Sciences humaines & sociales

  • Philosophe, économiste et psychanalyste, Cornelius Castoriadis (1922-1997), cofondateur de la revue Socialisme ou Barbarie, fut l'un des auteurs de référence de la « nouvelle gauche » apparue en 1968. Sa critique interne du marxisme l'a conduit à remettre en cause les conceptions déterministes de l'histoire. Il leur oppose l'idée d'une création « social-historique » faisant apparaître des « significations imaginaires sociales » qui ne résultent pas de façon prévisible d'un état de choses donné, ni ne sont réductibles à des infrastructures objectives qu'elles traduiraient ou refléteraient dans le champ idéologique : l'imaginaire social n'est pas une imagerie ni un miroir du monde « réel ». De l'héritage marxiste, Castoriadis retient toutefois le projet révolutionnaire, celui où le « libre développement de chacun » reste inséparable du « libre développement de tous » et où l'émancipation des travailleurs ne peut être obtenue que par l'activité autonome des travailleurs eux-mêmes : le caractère utopique du socialisme marxiste tient plutôt à l'idée d'un développement nécessaire, dont le terme final serait défini par avance.

    Le projet d'autonomie n'est pas une utopie, il ne vise pas la perfection rêvée d'un état à venir, ni une société transparente, mais une démocratie radicale, dans laquelle les citoyens ne croient plus que les institutions sont imposées par des lois éternelles ou par la nécessité historique, et comprennent que leur création et leur transformation dépendent avant tout de leur propre initiative.

    Cette nouvelle version, revue et augmentée, tient compte des inédits et des travaux publiés depuis la première édition.

  • Philosophe, économiste et psychanalyste, Cornelius Castoriadis (1922-1997), cofondateur de la revue Socialisme ou Barbarie, fut l'un des auteurs de référence pour la génération 1968. Sa critique interne du marxisme l'a conduit à remettre en cause les conceptions déterministes de l'histoire. Il leur oppose l'idée d'une institution de la société par des configurations imaginaires qui se succèdent sans se déduire de façon prévisible les unes des autres. De l'héritage marxiste, Castoriadis retient toutefois le projet révolutionnaire, celui d'une communauté où le libre développement de chacun sera la condition du libre développement de tous. Une utopie que l'échec du socialisme réel semble avoir définitivement condamnée. Mais c'est justement ce qui fait l'actualité de la pensée de Castoriadis : il montre que cet horizon est toujours le nôtre si le projet d'autonomie ne vise pas la perfection rêvée d'un état à venir, ni une société transparente, mais une démocratie radicale, dans laquelle les citoyens ne croient plus que les institutions sont imposées par la nécessité historique, mais savent que leur responsabilité est de les conserver ou de les transformer.

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