Jean-Bernard Pouy

  • Mai 68 a presque tout détruit. Dans une France aux allures postapocalyptiques, des bandes rivales gauchistes sillonnent les routes et s'entretuent dans une vaste compétition nationale. Julius Puech, alias Spinoza, est le chef de la Fraction Armée Spinoziste. Monté sur sa moto et chaussé de bottes en lézard mauve, il n'a qu'un objectif : combattre son ennemi de toujours, Hegel... Ainsi débute la série spinoziste de Jean-Bernard Pouy, polar futuriste ultra-violent s'affranchissant de tous les codes littéraires.

  • Ma ZAD

    Jean-Bernard Pouy

    Camille Destroit, quadra, responsable des achats du rayon frais à l'hyper de Cassel, est interpellé lors de l'évacuation du site de Zavenghem, occupé par des activistes. À sa sortie de GAV, le hangar où il stockait des objets de récup destinés à ses potes zadistes n'est plus qu'un tas de ruines fumantes, son employeur le licencie, sa copine le quitte... et il se fait tabasser par des crânes rasés. Difficile d'avoir pire karma et de ne pas être tenté de se radicaliser!
    Heureusement, la jeune Claire est là qui, avec quelques compagnons de lutte, égaye le quotidien de Camille et lui redonne petit à petit l'envie de lutter contre cette famille de potentats locaux, ennemis désignés des zadistes, les Valter.

  • Les accidents de train, les catastrophes ferroviaires, on lit toujours ça dans les journaux et ça n'arrive qu'aux autres. Mais quand on se retrouve aplati contre une jeune femme, sous quarante tonnes de tôle, pendant cinq heures, le mieux est encore de faire connaissance.

  • Enric a bien mérité sa préretraite. Question rapport au monde, il juge qu'il a donné. Espagnol, orphelin, enfermé depuis son enfance dans l'enfer bruyant de la surdité, ne parlant plus, à quoi bon, il a refait peu à peu surface au fil des ans, grâce au boulot, que faire d'autre... Il peut enfin s'occuper de son jardin, ouvrier bien sûr, et planter amoureusement ses patates, c'est un spécialiste. Et voilà qu'on assassine une des rares personnes qui l'acceptait, à demi-mot, tel qu'il était... Une jeune fille du lycée d'à côté.
    Il lui faut alors arrêter l'irrépressible tintamarre qui résonne à l'intérieur de son crâne.
    Une sourde vengeance, en quelque sorte.

  • En érudit du roman noir, Jean-Bernard Pouy n'a que faire des définitions et des catégories quand il s'agit de sa bibliothèque idéale. Il entend communiquer sa passion à tous, anecdotes pour les néophytes et pépites pour les connaisseurs. Avec générosité, il partage son adoration pour les nombreux auteurs emblématiques du genre : des aiguilleurs (Hammett, Chandler) aux contemporains (Garnier, Férey), en passant par les forcenés (Simenon, Westlake) ou les pessimistes (Goodis, Cook). Une ode parfois partiale, toujours facétieuse et dans l'esprit d'un de ses talentueux contributeurs.

    « Le roman noir se doit par essence de ne pas être rose, c'est la moindre des choses. Sa préoccupation essentielle, celle de dépeindre des êtres brisés et menacés par une société aveugle et corrompue, lui a confié toute une génération d'auteurs qui, eux-mêmes, pour diverses raisons, quelquefois personnelles, ne voyaient aucunement l'espoir se lever derrière les brouillards dépressifs de toutes sortes. »

  • Lorsque l'on s'ennuie, le pire n'est jamais loin. Surtout si cela se passe chez un mondain lors d'un repas de gens autoproclamés brillants dont les pensées subtiles volent comme des enclumes. Averell, créateur de parfum, surnommé ainsi par sa copine car il est daltonien, accepte le défi « génial » de son hôte consistant à enquêter sur un mystère qu'il doit lui-même identifier avant de le résoudre ! Ni la lecture des faits divers, ni la probable disparition de son patron, pas même les coups échangés entre ses voisins ou les crises de larmes de la caissière d'un supermarché ne l'inspirent. Le monde pourtant, à mieux le regarder, sent mauvais. Averell chipote. Il ignore, rêveur naïf, que l'autre face de la réalité est un boomerang qu'il pourrait bien être le premier des Dalton à prendre dans les dents.

  • RN 86

    Jean-Bernard Pouy

    Lucie avait disparu un mois entier sans donner d'explication à léonard.
    Et il n'avait pas eu le temps de la convaincre de parler puisqu'elle était morte peu après dans un accident de voiture. alors, ce vide insupportable, léonard entreprend de le combler. a l'aide du seul lien qui le rattache à ce mystère : une carte postale du pont du gard.
    Mais dès qu'il franchit le pont, les fantômes viennent à sa rencontre.

  • Les héros sont partout. Sur nos écrans, dans les chambres d'enfants ou sur les T-shirts des ados. Mais se souvient-on encore que sans eux, la littérature et le cinéma n'existeraient pas ? Leurs vies sont nourries des thèmes universels qui sont le carburant des meilleures histoires. Nous partageons avec eux nos émotions, mais ils sont plus forts que nous. Surmontant toutes les épreuves, ils comblent notre aspiration à dépasser la condition humaine. Partons ici sur leurs traces et redécouvrons le contexte culturel et historique qui les a vu naître. Pour mieux comprendre ce qu'ils incarnent et pourquoi ils sont immortels.Avec : Gilgamesh, Vénus, Ulysse, Hercule, Antigone, le roi Arthur, fée Mélusine, Robin des Bois, Sinbad le marin, Don Quichotte, d'Artagnan, Zorro, Robinson Crusoé, Blanche Neige, Peter Pan, Superman, Tarzan, Sherlock Holmes, James Bond, Le Père Noël, Bilbo le hobbit - La communauté du Seigneur des Anneaux, Tintin, Harry Potter, Luke Skywalker et Leia, Lieutenant Ripley.

  • Le visage reflète l'âme, on le dit.
    Le mien est monstrueux même si, intérieurement, je reste propre. le rock, la route, les bagarres, les groupies me laissent indifférent. mais suzanne vient mourir dans ma chambre. son jeune visage va me hanter longtemps.

  • En 2008, le repas dominical se terminait par un parricide symbolique de l' «exsoissantuitaraatardé» ( Mes soixantes huitres).
    En 2018, autour de la blanquette, «ça ne crie plus, ça oublie les noms d'oiseaux, et ça parle encore moins, et ça sent l'huile essen- tielle». Non, ça pianote sur le Smartphone. Mais le soixantehuitard est de moins en moins attardé, il s'est offert un Iphone, a musclé ses pouces, est devenu l'Art Tatum du smartfaune. Alors, par portables interposés, s'engage une conversation qui commence par :

    #JeSuisPapa:
    Je trouve que la blanquette, maman l'a vraiment réussie. Non?
    Macron, lui, adorerait. Et vous ?
    Et ceci n'est qu'un début, continuons le repas, les tweets , le combat.

  • Un concert de rock à l'Olympia met le feu à Paris... Deux papys ricanants attendent de pied ferme des chasseurs venus pour leur trouer la peau... Une employée de péage harassée décide d'aligner au fusil gros calibre le premier qui dira un mot de travers... Jean-Bernard Pouy, en douze histoires parmi les meilleures de son répertoire de nouvelliste talentueux, fait passer du rire ému au ricanement complice. Dommage pour ce cambrioleur à grande gueule qui subira le sort des tatous dans la pampa... Tant pis pour ce chauffeur de car qui verra son destin basculer pour un geste de trop et longue vie à ce bachelier sans nom qui joua de la fourchette comme les marins du couteau...
    Douze balles dans la peau du lecteur pour un tir groupé de grand cru, primé à sa publication par le trophée 813 de la Nouvelle.

  • La clef de cette histoire est dans le ventre d'une fille. Cette fille, si jeune, est dans un train et ce train traverse la campagne, comme un tube fermé dont on ne peut s'enfuir. Teigneuse, farouche, menottée, la gosse ne lâche rien, pas un sourire ni un mot, pas une lueur d'espoir. Elle sait déjà que les deux gendarmes qui l'escortent, s'ils ne sont pas eux-mêmes chargés de l'abattre, ne pourront pas grand-chose pour la protéger. Elle sait, en dépit de son âge, qu'elle est déjà de trop et que cette clef, là, dans son ventre, il lui faudra bientôt la rendre...

  • Extrait.

    Cher camarade Yvon Lugovitch Godardof , si je vous écris, moi, le cinéaste que je considère comme le cinéaste qui a réussi a mettre en image la révolution d'Octobre, c'est que l'on vous considère, vous, l'auteur de Piotr le dingue, avec la sublimissime Anna Karinina et de La chinoise Hitlero- Trotskyste avec la russe blanche Wiasensky comme celui qui aurait représenté le mieux la petite révolution bourgeoise de 68 en France, c'est à dire là ou le cinéma est né. Bien sur, ce n'est pas rien, et je ne l'oublie pas. Vous avez même fait en sorte d'arrêter le festival de Cannes une année ou l'un de mes compatriotes aurait peut-être pu avoir la palme et je vous en remercie.

  • L'opération paraissait simple : un manoir, une porte, une serrure à ouvrir.
    Et bingo, dix mille euros. Sauf que ces salauds de mafieux russes n'ont jamais honoré leur marché. Ils ont eu les tableaux et moi, je suis reparti bredouille. J'ai une sacrée frousse, il y a de quoi, mais ces dix mille euros, ils me les doivent et je les veux... à tout prix.

  • Tout commence le jour où les Nouveaux Maîtres du Monde (entendez un Russe, un Américain et un Anglais) rendent visite à Arthur Keelt, célèbre spécialiste du langage qui vit presque en ermite dans les montagnes de Styrie. Les Nouveaux Maîtres du Monde ont certes libéré l'Autriche du diable, mais Keelt se méfie quand ses visiteurs lui annoncent que des extraterrestres ont laissé un étrange message dans le désert de Mojave. Seul un grand linguiste comme lui saura en déchiffrer la teneur exacte. En l'occurrence, le message dit ceci : « Vous êtes décidément trop nuls, néfastes et dangereux. On repart prendre du matériel et on revient vous péter la gueule. » Arrive une cage métallique, dont la nature est inconnue sur Terre. Et dans cette cage est enfermé un merle. Dès lors Arthur n'a d'autre choix que de chercher à comprendre ce que les extraterrestres ont vraiment voulu dire. Espionné par un beau légionnaire amateur de Karl Kraus, visité régulièrement par Greta la postière et Stûrz le paysan, Arthur discute avec le merle et échafaude tranquillement ses théories.

  • Lord gwynplaine

    Jean-Bernard Pouy

    Après quinze ans passés dans une geôle guyanaise pour un crime qu'il n'a pas commis, avec pour seul compagnon un fou qui a trafiqué avec Pablo Escobar et prétend posséder un trésor, Erwan Le Dantec n'a qu'une idée en tête : éliminer un par un les salauds qui l'on trahi. Pour cela, il va devoir changer de visage et défier le sort. Lord Gwynplaine est né.Politiques véreux, dénis de justice et argent-roi : Jean-Bernard Pouy et Patrick Raynal arrachent les masques des puissants et des corrompus dans une recréation jubilatoire et corrosive d'un Comte de Monte-Cristo des temps modernes.

  • «Moi.
    Julius.
    Commandeur.
    Du groupe crash le plus honni.
    Par le peuple saumâtre des hégéliens.
    N'ai que des ennemis.
    Et mon pire ennemi.
    Je lui souhaite la pire des choses.
    Moral car prévisible.
    Quand il sera au bout de mon P. 38.
    J'appuierai sur la détente.
    Mes bottes de lézard mauve.
    Vont tremper dans du sang esthétique.
    Normal car spinoziste.»

  • Le destin, de ses gros doigts aussi boudinés que malhabiles, frappe, au hasard, un vieux con, une petite cavalière, un poète du désert, un sportif en pleine finale, le pape ou le dieu vivant du saxophone ténor...
    Et c'est alors le drame ou l'intense rigolade, ce qui, en y regardant de près, est la même chose, c'est-à-dire l'insensée douleur du monde. douze nouvelles pour faire avec l'auteur le tour de son talent aux multiples facettes.

  • euphémisme. Nicolas se demande si le Destin ne l'a pas pris pour cible : une jambe en moins remplacée par une prothèse, un boulot perdu, une bagnole volée, une épouse partie au Canada pour étudier le sommeil des Inuits et un fils à la sensibilité d'enclume... L'avenir est à la gueule de bois et aux mauvais souvenirs.
    Alors, quand l'un de ses amis d'enfance meurt bizarrement après l'avoir appelé à l'aide et que la veuve crie au meurtre, Nicolas se décide à bouger. Résultat garanti ! Le monde crève mais les hommes, dans l'arène, s'agitent comme des fous. Mis en sommeil par l'âge adulte, Nicolas, révceillé, a gardé de beaux restes...

  • Au coeur de la nuit, un wagon se détache d'un train-couchettes et s'arrête soudain. D'abord persuadés qu'il s'agit d'une panne, les occupants découvrent qu'ils sont perdus au milieu de nulle part. Abandonnés, oubliés par les secours, certains partent en éclaireurs et disparaissent. Leurs cadavres sont retrouvés, dans une ville déserte et en ruine. La terreur s'empare alors des survivants...

  • S63

    Jean-Bernard Pouy

    La braderie, la brocante, ou le vide grenier, appelez cela comme vous le voulez, est sans doute l'activité du dimanche par excellence. Le narrateur, critique d'art dans un hebdomadaire féminin, s'adonne régulièrement à ce qu'il voit comme un « sport ». Après avoir donné au lecteur de précieux conseils pour dénicher la perle rare et ne pas s'ennuyer dans une braderie, le narrateur nous confie sa passion : dénicher les « excréments de l'art ». Sous ce nom oxymorique se cachent les chefs d'oeuvres insoupçonnés auxquels personne ne prête attention dans les brocantes. Un jour, il se rend en Bretagne et tombe sur un tableau, qui pourrait avoir été peint par Van Hoogstraten, pour la modique somme de vingt euros. Malgré l'incompréhension de son épouse pour ces toiles, celles-ci s'amoncellent dans leur garage.
    Un ami restaurateur pense que le tableau pourrait être l'oeuvre de Vermeer et le convainc de faire de plus amples recherches. Le narrateur finit par gratter lui-même la couche de peinture qui permettrait d'aboutir à la réponse définitive. Mais, la surprise est immense quand il découvre un téléphone, la copie conforme du vieux S63 qui trône au beau milieu du garage. Décidé à percer le mystère de ce tableau, le narrateur se rend à nouveau en Bretagne, auprès du vendeur. Il apprend qu'il appartenait à un marquis. Il se rend alors au manoir de celui-ci afin d'en savoir plus. C'est en réalité un ancêtre du manoir, Jégu Maodanez de Kerampuil, qui en est l'auteur, un fou qui se serait jeté de la tour. Le marquis l'invite alors à observer un tableau du même artiste. Il voit cette fois-ci un autobus. En se rendant au musée de Quimper, afin de voir ses autres tableaux, il remarque un hélicoptère. La folie s'emparet- elle de lui, qui entend même le S63 sonner, ou la folie du peintre était-elle en réalité un don de prémonition ? Un jour, il a une révélation : la mort c'est l'art. Mais, il s'interroge encore : quel est le rapport entre l'art, la mort, un S63, un autobus et un hélicoptère ?

  • Romancier, nouvelliste, scénariste, directeur et créateur de collections - « Le Poulpe», «Pierre de Gondol » ou « Suite noire », notamment -, Jean-Bernard Pouy est l'une des figures majeures du roman noir français contemporain. Inventif, il a publié une cinquantaine de romans, dont douze à la «Série Noire ». Amateur de contraintes oulipiennes et chroniqueur de l'émission «Les Papous dans la tête» (France Culture), il aborde les sujets les plus divers - politique, sport, musique, cinéma, littérature populaire ou non... - dans des articles qu'il publie depuis plus de trente ans.
    Dans Ni pingouin ni manchot (titre provisoire), JB a rassemblé les plus marquants, des plus anciens - «Le casse-pipe intérieur» (1983) - aux plus récents, jouant avec l'écriture et s'amusant des «choses» de son temps.

  • " Au moins, avec la peinture de la fin du XIX° siècle, il y a, sans vilain jeu de mots, à croûter " : avec sa gouaille habituelle, Jean-Bernard Pouy ouvre l'exercice qui lui a été confié et livre son interprétation du Combat de coqs en Flandre (1889) conservé au musée La Piscine - musée d'art et d'industrie André Diligent à Roubaix. Il frime, il tergiverse, il tourne autour de la toile tel un fauve entêté. Il y fait intriguer Zola, y reconnaît Victor Hugo, " notre Totor national ", en spectateur omniscient, présidant cette assemblée de parieurs qui incarnent à la fois la France qui travaille et la France qui dirige. Faussement enveloppée d'une verve triviale, c'est une réflexion habile sur la tradition et l'interprétation dans l'art que nous livre Jean-Bernard Pouy.

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