Georges Depeyrot

  • La colonne de trajan est un des monuments les plus spectaculaires de rome dont elle symbolise la puissance militaire.
    Elle fut l'oeuvre d'apollodore de damas, l'un des plus célèbres architectes romains, et s'intégrait dans le forum qu'il fit édifier pour trajan. la très longue frise raconte les deux campagnes de conquête livrées par les troupes romaines pour annexer la dacie (la roumanie actuelle). en 140 scènes de longueur inégale, sont détaillés les principaux événements de cette guerre, les déplacements des troupes, les batailles, mais aussi les tractations, les sièges des villes, les pillages et les affrontements de cavaleries.
    C'est un témoignage des plus précieux pour l'étude de l'armée romaine en action. bien plus précis que tous les témoignages littéraires, les graveurs ont montré les divers corps d'armée : les prétoriens, les légionnaires, les auxiliaires et les troupes étrangères au service de rome. c'est aussi un enregistrement des moindres détails des équipements militaires. l'opération militaire comprenait plusieurs sortes de navires, les uns de haute mer, les autres fluviaux ; des transports d'armes lourdes ; des chariots ; des balistes, etc.
    Chaque étape donnait lieu à une construction de camp fortifié dont la colonne montre les méthodes d'édification. c'est enfin un témoignage sur la tactique militaire romaine : il est possible de distinguer les interventions et les domaines de compétence spécifiques des légionnaires, ceux des auxiliaires, mais aussi de remarquer le rôle majeur joué par la cavalerie, qu'il s'agisse des auxiliaires ou des contingents maures qui emportèrent la victoire.
    La colonne détaille aussi les soldats daces et leurs alliés. elle constitue une mine d'informations sur les habitudes militaires des peuples du barbaricum ainsi que sur leur mode de vie, leurs villes, leurs fortifications, etc. les scènes sont toutes décrites et illustrées.

  • La colonne de Marc Aurèle, construite par son fils Commode, raconte, comme celle de Trajan, les victoires impériales.
    Ce sont, en fait, les derniers moments d'un Empire conquérant, capable de mener de vastes opérations offensives. Parties des rives du Danube, les légions partent à la poursuite des Barbares d'Europe Centrale.
    La colonne ne raconte pas toute les guerres de Marc Aurèle, mais uniquement quelques années, celles où est associé son fils, le futur empereur Commode.
    Les gravures nous présentent une armée romaine très différente de celle de Trajan. Davantage d'auxiliaires, des soldats portant de longues épées, des cottes de mailles. L'adversaire est plus difficile à vaincre, capable de défaire ou d'assiéger les Romains. La diversité des tribus montre une Europe centrale en pleine recomposition.

    L'ouvrage présente l'intégralité des scènes de la colonne. La narration est découpée en 126 scènes, toutes illustrées et commentées.
    Un chef d'oeuvre de la sculpture romaine, un document d'époque exceptionnel.

  • Les cinq siècles qui s'étendent de la fin de l'Empire romain à celle de l'Empire carolingien sont caractérisés par une économie basée sur la propriété rurale, la guerre, la faiblesse des échanges et le rôle réduit de la monnaie.
    C'est la période des rois mérovingiens aux petites propriétés et des incessantes guerres civiles, suivie par l'unification politique, monétaire et fiscale des Carolingiens. C'est aussi la période des dernières grandes invasions barbares, puis, plus tard, celle des vastes raids des Vikings. A partir d'une abondante documentation dont le lecteur trouvera de nombreuses citations et références, l'auteur étudie l'ensemble des faits socio-économiques et dresse un bilan des connaissances.
    Une cinquantaine de thèmes sont regroupés en six chapitres (la société, la guerre, l'occupation du sol, la vie économique, la monnaie, l'église) en distinguant les périodes mérovingiennes et carolingiennes. Un chapitre conclusif met en perspective l'ensemble des évolutions.

  • Si la monnaie a été inventée par les Grecs, ce furent les Romains qui en généralisèrent l'usage en Méditerranée occidentale, puis l'imposèrent à l'ensemble du monde antique.
    Au cours de ces années de développement de l'économie monétaire le rôle des espèces se transforma. À la fonction économique s'ajouta une fonction politique en devenant le vecteur et le relais de la propagande d'abord de la République, puis des empereurs. Le numéraire romain enregistre, en contrepartie, les crises économiques et politiques du moment : inflation, augmentation des rythmes de production, frappes d'usurpateurs, contre- façon, démonétisation sont des faits et des notions qui apparaissent dès l'époque romaine.
    Plus qu'un objet de collection, la monnaie représente une source fondamentale pour l'histoire romaine. La numismatique constitue un outil moderne et en permanente évolution pour la recherche.

  • Les monnaies racontent l'histoire de l'Empire romain. De ses débuts à sa fin, les empereurs y figurent les faits marquants de leur règne : leurs victoires et les monuments qu'ils firent édifier. Les monnaies, seul média à l'époque qui véhiculait des messages dans un empire immense, permettaient à chaque habitant de visualiser des événements qui pouvaient se dérouler à des milliers de kilomètres du lieu où il habitait, et de connaître le visage de l'empereur qui dirigeait le monde.

  • La numismatique, une des plus anciennes disciplines auxiliaires de l'histoire, a connu en quelques décennies une série de changements méthodologiques, généralement issus d'autres disciplines, comme l'étude des poids ou des alliages, la reconstitution des circonstances des émissions (les études de coins), l'examen de la technologie monétaire.
    Le développement de l'archéologie a aussi contribué à changer le regard des historiens sur la monnaie. L'objet des collections traditionnelles est devenu un témoin privilégié des échanges économiques, des crises politiques et sociales, des invasions, qu'il s'agisse de la monnaie isolée ou du trésor. Enfin, l'histoire des mentalités a permis de trouver dans le numéraire un nouveau domaine d'étude : la propagande ou la représentation impériale.
    Georges Depeyrot, chercheur au Centre National de la Recherche Scientifique, fait dans cet ouvrage le point sur les approches rénovées et sur les différents regards qui se portent désormais sur la monnaie. Ce travail s'adresse donc à ceux qui, amateurs ou collectionneurs, souhaiteraient connaître un état des nouvelles découvertes et des futures orientations scientifiques.

  • Silhouettes familières des Causses du Quercy, les cabanes en pierre sèche demeurent les témoins de l'ancienne vie rurale sur ces plateaux calcaires. Elles disent l'âpreté du pays, où les terres cultivables étaient conquises en débarrassant le sol, année après année, des pierres qui le rendaient stérile. Les caselles, érigées en pierre sèche sans aucun ciment, utilisent une des plus vieilles techniques architecturales du monde, l'encorbellement. Ce procédé consistant à donner à chaque assise une légère saillie par rapport à l'assise inférieure permet de créer une voûte qui constitue le toit de la pièce unique. Ces constructions, qui servaient rarement d'habitat permanent, furent utilisées comme abris pour les bergers et les cultivateurs, ou comme bâtiments annexes dans les fermes. Elles incarnent le souvenir d'un temps où, sur les Causses, vivait une communauté paysanne nombreuse, qui exploitait chaque parcelle de terre.

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