Arts et spectacles

  • Ce texte a un demi-siècle. Je l'avais oublié !
    Cinquante ans plus tard il révélait notre aujourd'hui.
    Je ne regarde plus le monde du haut de vingt-quatre ans, mais de soixante-quinze, et si le monde n'est plus celui de soixante-six, soixante-sept, cet antérieur moment parle de ce que nous vivons aujourd'hui : aucunes solutions n'ont été apportées.
    Il m'a semblé que « redonner » le texte tel qu'il fut était nécessaire pour voir ce qu'il en sera pour notre avenir urbain, car il devrait susciter des réactions suffisamment vives pour être utile à cet avenir vers lequel, qu'on le veuille ou pas, qu'on le pense ou pas, on va et qui sera si nous ne l'infléchissons pas.
    Dans les eaux pré-éruptives (sans le savoir nous préparions ce que l'on nomma les événements éruptifs et utopiques) la condensation était acide et tranchait les silences complices des installés - ce qui n'est plus le cas. Le moment était venu de ne plus obéir au modernisme qui avait fait florès et rendu sa violence : les blousons noirs urbains laissaient place aux hordes des banlieues, Watt brûlait, les villes croulaient sous l'insalubrité et rejetait par l'opulence ses populations à l'extérieur, devenus métèques les travailleurs étaient écrasés modifiés en contrôleur de l'exploitation des autres encore pauvres. La pertinence collective permettait de voir loin. Nous ignorions la puissance des cécités et des conséquences que nous vivons salement aujourd'hui.

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