Henri-François Debailleux

  • Fabien Verschaere développe un univers grouillant à la fois ludique, étrange et mystérieux.

    Ses installations, ses peintures et ses sculptures convoquent l'imagerie médiévale, la culture populaire, la bande dessinée, le monde de l'enfance et la psychanalyse. Son travail est prolifique car il répond à une urgence non dissimulée. Le dessin et l'aquarelle sont les éléments fondateurs de la démarche de Fabien Verschaere et, quand il passe à la troisième dimension, c'est pour renouer avec le contact direct et tactile du jouet, pour mieux approcher les contes de fées et ses princesses et surtout ses monstres dans lesquels il s'incarne. Le musée d'Art Moderne de Saint-Etienne Métropole expose Fabien Verschaere du 14 juin au 21 septembre 2014. A cette occasion, les Editions Nicolas Chaudun publient son catalogue.

  • Pour promouvoir la beauté inconnue de la péninsule coréenne Shinan, le photographe Bae Bien-U a été choisi pour réaliser un portrait photographique de la province.
    «Le photographe met l'accent sur la relation entre l'Homme et la nature. La communion avec la nature est le leitmotiv de l'oeuvre photographique de Bae. Elle reflète la préoccupation du peuple coréen à vivre en harmonie avec celle-ci. Bae voit dans l'arbre un contact entre le ciel et la terre. Il réussit à figer sur papier toute la dramaturgie et la magie du lieu mythique et l'énergie vitale des arbres pour les restituer en méditations intenses.
    Bae pratique la photographie depuis les années 1970, mais depuis 1985, son travail s'oriente essentiellement autour de l'immortalisation des forêts de pins typiques de la Corée. Ce choix ne semble pas anodin puisque le pin est un arbre à la signification sacrée dans la culture coréenne où il est considéré comme symbole de longévité.» Seon Ok KIM

  • Jacques Monory est un artiste contemporain des plus importants et des plus singuliers. Dès les années 1960, au côté du mouvement de la Figuration Narrative, il développe une oeuvre qui s'affirme comme une écriture, avec sa signature - l'utilisation récurrente d'une couleur, le bleu -, et sa thématique propre - la relation essentielle avec sa vie (réelle, imaginaire, sublimée).
    Dans cette monographie dirigée par Pascale Le Thorel, on retrouve le témoignage de Jean-Jacques Beineix (qui s'est inspiré de l'univers de l'artiste pour son film Diva) et un entretien inédit entre Henri-François Debailleux et Jacques Monory.
    L'ouvrage propose de nombreuses archives ainsi que des textes de plusieurs spécialistes sur ses sources d'inspiration, ses films, ses relations avec Jean-François Lyotard ou encore Christian Boltanski.

  • Wang Luyan a été considéré comme un artiste «alternatif» dans l'histoire de l'art contemporain chinois. La reformulation des valeurs dans l'art contemporain chinois voit ses concepts et ses méthodes se différencier de ceux qui ont été les plus populaires. La caractéristique la plus importante est sa transformation de concepts artistiques en lieux communs par le biais des relations sociales et de l'expérience quotidienne. En d'autres termes, ces derniers sont devenus des extensions de la vie quotidienne, une esthétique sociale, des normes techniques, à travers lesquelles il réfléchit sur son propre doute, sur sa propre confusion. Les nombreuses relations sociales et les expériences de chaque jour, tout comme les valeurs standard qu'il a choisies, lorsqu'elles sont mises dans le "système relationnel" de ses oeuvres, créent instantanément un mélange, en semant la confusion dans l'identification et la confusion dans le jugement. C'est la raison pour laquelle son expérience unique et microscopique devient ce par quoi tout est jugé.

  • Première importante monographie dédiée à l'oeuvre de Pablo Reinoso, artiste et designer franco-argentin touche à tout, curieux et autodidacte. Sculpteur à l'origine, mais foncièrement artiste, Pablo Reinoso pratique son art de diverses façons depuis son plus jeune âge. Il travaille par séries - Articulations (1970-1980), Water Landscapes (1981-1986), The Discovery of America (1986-1989), Breathing Sculptures (1995-2002) - qu'il parcourt, triture, fouille, en explorant des univers et des matériaux différents, traduisant le permanent work in progress qui est sa manière de penser.
    Dans Ashes to Ashes (2002), avec plus de maturité, il s'engage dans un travail avec des lattes de bois qu'il tord et éclate pour les affranchir de leur fonction. Poursuivant cette perspective, mais ayant vécu entre-temps une forte expérience au sein de grandes entreprises comme directeur artistique et designer, il s'attaque à une série où il met en avant une icône du design industriel, la chaise Thonet (à partir de 2004). Pablo Reinoso prend ensuite comme point de départ de sa réflexion les bancs publics, au design anonyme, traversant les cultures tout en étant hors-temps et hors-mode. Ce sont les bancs dits Spaghetti Benches (à partir de 2006) qui se mettent à proliférer et trouver leur place dans les lieux les plus divers.
    Finalement, dans sa dernière série, les Scribbling Benches (à partir de 2009), Pablo Reinoso ne part plus d'un banc anonyme, ni d'une chaise iconique, mais d'un matériau : une poutrelle en acier. C'est l'inattendu du lourd, voué à structurer l'architecture, qui se tord comme un fil pour créer un banc et dessiner des espaces légers, transparents, contemplatifs.

  • L'univers pictural de l'artiste coréen Lee Bae se concentre sur la seule puissance évocatrice du matériau. Le charbon de bois est appliqué au pinceau en opposition à la laque et à une succession de couches d'acrylique. Cette forme abstraite parle d'elle-même, sans aspect anecdotique ou narratif, et révèle ainsi sa véritable nature et son essence. L'artiste apporte cette forme noire à la vie dans l'espace blanc et crémeux de la peinture, aplatie aux extrémités de manière à prendre l'apparence de la peau. Sa peinture présente une zone d'énergie faite de pureté et de spiritualité.
    Né en 1956 à Chung-Do, Corée du Sud. Vit et travaille à Paris.

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