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Isaac Rosa

  • Heureuse fin

    Isaac Rosa

    Comme beaucoup de couples, Antonio et Ángela ont connu un amour hors du commun. Et comme beaucoup de couples, après treize ans de passion, ils ont fini par divorcer. Quand commence Heureuse fin, Antonio erre dans l'appartement conjugal vidé par les déménageurs. Les souvenirs affluent. C'est le point de départ d'un roman d'un genre particulier où tout, de la première rencontre à la séparation, est raconté à rebours.
    Tour à tour, Antonio et Ángela prennent la parole, et se livrent à une autopsie de leur vie commune : le mariage, les enfants, les problèmes d'argent, l'usure du temps... Seulement chacun a son point de vue sur les raisons de leur échec : leurs récits se complètent, se disjoignent, et parfois se contredisent. Les illusions de l'un se retrouvent ruinées par les attaques de l'autre, et vice-versa. L'amour est quelquefois une bataille où les coups les plus durs sont portés dans les mots.

  • Directement inspiré par les événements de l'Espagne contemporaine, le roman La Pièce obscure raconte l'histoire d'un groupe d'amis, bien installés dans la démocratie naissante après la mort de Franco et la société de consommation qui la caractérise, qui louent un local dont ils transforment le sous-sol en pièce noire dans laquelle ils se livrent à de nouvelles formes de relations, notamment sexuelles et hédonistes, protégés par l'anonymat que leur offre l'obscurité absolue. Rapidement, la pièce obscure se transforme en refuge, en rempart dressé contre les répercussions de l'évolution de la société et la crise que ces jeunes gens n'attendaient pas. C'est la perte des illusions que raconte ce roman, à travers le bilan de quinze années qui aboliront toutes certitudes et obligeront les membres du groupe à une douloureuse réflexion sur eux-mêmes.

  • Lorsque Carlos et Sara s'aperçoivent que des objets disparaissent de leur maison et que quelqu'un vole de l'argent dans leurs portefeuilles, ils n'ont aucun doute et congédient aussitôt leur femme de ménage marocaine. Mais d'autres vols se produisent, et ils se tournent alors vers leur fils Pablo, un adolescent taciturne et craintif qui, comprend son père en allant l'attendre à la sortie du collège, est malmené par l'un de ses camarades de classe. Victime d'extorsion, Pablo n'a eu d'autre issue que de soustraire biens et argent pour ne plus subir coups et brimades, qui se poursuivent malgré cela. Face à cette situation, Carlos n'a pas de solution, car à l'école on hausse les épaules et la police, elle, ne peut rien faire contre un mineur. Mais surtout, il a peur : Carlos voit des dangers partout et s'est forgé une véritable philosophie en la matière, reposant sur une lâcheté pleinement assumée. Néanmoins cette philosophie ne lui permet pas d'aider réellement son fils, et dès lors c'est l'escalade : jusqu'où ira Javier, le jeune agresseur qui brutalise le fils et le père, et jusqu'où est prêt à aller ce dernier pour garantir la sécurité de sa famille ? Le pays de la peur pose deux grandes questions, d'une importance fondamentale aujourd'hui : devons-nous laisser la peur prendre le dessus et, si oui, sommes-nous prêts à agir en conséquence ? En ces temps troublés, où la lutte contre le terrorisme et l'insécurité est devenue l'argument principal de nombreux hommes politiques partout dans le monde, on ne saurait trouver problématique plus actuelle, qui résume à elle seule l'esprit du temps. Non content de poser les bonnes questions, Isaac Rosa a su bâtir un formidable roman d'idées capable de mettre en situation cette problématique, au moyen d'une intrigue riche et habile, et d'une écriture sobre, mesurée, d'une justesse et d'une précision exceptionnelles. À partir d'une situation simple (une famille et un agresseur), l'auteur parvient à développer d'une part un suspense haletant et, de l'autre, une réflexion profonde, virtuose et passionnante, sur la peur, la violence, l'hystérie sécuritaire. Ces deux niveaux se mêlent tellement bien que le roman n'est jamais théorique mais progresse au contraire naturellement vers son implacable dénouement.

  • "Encore un fichu roman sur la guerre d'Espagne" est une expérience radicale : l'auteur y reprend intégralement son premier roman, n'en change pas une virgule mais le critique sans pitié, le passe au crible et le maltraite pour qu'il serve de paradigme, celui d'une fiction espagnole envahie par les bons et mauvais livres sur le sujet. C'est donc une réflexion théorique, mais livrée sur un mode ludique et plein d'humour.

  • Espagnol El vano ayer

    Isaac Rosa

    • Planeta
    • 16 Octobre 2012

    Le mariage de Blanca Perea saute en éclat lorsqu'elle accepte de plus grandes responsabilités à l'université où elle enseigne. En plena agitación universitaria de los años sesenta, un viejo profesor se ve implicado en un confuso incidente que provoca su expatriación. La reconstrucción de su peripecia saca a la luz la inexplicada desaparición de un estudiante. Hasta aquí, podría parecer un mero retrato de la represión franquista. Sin embargo, los testimonios de reprimidos y represores, víctimas y beneficiarios del régimen, en constante diálogo con el lector -y con el autor mismo- sitúan la controversia sobre la memoria en un infrecuente lugar: la memoria no es aquí respuesta, sino la única pregunta válida.

  • Comment évoquer trente-cinq années de franquisme dans un roman sans tomber dans les clichés ? Comment faire bon usage de la mémoire et donner du sens à son récit ? Ce sont là les principales questions que se pose l'auteur et narrateur tout-puissant de La mémoire vaine, en un work-in-progress qui examine sur un mode tour à tour sérieux ou comique, dramatique ou ironique, les choix auxquels tout romancier actuel est confronté. Au centre de cette expérience de fiction éthique se trouve Julio Denis, professeur de littérature médiévale à l'université de Madrid disparu mystérieusement en 1965, dans un contexte d'insurrection étudiante brutalement réprimée. Face à lui se dresse la figure d'André Sánchez, meneur étudiant d'obédience communiste probablement disparu dans les sinistres geôles de la Direction générale de la sécurité. Que sont devenus ces deux hommes et que nous disent-ils sur l'histoire récente de leur pays ? Tout à la fois roman et réflexion sur le roman en train de s'écrire, La mémoire vaine est un formidable travail d'investigation historique et morale, mais aussi littéraire, dont le coeur est la mémoire, le respect de la mémoire.
    Dans cette oeuvre singulière, le travail sur la forme joue un rôle primordial, au travers de choix très forts qui engagent à la fois l'auteur et le lecteur qui acceptera de le suivre dans cette enquête. D'entrée, Isaac Rosa s'adresse à nous et nous propose de construire peu à peu une fiction qui s'affranchirait des poncifs du genre, nous signalant tous les écueils, essayant une solution puis une autre avant de trouver la bonne, avec ironie, inventivité et rigueur. La narration est éclatée, pleine de surprises, ludique et interrompue par divers protagonistes jamais nommés mais dont le témoignage est crucial (un ancien policier, un anarchiste victime de la torture, un exilé espagnol à Paris...). Rien n'y est jamais gratuit et, plus que des réponses, le livre pose des questions, son ton critique, parfois polémique, fruits d'une véritable exigence morale. Malgré une grande cohérence, cette vision reste ouverte et bénéficie de plus d'une écriture efficace et sobre, ainsi que d'une maîtrise rare pour un jeune auteur.
    Car Isaac Rosa fait preuve d'une grande maturité et parvient à créer un authentique " livre-monde " dont il est le créateur et le maître omniscient, celui qui fixe les règles et les change quand il le veut, jouant avec le lecteur, mais toujours dans le cadre de son questionnement. Et si l'auteur a un ton, une écriture et des obsessions bien à lui, il s'inscrit dans la lignée de très grands auteurs qu'il a certainement lus et compris tels que Sergio Pitol (pour sa méfiance systématique et son ironie), António Lobo Antunes (pour son rejet implacable de la dictature et de la torture), Javier Marías (et ses romans oxoniens) et surtout Vladimir Nabokov. Comme ce dernier, Rosa assume pleinement son statut de maître absolu du récit et réussit à ne jamais en être l'esclave mais, grâce aux pièges qu'il sème, aux nombreuses allusions et changements de cap, à conserver la bonne distance avec son roman, avec humour et ironie. Ce qui ne l'empêche pas de livrer des pages extraordinaires, proprement bouleversantes, sur la répression et la torture, des pages d'une justesse rare et d'une portée universelle, allant bien au-delà du contexte franquiste.

  • 1. El atasco del siglo / L'embouteillage du siècle, Isaac Rosa.
    Madrid - et surtout la M30, son périphérique - est connue pour ses embouteillages quotidiens. Les médias annoncent régulièrement une naissance survenue dans un taxi ou une voiture coincée dans ces fameux embouteillages. L'auteur imagine dans ce texte le blocage total et inextricable de la ville et ses conséquences sur les habitants.

    2. Jaboncillos Dos de Mayo / Savons Dos de Mayo, Marta Sanz.
    La nouvelle se déroule dans le quartier de Malasaña, autour de la place principale Dos de Mayo, épicentre de la gentrification madrilène. Ce quartier, qui était il y a encore une dizaine d'années habité par des immigrés, des prostituées et des dealers, est devenu l'un des endroits les plus branchés de la ville. Les bars mal famés sont devenus des magasins de cupcakes ou des boutiques de savons artisanaux écologiques qui font le bonheur des jeunes Madrilènes aisés et des touristes. Mais cette transformation n'a pas eu que des effets positifs. C'est ce que révèle, avec malice, ce texte de Marta Sanz, à travers l'histoire du meurtre d'un propriétaire hipster d'une boutique de savons artisanaux, perpétré par un cocasse trio de commerçants « traditionnels » du quartier.

    3. Extraits de Circular 07. Las afueras, Vicente Luis Mora.
    « Circular » est le nom d'une ligne de métro madrilène qui encercle le centre de la capitale. Les extraits ont été choisis par l'auteur lui-même à partir de la thématique proposée. Il s'agit de 19 fragments qui portent tous le nom d'une rue de Madrid et qui sont autant de micro-récits évoquant de près ou de loin la vie dans la capitale.

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