Francois Dermange

  • Calvin doit-il être vu comme le père de la démocratie ou de la théocratie, celui du capitalisme ou de la justice sociale, le défenseur de la grâce ou d'une théologie des oeuvres ? Cet ouvrage a la volonté de faire le point en restituant l'éthique du Réformateur dans sa matrice théologique. On s'aperçoit alors que Calvin ne défend pas une éthique mais trois, selon qu'on la regarde du point de vue du Créateur, du Christ ou de l'Esprit saint. Se trouvent alors levées bien des apories apparentes et dégagé un rapport au sens de l'existence, à l'économie et au politique qui font voir le Réformateur sous un jour nouveau.

  • Jamais le libéralisme économique n'aura été si victorieux et en même temps si contesté, acculé à apporter la preuve de sa justice, par-delà son efficacité.
    Ses défenseurs répondent en invoquant la fameuse main invisible d'Adam Smith (1723-1790), censée commuer l'intérêt individuel en bienfait social. Ce livre propose d'en faire l'analyse critique à partir de l'oeuvre même d'Adam Smith, dont on oublie trop souvent qu'il fut moraliste et théologien. On s'aperçoit alors que la main invisible n'est que l'ultime recours d'un homme désespéré par l'impossible conciliation naturelle de la justice et de l'économie.
    La main invisible, c'est la Providence sage et bonne qui doit pouvoir faire servir l'injustice au bien des hommes. Si ce modèle théologique ne tient pas, sa version sécularisée dans le marché est tout aussi inacceptable. Il reste alors à repenser le défi posé par Smith de tenir ensemble l'éthique, l'économie et la théologie, à travers une éthique de la responsabilité, qui récuse tout mécanisme sacrificiel.

  • Comment les protestants rendent-ils leur culte à Dieu? Si les différents moments du culte sont fixés depuis longtemps, leur sens n'est pas toujours clair aujourd'hui, y compris pour les protestants eux-mêmes.

    Ce livre, qui réunit des auteurs divers autour des enseignants de la Faculté de théologie de l'Université de Genève, se propose de faire le point. Il reprend les différents moments liturgiques du culte, en interroge le sens et en sonde la pertinence pour la vie communautaire des croyants.

    Avec les contributions de Frère Alois, Hans-Christoph Askani, Simon Butticaz, Leopoldo Cervantes-Ortiz, Christophe Chalamet, Meehyun Chung, François Dermange, Andreas Dettwiler, Olivier Fatio, Chris Ferguson, Michel Grandjean, Angela Dienhart Hancock, Nico Koopman, Jean-Daniel Macchi, Félix Moser, Élisabeth Parmentier, Bernard Rordorf, Vincent Schmid, Sarah Scholl, Sarah Stewart-Kroeker, Ueli Zahnd et Benoît Zimmermann.

  • Alors que l'islam est au coeur de l'actualité, souvent dramatique, et nourrit les peurs partout en Europe, très peu de voix se font entendre pour offrir une analyse lucide et sans complaisance, et surtout proposer des solutions qui sortent de la polémique. Dans ce livre, trois personnalités réfléchissent à la place et à l'avenir de l'islam au sein des démocraties européennes : Yadh Ben Achour, juriste et personnalité majeure de la transition démocratique en Tunisie, Olivier Roy, islamologue mondialement connu, et François Dermange, professeur d'éthique et spécialiste des questions religieuses, proposent une vision débarrassée de tout fantasme et de tout angélisme qui permet de mieux comprendre les enjeux de la place des musulmans en Europe, et les conditions d'une intégration réussie. Un livre fort et indispensable en ces temps troublés.

  • Comment se posent aujourd'hui les rapports de l'éthique et du droit ? L'un et l'autre se sont longtemps chacun repliés dans leur monde propre : d'un côté, le champ des actes observables et la justice extérieure du tribunal ; de l'autre, le champ des mouvements de la volonté et du tribunal intérieur de la conscience.
    Mais la complexité des questions contemporaines oblige aujourd'hui à redéfinir les positions. Par-delà la juridisation de l'éthique et l'éthicisation du droit, cet ouvrage observe la manière dont les frontières se déplacent en divers lieux de la vie sociale : des sciences sociales aux comités d'éthiques, en passant par le droit de la famille et les régulations du travail. En outre, quatre interventions montrent comment la tradition biblique et le protestantisme continuent à reposer la question du rapport de l'éthique et du droit.

  • Avec le retrait des institutions religieuses traditionnelles de l'espace public surgit la question de la manière dont il faut réguler socialement le religieux aujourd'hui et avec qui. Le retour des religions dans l'actualité sous des formes violentes ou conservatrices indique que le processus de sécularisation dont on pensait qu'il allait positivement aboutir ne donne pas les résultats escomptés. Cet ouvrage collectif prend acte de cette évolution et propose un certain nombre de questions : qu'est-ce que la liberté religieuse aujourd'hui ? L'intégration des musulmans est-elle possible en Suisse et ailleurs ? Comment gérer le religieux dans l'instruction publique et les institutions pénitentiaires ? Les marqueurs identitaires du religieux sont-ils vraiment incompatibles avec la dimension laïque des démocraties ? Treize chercheurs internationaux - éthiciens, sociologues, anthropologues et théologiens - sont réunis dans cet ouvrage pour nourrir un débat essentiel et urgent.

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