Gilles Lades

  • Le Quercy, dont les limites ont peu varié depuis l'Antiquité, est un des pays de France sur lesquels le Temps ne semble pas avoir de prise : son âpre relief, ses vastes bois de chênes, ses vallées lumineuses bordées de falaises conservent et soulignent la trace de l'homme. Il n'est donc pas étonnant que le Quercy soit ressenti, selon la parole de Pierre Dhainaut, comme un «pays de rémanence», qui génère des impressions durables. Beaucoup, s'étant éloignés, ont gardé son image au coeur ; ce fut le cas pour le troubadour Uc de Saint-Cirq, pour Clément Marot, plus récemment pour Yves Bonnefoy, dont l'oeuvre se fonde largement sur ses étés d'enfance à Saint-Pierre Toirac, ou encore pour Jean Malrieu qui, à Marseille, pensait ardemment aux gorges de l'Aveyron. Cet ouvrage présente les auteurs de langue française et occitane sur la longue durée (des Troubadours au 20ème siècle) proposant une mise en relation des oeuvres et d'un lieu, pour un dialogue ininterrompu.

  • Rocamadour attire de toute l'Europe fidèles et pélerins autour de son sanctuaire de la Vierge Noire, à mi-hauteur du grand rocher du Val d'Alzou. Ce ruisseau, qui a la particularité d'être intermittent, donne à la vallée des couleurs d'oasis.
    Cette ville médiévale est secrètement entourée par un défilé, le "Val Ténébreux" et par deux gouffres en aval : Cabouy et Saint-Sauveur. Le second à veille plus particulièrement l'idée de l'insondable.
    Ces lieux saisissants, générateurs d'expériences originaires comme l'effroi et la fascination, environnent d'étrangeté un sanctuaire connu comme un théâtre de pierre qui magnifie les volumes initiaux du canyon et comme une pensée théologique invitant, à travers la riche histoire du pélerinage, à une double postulation chrétienne : l'élévation et le recueillement.

  • Fleur frêle, fleur première.
    Fraîche comme un verre d'eau.
    Sur la brûlure du labeur.
    Comme une épaule de nouveau-né.
    Dans le berceau de bois léger.
    Le blanc.
    Vainqueur du givre et du gel.
    Sauve tout le vert à venir.

  • Dans le chemin de buis

    Gilles Lades

    • Tertium
    • 3 Janvier 2008

    « la Braunhie? on le prononce Brôgne, et se lèvent alors des chênes sans fin, tenaces, tortueux, une dense forêt venue tout droit d'avant même l'Histoire, accrochée sur le dôme qui domine les causses en plein coeur du lot. Braunhie, cet enclos de légendes, ce labyrinthe de crevasses, de vallons secs, de sentiers à fleur d'herbe. » Deux récits, deux personnages: Campriel, le berger qui parcourt et médite sans fin le lieu de son existence, et le pêcheur anonyme penché sur les eaux du Célé.

  • Lente lumiere

    Gilles Lades

    Poème sur l'attente de la lumière, ce recueil présenté en deux parties, s'applique à cerner au plus près une expérience d'assèchement, d'abandon, d'absence, de douleur abrasive et désespérante (Un gris violent), avant de traduire le passage de la perte à un flux intérieur partiellement restauré (Pierre à pierre).
    Cette inversion positive est liée à une attente anxieuse de la lumière et à son progrès salvateur, d'où le titre d'ensemble.
    Le paysage et le corps se confortent mutuellement dans le retour au sentiment d'identité et à l'accueil de la clarté annonçant les jours à bâtir.

  • Les textes sont accompagnés de la reproduction d'une encre de SIlvaine Arabo.

    Gilles Lades est né en 1949 à Figeac. Professeur de Lettres jusqu'en 2011. Enfance et adolescence partagées entre la région toulousaine et le Quercy, dont les paysages marquent son imaginaire. A beaucoup voyagé en Europe, particulièrement en Italie.

    Auteur de nombreux ouvrages de poésie. Parmi ses dernières publications : Lente lumière, L'Amourier, 2001 ; Le temps désuni, Sac à mots, 2005 ; Témoins de fortune, L'Arrière-pays, 2010 ; Damier du destin, Encres Vives, 2010 ; Au bout des pas la source, éd. Trames et La Porte, 2014 ; Chemins croisés, La Porte, 2015. Prix Froissart 1987 et Antonin Artaud 1994.

    En prose, récits : Dans le chemin de buis (Le Laquet, 1998) ; Sept Solitudes (Le Laquet, 2000) ; textes de critique, études de paysages : Les vergers de la Vicomté (Tertium, 2010) ; Quercy de ciel de roche et d'eau (Tertium, 2015).

    Gilles Lades fait partie des comités de rédaction des revues Encres Vives et Friches.

  • Un livre comme un bouquet, de Graines et de Fleurs. Un cycle dont la simplicité apparente contient le coeur même de notre survie.
    Un livre simple et riche de la beauté d'une nature très inspirée, comme est le travail de Nathalie Pouillault-Boyaval.
    Un livre qui nous offre également les mots de Gilles Lades, un merveilleux poète observateur du vivant. Il sait nous transmettre l'extraordinaire magie de cette vie dont nous dépendons :

    Rose De rose en rose le temps devient la presque rose la plus haute la pourpre encore à la merci du rien glacial...

  • Traduire la singularité et la richesse des paysages du Quercy historique, campagnes façonnées par l'homme, habitat traditionnel, architecture des cités - en privilégiant l'émotion du lieu - qui mieux que Gilles Lades et le photographe Guy Kunz-Jacques pouvaient croiser le verbe et l'image pour nous convier à une aventure exaltante, irremplaçable : sa perpétuelle redécouverte ?
    Le Quercy historique, rappelons-le, inclut l'actuel département du Lot, mais aussi Moissac, Montauban et Caussade, jusqu'aux rives de la Garonne, du Tarn et de l'Aveyron. Des confins de l'Auvergne à la plaine aquitaine, le Quercy renouvelle son socle et ses profils : le Ségala granitique et schisteux, où les ravins multiplient les ruisseaux, les Causses, rocailleux et boisés, scandés de falaises et de l'éclatant damier des vallées, le Quercy Blanc, lumineux de craie, les Serres tarn-et-garonnaises, vouées aux longs labours sous les bosquets des crêtes, enfin la plaine du sillon garonnais.
    L'écriture comme la photo soulignent les contrastes du territoire, épousent ses insensibles variations ; les auteurs se sont également attachés à traduire les résonances nées de sa contemplation, à manifester son pouvoir sur l'imaginaire. Tout paysage, et celui du Quercy en particulier, nous façonne, nous communique sa vie profonde et nous invite au voyage intemporel.

  • Des années 800 jusqu'à la date de 1738, la Vicomté de Turenne fut un territoire quasiment indépendant. Elle réunissait des contrées contrastées autour de la puissance vitale de la Dordogne.
    Ce livre peut se lire comme un guide et un carnet de voyage où le regard se focalise avant de s'ouvrir à l'ampleur panoramique, mais aussi comme une promenade littéraire en compagnie notamment de Maynard, Fénelon, Loti, Colette, Vitrac, ou encore et plus particulièrement comme une approche des lieux à l'aune de l'imaginaire. En effet, ces pages voudraient faire partager la conviction que la découverte du paysage est une conquête sur les routines du regard et une exaltante aventure intérieure.

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