaction aux idéologies et systèmes régis par le monde économique. L'ouvrage invite à reconsidérer les forces d'émancipation qui résident dans la résistance, l'opacité, la part de négativité affirmées dans les oeuvres produites et réunies pour l'exposition.

    Le catalogue de la 5e édition de la biennale se compose de deux volumes au format poche, l'un de textes, l'autre d'images. Conçus ensemble par François Piron, Marie de Gaulejac et le graphiste Roman Seban, ils constituent à la fois un approfondissement du propos curatorial de la biennale et une documentation iconographique de toute l'exposition, réalisée par le photographe Aurélien Mole.
    Le volume de textes est constitué de trois entretiens menés et introduits par François Piron, commissaire de la biennale :
    Un premier entretien avec les jeunes chercheurs Adrien Abline et Elza Clarebout à l'Université de Haute Bretagne développe et met en perspective les questions posées par l'approche curatoriale de la biennale : questions politiques, éthiques et esthétiques ; réflexions sur les possibles subjectivations dans des contextes fortement marqués par les paramètres politiques et économiques.
    La réflexion sur les affects économiques, et autres conséquences de l'économie sur les existences, est développée dans un entretien croisé entre Vincent de Gaulejac et Maurizio Lazzarato, qui y décrivent, à partir de points de vue distincts, la manière dont l'économie libérale, son idéologie et son discours, se constituent en hégémonie naturelle et se constituent, implicitement, en pouvoir politique invisible mais tangible.
    Une conversation entre Yves Citton et Vinciane Despret, tous deux intéressés par les affects irrationnaux, aborde la question des affects contemporains, à travers diverses notions telles que la perte de la singularité, la relation à l'autre à travers les interfaces technologiques, et les relations de croyance entretenues avec les technologies elle-mêmes.
    Afin de constituer une mémoire de l'exposition comme parcours d'oeuvres dans treize lieux à Rennes, Brest et Saint-Brieuc, le volume d'images est une documentation réalisée par le photographe Aurélien Mole, qui restitue non seulement les oeuvres produites par les artistes invités à la biennale, mais aussi l'accrochage et les relations entre les oeuvres en situation.

    Publié à l'occasion de la cinquième Biennale d'art contemporain de Rennes, du 1er octobre au 11 décembre 2016 (www.lesateliersderennes.fr).

    Oeuvres de Ed Atkins, Babi Badalov, Ismaïl Bahri, Eva Barto, Camille Blatrix, Maurice Blaussyld, Jean-Alain Corre, Trisha Donnelly, David Douard, Michaela Eichwald, Jana Euler, Jean-Pascal Flavien, Aaron Flint Jamison, Michel François, Melanie Gilligan, Karolina Krasouli, Laura Lamiel, Klaus Lutz, Mark Manders, Mélanie Matranga, Anna Oppermann, Jean-Marie Perdrix, Jorge Queiroz, Anne-Marie Schneider, Liv Schulman, Lucy Skaer, Thomas Teurlai, Darielle Tillon, Anne-Mie van Kerckhoven.

    Voir aussi Les Ateliers de Rennes - Valeurs Croisées (2009) ; Les Ateliers de Rennes - Ce qui vient (2010).

  • Peintre et inventeur, Eugène Frey (1863-1930) a développé en même temps que les pionniers du cinéma des techniques inédites de décor animé pour le théâtre. Aujourd'hui, l'artiste João Maria Gusmão réinterpète ces techniques et les recontextualise aux côtés de Loïe Fuller, Georges Méliès, Lotte Reiniger... Première publication consacrée à l'oeuvre d'Eugène Frey, le somptueux catalogue de l'exposition au Nouveau Musée national de Monaco présente les textes de Stéphane Tralongo (université de Lausanne) et Laurent Mannoni (Cinémathèque française), ainsi qu'une oeuvre de fiction par João Maria Gusmão.

    Artiste oublié de l'histoire de l'art et de la scène, le jeune peintre Eugène Frey (Bruxelles 1863 - Courbevoie 1942) inventa en 1900 la technique des « Décors lumineux à transformations » - un système complexe de projections lumineuses combinant techniques picturale, photographique et cinématographique, qui permettait de conférer aux décors de scène de multiples variations de couleurs, de lumières et de formes, mais aussi d'y intégrer des images en mouvement. Il développa ce procédé unique sur la scène de l'Opéra de Monte-Carlo, entre 1904 et 1938.
    Dans la volonté de redécouvrir l'oeuvre prolifique d'Eugène Frey, le NMNM a invité l'artiste João Maria Gusmão à réinterpréter la technique des Décors lumineux. Assimilant sa recherche à une enquête métaphysique sur le terrain des médias analogiques expérimentaux, détournant au passage le vocabulaire de pionniers du cinéma (tels Eadweard Muybridge) ou de physiciens et philosophes des sciences (James Clerk Maxwell, Ernst Mach), João Maria Gusmão a élaboré une installation scénographique composée de multiples projecteurs de diapositives modifiés. Synchronisées dans les différents espaces de la Villa Paloma, ces projections réactivent les différentes techniques d'animation utilisées par Frey, sous la forme d'un « micro-cinéma en lumière continue ».
    Au fil de ce parcours pré-cinématographique, l'exposition confronte différents projets décoratifs d'Eugène Frey aux créations expérimentales de nombreux autres inventeurs, des premières années du XXe siècle jusqu'à nos jours, parmi lesquelles : les pièces d'ombres de Caran d'Ache; le théâtre mécanique de l'artisan-horloger Emmanuel Cottier ; le théâtre d'ombres de l'artiste Hans-Peter Feldmann et les performances de Lourdes Castro ; les films de silhouettes créés par Lotte Reiniger ou Michel Ocelot ; les expériences fantasmagoriques de Georges Méliès, Alexandre Alexeïeff et Claire Parker ou encore Jean Hugo ; les chorégraphies lumineuses de Loïe Fuller et les installations de Gusmão + Paiva.
    João Maria Gusmão présente cette première monographie consacrée à l'oeuvre d'Eugène Frey. L'ouvrage contient également des textes de Stéphane Tralongo, professeur de cinéma à l'université de Lausanne et de Laurent Mannoni, directeur des collections scientifiques de la Cinémathèque française.

    Publié à l'occasion de l'exposition « Variations. Les décors lumineux d'Eugène Frey présentés par João Maria Gusmão », Villla Paloma, Nouveau Musée national de Monaco, du 7 février au 30 août 2020.

  • " ce n'est pas une civilisation qui s'achève, mais une nouvelle qui commence " celle de la transparence, programmée par le poète allemand paul scheerbart dans son manifeste architecture de verre en 1910.
    La transparence, valeur invariablement positive, traverse tous les champs de la pensée, par-delà les idéologies, et constitue une clé de lecture de notre temps, en termes psychologiques, philosophiques, sociaux, économiques et politiques. ce livre, outre une nouvelle traduction française du texte visionnaire de paul scheerbart, offre une série d'entrées parallèles dans cette notion de transparence et documente intégralement l'exposition réalisée par guillaume désanges et françois piron à lavilla arson, nice : intouchable (l'idéal transparence).
    Une exposition qui, à travers une sélection d'oeuvres majeures issues de l'art contemporain des quarante dernières années, propose une immersion dans la transparence, et construit un parcours idéel et sensuel sur les rapports entre transparence, réflexion et opacité, dans un mouvement qui mène de l'idéal à ses dévoiements.

  • Les actes du colloque " Image et politique " montrent, à l'évidence, la nécessité de la confrontation des positions de penseurs d'origines et de disciplines différentes.
    Le débat d'un historien et d'un philosophe, d'un sociologue et d'un artiste est riche de ces frictions qui obligent à préciser les questions, les enjeux. Le rapprochement des expériences, les convergences de points de vue à partir de méthodologies différentes et la présence de quelques provocations évitent les pièges bien-pensants de certains traditions strictement universitaires. En juillet 1997, à Arles, on a débattu avec passion, avec passion, avec un mélange de culture savante et de réactions viscérales, sur le pouvoir, sur la représentation, sur l'enjeu des images dans l'histoire, aujourd'hui et pour demain.

  • Un sentiment persistant sous-tend cet ouvrage et l'exposition qu'il accompagne : c'est par ses marges que la France a produit ce qu'elle a de meilleur. Au sortir des années 1960 et jusqu'à la fin des années 1980, une génération est marquée par la « pensée 68 », qui mêle toutes les libérations politiques, sociales, esthétiques et de modes de vie, sur fond de crise sociale et économique grandissante. Cette situation paradoxale affecte différentes formes de contre-culture où les arts populaires (rock, bande dessinée, presse, télévision, graffiti, etc.) influent sur les champs plus traditionnels de la culture en les subvertissant.
    Or, il semble qu'un esprit particulier souffle sur cette nébuleuse : alliage d'idéalisme et de nihilisme, d'humour caustique et d'érotisme, de noirceur et d'hédonisme. Du sabotage de l'identité nationale aux libérations sexuelles, des contre-éducations aux soirées du Palace, de la figuration narrative à la violence graphique de Bazooka, des éditions Champ Libre aux radios libres et de Hara Kirià Bérurier Noir, ce livre aborde, à travers des textes inédits, tous les champs de la création. Richement illustré, il dresse une cartographie subjective de postures minoritaires et dissidentes qui ont en commun d'avoir échappé aux prescriptions de la culture officielle. Il importe moins de décider si cet « esprit français », insolent et destructeur, crâneur et festif, relève de l'invention de concept ou s'il préexiste à cette étude, que de regarder ce qu'il produit en tant qu'hypothèse pour réveiller les consciences et les désirs aujourd'hui.

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