La Bibliotheque

  • Lorsque Montaigne écrit : « Quand je me joue à ma chatte, qui sçait si elle passe son temps de moy plus que je ne fais d'elle ? » (Essais, livre II, chapitre 12), il introduit deux éléments dans la relation entre humains et animaux : la dimension du jeu, qui suppose une conscience avancée de la fiction et du faire-semblant, et la dimension de l'altérité et de la réciprocité des points de vue.
    Françoise Armengaud prend pour point de départ ces quelques lignes que Montaigne consacre à sa chatte pour explorer les écrits et la pensée du philosophe du point de vue de sa chatte. C'est en quelque sorte Montaigne « revisité » par un petit félin qui se révèlera parfois fort impertinent.
    Le « pitch » de cette fantaisie-fiction est la découverte par le chat Archibald (chez qui habite FA) du manuscrit des Mémoires de Pelote, ladite chatte. Cette chatte était jusqu'ici une parfaite inconnue. L'auteure lui donne voix et figure en écrivant son histoire, et en nous mettant sous les yeux la vie de Montaigne telle qu'elle la partage avec lui, ainsi que sa philosophie et sa sagesse.Cette chatte ne pouvait être que Chatte de Bibliothèque. Elle vit dans la « librairie » de la tour du château.
    C'est pour Montaigne une observatrice et une partenaire qui ne se prive point de bouffonner. Le dernier chapitre présente, à la manière anglo-saxonne, un portrait de Montaigne « en chat » : as a cat.
    Cette fantaisie doit réjouir le lecteur, mais, bien qu'agrémentée de nombreux entrechats, c'est une fantaisie érudite et sérieuse : la plupart des points concrets sont historiquement avérés (une fois admis l'anthropomorphisme du récit félin).

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