Jean Galard

  • Robert Filliou, artiste franco-américain, a exposé en 1969 cet assemblage devenu célèbre : un balai-brosse, un seau, une serpillière et un écriteau accroché au balai, portant l'information « La Joconde est dans les escaliers ». C'était l'avis d'une éclipse de l'art, signifiée par l'absence d'une de ses icônes. C'était aussi la réduction d'un personnage illustre au statut ordinaire de concierge. Ce contraste produisait un effet trivial.
    Élargissons : le délitement moderne de quelques idéaux traditionnels entraîne des conséquences également triviales. On explore ici, sur un mode doucement sarcastique, les manifestations de cet abaissement. Des références à la vie commune, ainsi qu'à certaines oeuvres d'art anciennes ou récentes, relancent, ici et là, cette réflexion sur la prose de la vie.

  • Mots du louvre (les)

    Jean Galard

    Les mots me manquent : les premiers visiteurs du muséum des arts peinaient à exprimer leur émerveillement.
    Même des virtuoses de la plume, comme théophile gautier, ont multiplié les précautions oratoires avant de trouver des paroles dignes d'un tel sujet. d'autres, en revanche, aimeraient un musée plus silencieux, voué au recueillement, à la confrontation indicible. certains voudraient carrément en bannir les mots, interdire le pépiement des guides, faire taire le babil des commentaires. cependant des mots, tenaces, sont attachés au vieux palais, à ses galeries, à ses façades, à ses oeuvres.

  • Parmi les images de violence, de ruine et de mort dont le photojournalisme est l'inlassable pourvoyeur, certaines sont belles.
    Quelques-unes semblent trop belles : on leur reproche d'utiliser la misère du monde au bénéfice de l'art, de tirer parti de la souffrance, de miser sur l'effet esthétique du malheur et sur la beauté du désastre. Les reporters, de leur côté, se disculpent en assurant qu'ils n'ont pas cherché à faire de l'art, qu'ils ont simplement voulu témoigner de ce qu'ils ont vu. Dans cette justification, comme dans cette critique, il se peut que les uns et les autres n'aient pas de l'art une idée très juste.
    Cet essai ravive des questions esthétiques qu'on pourrait croire éteintes, l'abstraction les ayant exténuées. Il les aborde en se référant à des aspects paradoxaux de l'art contemporain aussi bien qu'à des oeuvres anciennes, au théâtre autant qu'au cinéma documentaire. Il choisit d'affronter des cas aigus, notamment celui de certaines photographies troublantes et controversées, qu'on trouve dérangeantes parce que leur beauté, sans doute, paraît elle-même déplacée.

  • LE LOUVRE NU PEINTURES Sensualité et sexualité dans les peintures du Louvre. Le concept photographique consiste à détacher la nudité, la sensualité et la sexualité dans la peinture du contexte de l'intention artistique et de concevoir les modèles comme des mannequins dans un studio aujourd'hui. La photographie se sert de tous ces « modèles » et les interprète avec l'esthétique de la mode, de la photographie érotique et de la photographie publicitaire. L'art fascinant de la représentation du corps nu. Un cadeau idéal pour les amateurs d'art !
    « La vue de la nudité, même en image, parce qu'elle est prompte à éveiller l'émoi érotique, paraît diffi cilement compatible avec la pureté supposée de la contemplation esthétique. Mais, sans la puissance d'Éros, il n'y aurait sans doute ni sculpture ni peinture. L'intérêt tout spécial porté, dans l'art, à la nudité du corps humain est complexe, donc impur : ici convergent tous les instincts élémentaires, toutes les pulsions obscures, en même temps que tous les subterfuges et tous les succès de la sublimation. Aussi le Nu est-il le thème artistique par excellence : motif d'enfi èvrement, occasion d'enthousiasme, et parfois, dans certains cas crûment réalistes, sujet de compassion, objet de dégoût fasciné, symbole d'obscénité. » (extrait du texte de Jean Galard)

  • Le plus grand bordel du monde ». L'idée de ce livre est née lors d'une promenade au Louvre, au cours de laquelle l'accompagnatrice de Lois Lammerhuber se laissa aller à qualifi er le célèbre musée de plus grand bordel du monde. Le résultat est un livre sur la représentation du corps nu dans l'art à l'exemple des sculptures les plus importantes du Louvre.
    « En Grèce, au VIe siècle avant notre ère, apparaissent les fameux ‹ kouroi ›, ces statues de jeunes hommes nus, debout, qui furent parfois considérées comme les premières représentations d'Apollon. En vérité, la fi gure sculptée du ‹ kouros › (‹ kouroi › en est le pluriel), ne représente aucun dieu particulier et n'imite à proprement parler personne. Cette fi gure manifeste le divin. Ele en fait voir les attributs principaux : de belles proportions, une heureuse robustesse, une force mesurée qui s'avance, toutes qualités que la nudité, mieux que le corps vêtu, est à même de révéler. Le kouros sourit. » (extrait du texte de Jean Galard)

  • Redécouvrir le musée du Louvre à l'aune de la littérature, c'est la promenade inédite que nous propose ce livre. À la fois inattendus par leur liberté de ton et profonds par la finesse de leurs analyses, les écrivains réunis dans cette anthologie racontent les oeuvres autrement et ravivent notre plaisir à admirer ces collections uniques.

    Les écrivains :
    Aragon, Artaud, Balzac, Barthes, Baudelaire, Bonnefoy, Butor, Breton, Champfleury, Char, Claudel, Diderot, Dumas, Flaubert, Foucault, Gautier, Genet, Goncourt, Huysmans, La Fontaine, Lévi-Strauss, Malraux, Mérimée, Michelet, Musset, Perec, Prévert, Proust,Ramuz, Rilke, Ruskin, Starobinski, Stendhal, Suarès, Valéry, Wilde, Yourcenar...

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