Jean-Vincent Holeindre

  • Au VIIIe siècle avant J.C., Homère expose de manière frappante la dualité qui fonde la stratégie. Dans l'Iliade et l'Odyssée, le poète grec met en scène la guerre à travers deux personnages phares. Achille, héros de la force, est un guerrier : son honneur est au-dessus de tout. Ulysse, héros de la ruse, est un stratège : seule la victoire compte.
    Cette combinaison de la force et de la ruse semble structurer dès l'origine l'histoire de la stratégie en occident. Pourtant, la force a davantage attiré l'attention des historiens. Dans l'ouvrage de Victor Davis Hanson, Le Modèle occidental de la guerre, la ruse n'apparaît jamais comme un élément majeur de la stratégie. Au contraire, elle fait figure de repoussoir. Cet « orientalisme » militaire et stratégique n'est évidemment pas recevable, tout simplement parce qu'il ne reflète pas la réalité historique et se fait l'écho d'un discours idéologique.
    Il s'agit donc d'en finir avec cette lecture afin de comprendre ce que la stratégie, dans le monde occidental, doit à la ruse, en identifiant les moments clés de son histoire, de l'antiquité grec aux mouvements terroristes du XXIe. Se déploie ainsi une histoire longue de la stratégie qui met en scène, pour la première fois et de manière systématique, le dialogue ininterrompu de la ruse et de la force.

  • Le pouvoir a longtemps été conçu comme un bien détenu par certains individus ou certains groupes sociaux. Des expressions telles que « conquérir », « prendre le pouvoir » reflètent cette idée. Qui détient vraiment le pouvoir : les gouvernants ? la finance mondiale ? tel ou tel groupe social ? Sous quelle(s) forme(s) s'exerce-t-il ? Autant d'aspects que les sciences humaines et sociales ont largement explorés depuis plusieurs décennies. Aujourd'hui, le pouvoir s'analyse plutôt en termes de relations - de domination, d'influence, d'autorité. - entre gouvernants et gouvernés, entre groupes sociaux ; relations d'autant plus complexes qu'elles s'inscrivent dans un contexte mondialisé et diffus.
    Cet ouvrage donne des clefs pour appréhender au mieux les différentes formes de pouvoir, des rapports entre individus aux relations internationales. Après avoir présenté les principaux concepts liés à la notion de pouvoir (autorité, légitimité, puissance, gouvernance, séparation des pouvoirs, pouvoir autoritaires et totalitaires.) puis les auteurs majeurs (de Hobbes à Hegel, de Hannah Arendt à Michel Foucault.), le livre examine les dynamiques à l'oeuvre, à travers les différents lieux de pouvoir (État, famille, groupes d'intérêt, organisations internationales, médias.). Enfin, il fait état des nouveaux débats sur ce sujet : assiste-t-on à un déclin des institutions ? Comment se recompose le pouvoir dans les démocraties contemporaines ? Quelles formes de gouvernance mondiale se dessinent ?

  • La démocratie semble, dans son principe, la façon la plus séduisante d'organiser le pouvoir dans une société. Le peuple se gouverne lui-même ou par ses représentants et chacun, étant à la fois gouverné et gouvernant, apprend à tenir compte de l'intérêt général aussi bien que de ses intérêts individuels. Aujourd'hui, tout semble différent. Au doute, né il y a une dizaine d'années avec la « crise de la représentation » et l'épuisement du modèle productiviste, entre autres, a laissé place la défiance et aux revendications la colère. Certes, les aspirations démocratiques, exprimées à travers le monde, n'ont jamais été aussi fortes, mais outre qu'elles sont durement réprimées par les pouvoirs en place, elles cohabitent avec une montée de la demande autoritaire que révèle notamment le succès électoral des partis dits « populistes ». Les « vieilles » démocraties, les mobilisations et les inquiétudes populaires s'expriment sur fond d'affaiblissement, perçu ou réel, du monde occidental. Tout se passe comme si le modèle, longtemps attractif, incarné par l'Europe et les États-Unis, était devenu un repoussoir, faute de tenir ses promesses.

    Ce livre, dirigé par Jean-Vincent Holeindre, fait le point sur ce qu'est la démocratie aujourd'hui. Après un premier ouvrage sur le sujet il y a dix ans, il fait appel à de nombreux spécialistes pour redéfinir ce que ce système politique est devenu après les multiples crises qu'il a rencontrées ces dernières années.

  • Les relations internationales représentent un élément essentiel de compréhension des sociétés contemporaines. L'action politique des Etats, les mobilisations sociales, les formes contemporaines de coopération et de conflit sont autant de phénomènes qui ne peuvent être réellement compris qu'avec un regard international.
    Cet ouvrage présente les grandes lignes du système international contemporain et les acteurs (Etats, organisations internationales, ONG...) qui le composent. Il présente, de façon thématique, les grands enjeux internationaux liés à la mondialisation. Illustré d'encadrés (portraits, focus, controverses...), cet ouvrage propose à la fin de chaque chapitre des entraînements sous forme de QCM, questions de réflexion ou sujets de dissertation.

  • La démocratie semble, dans son principe, la façon la plus séduisante d'organiser le pouvoir dans une société. Le peuple se gouverne lui-même ou par ses représentants et chacun, étant à la fois gouverné et gouvernant, apprend à tenir compte de l'intérêt général aussi bien que de ses intérêts individuels. Un tel apprentissage n'a pas été facile: il a fallu beaucoup d'approximations et d'échecs avant de parvenir aux démocraties actuelles. Mais, confrontées à deux guerres mondiales et aux totalitarismes, ces constructions complexes et fragiles se sont montrées incroyablement résilientes, peut-être parce que leur légitimité s'enracine au plus profond des " passions du coeur de l'homme ". " Structurellement inachevée ", la démocratie surprend ainsi par sa capacité à se transformer tout en restant fidèle à son ambition première. En dépit des critiques et des attaques, elle a su évoluer au gré des siècles et affronte aujourd'hui de nouveaux défis. Polymorphe, elle diffère également selon les pays, chaque expérience nationale ou régionale étant le fruit d'une histoire longue qui dépend avant tout des peuples qui l'écrivent.

  • Parmi les philosophes politiques français contemporains, Pierre Manent est sans doute l'un des plus lus et des plus respectés. On lui doit entre autres, la redécouverte des grands textes libéraux français : Benjamin Constant, François Guizot, Tocqueville. Cet ouvrage éclaire les grands thèmes de son oeuvre : de la politique à la religion, de la nation à la démocratie, d'Aristote à Raymond Aron, c'est l'histoire intellectuelle et politique du monde occidental qui est ainsi dessinée. Fidèle à sa manière de faire, ce livre s'appuie sur des oeuvres de pensée - Machiavel, Hobbes, Montesquieu - pour jeter une lumière nouvelle sur notre histoire mais aussi sur les problèmes actuels de la démocratie.
    Un hommage à une pensée en mouvement auquel ont collaboré Ph. Raynaud, B. Karsenti, A. Besançon, D. Schnapper, V. Descombes, D. Tanguay, etc.

  • La guerre s'inscrit dans un espace à trois dimensions, politique, instrumentale et opérationnelle. La stratégie vise l'appropriation des moyens aux fins. La fin du politique est la paix, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, où elle peut être gagnée par l'équilibre ou la conquête : la « grande stratégie » tend à cette fin par des moyens militaires et diplomatiques. La fin des opérations est la victoire, en gagnant ou en ne perdant pas : la stratégie opérationnelle choisit entre l'attaque et la défense pour décider les tactiques et conduire les opérations. La dimension instrumentale porte sur l'outil militaire et ses modes d'emploi : elle exige une réflexion stratégique. Les stratégies politique et opérationnelle relèvent de l'agir, qui vise des objectifs à travers les incertitudes des circonstances. Elles exigent vision, fermeté, prudence. La stratégie instrumentale relève du connaître et vise le général, pour accroître l'efficacité de l'outil militaire. Les penseurs de la stratégie sont donc des praticiens ou des théoriciens. Ce florilège illustre la diversité des conceptions de la stratégie dans ses trois dimensions politique, théorique et opérationnelle.

  • Depuis 1945, la guerre a changé de visage au point qu'on hésite désormais à la nommer.
    Interventions extérieures, guerres irrégulières, conflits asymétriques ou " de basse intensité "... De nouvelles expressions sont apparues pour souligner la singularité du contexte stratégique contemporain. Ainsi les conflits actuels sont-ils souvent présentés comme l'antithèse des guerres d'autre fois, qui étaient " grandes ", " totales " et " majeures ". Que s'est-il passé ? Comment interpréter les mutations de la guerre ? Comment les Etats occidentaux, dont les armées semblent avoir intériorisé le modèle de la guerre majeure tout au long du XXe siècle, peuvent-ils relever les défis soulevés par les formes contemporaines de la conflictualité ? A l'âge de la mondialisation, qui voit émerger de nouvelles puissances, peut-on écarter tout scénario de guerre majeure ? Telles sont les principales questions posées dans cet ouvrage qui croise les regards d'historiens, de philosophies j et de politistes pour proposer une approche originale et synthétique des problèmes stratégiques d'hier et d'aujourd'hui.
    De la Guerre de Trente ans à la Guerre Froide, il apparaît que les guerres majeures ont profondément marqué l'histoire et la pensée stratégique en Europe. Au XXIe siècle, ha guerre devient à la fois plus limitée et moins lisible, au sens où la technologie ne représente plus la solution tactique adéquate et où la victoire politique tarde à se concrétiser. Le reflux des guerres majeures ne préfigure pas la disparition de la guerre.
    C'est la raison pour laquelle il ne faut cesser de la penser.

  • En ce début du XXIe siècle, la guerre est à la fois absente et omniprésente. Absente, car les États occidentaux ne vivent plus dans l'horizon de la guerre, comme ce fut le cas durant la première moitié du XXe siècle et la majeure partie des siècles qui ont précédé. La paix semble avoir durablement pris le dessus, au point qu'on imagine mal aujourd'hui à quoi peut ressembler une société en guerre.
    Omniprésente, car la guerre hante à nouveau les esprits. Un climat belliqueux s'est installé sur la scène internationale à la faveur des attentats du 11-Septembre 2001, qui ont conduit la première puissance mondiale, les États-Unis, à adopter une posture martiale. Parallèlement, de nouvelles menaces de conflit, entre Iran et Israël par exemple, se sont fait jour.
    Doit-on parler d'un retour de la guerre ? La réponse est difficile, la guerre ayant pris mille visages à travers le temps et l'espace.
    Elle est ce « caméléon » que décrivait Karl von Clausewitz, très difficile à repérer et à identifier.
    Pour y voir plus clair, cet ouvrage propose un grand voyage dans l'histoire : de la Grèce au Soudan, de Rome aux États-Unis, des samouraïs aux Moghols... Une histoire globale de la guerre, qui remonte aux origines de l'humanité, ne se limite pas à l'aire occidentale, ne se réduit pas à l'étude des stratégies et des tactiques. Car la guerre n'est pas seulement un phénomène militaire.
    À travers elle se jouent les grandes évolutions sociales, économiques, culturelles et politiques qui façonnent l'histoire humaine.
    Elle est un prisme permettant de mieux saisir l'évolution des sociétés. Ce livre, qui fait appel à des spécialistes de tous horizons, se propose donc de mieux appréhender la guerre. Sans fascination ni rejet, mais avec une réelle volonté de comprendre et de transmettre. Car penser la guerre, c'est travailler à la paix.

  • Ce premier volume de la collection consacrée à l'homme et à la guerre reprend les Actes d'un colloque organisé par l'Académie des sciences morales et politiques, qui s'est tenu les 17, 18 et 19 janvier 2013 dans les locaux de la Fondation Del Duca de l'Institut de France. Il s'est attaché à préciser la place et le lieu de la guerre dans le dispositif humain et, pour ce faire, de montrer qu'elle est d'abord et de part en part un phénomène qui relève du politique, en un sens encore plus profond, s'il est possible, que la formule célèbre de Clausewitz de la guerre comme continuation de la politique par d'autres moyens. Si la paix par la justice est la fin du politique, alors le politique s'exerce sur deux espaces distincts. L'un est intérieur, où des dispositifs et des procédures appropriés favorisent la résolution des conflits sans le recours à la violence. L'autre est extérieur, où au moins deux espaces de pacification tendancielle se rencontrent au risque de succomber à des conflits violents, faute des dispositifs et des procédures idoines : la guerre y est virtuelle. Depuis au moins dix mille ans, l'humanité est soumise aux contraintes de ces deux espaces. Sont ainsi examinés successivement le concept de guerre, les types de guerre, la guerre et la construction politique, les régimes politiques et la guerre, la guerre et les logiques politiques.

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