Langue française

  • La lucidité

    José Saramago

    • Seuil
    • 12 Octobre 2006

    La Lucidité est en quelque sorte la suite de L'Aveuglement. L'un comme l'autre se présentent comme une allégorie (on se souvient de ce pays dont tous les habitants sont soudain frappés de cécité et qui, livré au pillage, au crime et à la violence, est sauvé par une femme, la seule ayant gardé la vue) avec, en plus, dans ce roman-ci, une intrigue policière et une tension qui tiennent réellement le lecteur en haleine. Dans La Lucidité, pas de nom de pays, de ville, de personnages, aucun nom propre et cependant ce roman, apparemment abstrait et théorique, est bâti autour d'une intrigue bien concrète pour accuser les formes dévoyées de nos démocraties, se moquer de la corruption du pouvoir, de la stupidité des partis politiques de droite comme de gauche. A la suite d'élections municipales qui font apparaître 83% de votes blancs sans aucune abstention, le gouvernement et tous les partis politiques paniquent et, convaincus qu'il s'agit d'une conspiration organisée, choisissent la répression : espionnage, arrestations, état d'urgence. En réponse, les citoyens couvrent la ville d'autocollants ou est inscrit « j'ai voté blanc » et organisent des manifestations avec des drapeaux blancs. La pagaille s'installe. Le gouvernement et le parlement décident alors de quitter la ville, de nuit. Lorsque les cortèges se dirigent vers la sortie de la ville, toutes les fenêtres s'allument. Puis la ville est livrée à elle -même et encerclée par l'armée. La population résiste pacifiquement. Les ministères de la Justice, de l'Intérieur et de la Défense décident alors d'envoyer un commissaire de police et deux inspecteurs pour trouver et arrêter les meneurs. Sans résultats : il n'y a pas de suspect. Le pouvoir organise alors un attentat qu'il met sur le compte des organisations subversives. Lorsqu'une lettre anonyme accuse la femme qui, dans L'Aveuglement, avait été la seule à garder la vue, le bouc émissaire est tout trouvé. La presse se déchaîne. Mais le commissaire qui mène l'enquête sur place se rend bien compte que les votes blancs n'ont été que la simple utilisation d'un droit parfaitement démocratique et que tout le reste n'est que manipulation du pouvoir. Sa prise de conscience s'achèvera en tragédie.

  • Raimundo silva est un quinquagénaire à la vie bien réglée, correcteur exemplaire dans une maison d'édition, jusqu'au jour où, saisi par quelque démon, il apporte une modification à un manuscrit.
    D'un mot, un non à la place d'un oui, il change le sens du livre en même temps que l'histoire du portugal.
    Suite à cet incident, l'existence de raimundo va à son tour être bouleversée. tout en se découvrant une passion pour sa nouvelle chef de service, et influencé par celle-ci, il va entrer en littérature. dès lors, mêlant récit amoureux et fresque historique, deux histoires s'interpénètrent et mettent en relief, non sans humour, un portugal superbe et une lisbonne atemporelle où la fiction se fait réel et vice versa.

  • Le dieu manchot

    José Saramago

    • Points
    • 29 Février 2008

    Balthazar Sept-Soleils et Blimunda Sept-Lunes, lui soldat, elle sorcière, se sont rencontrés à Lisbonne, ville des plaisirs et de la religion, des sacrifices et de la sensualité. Ils sont témoins des grands événements portugais du XVIIIe siècle : l'édification du gigantesque palais-couvent à Mafra, celle de la machine volante du moine Bartolomeu de Gusmäo, les bûchers de l'Inquisition, les tentations alchimiques...

    Epique, blasphématoire, Le Dieu manchot est une grande fable baroque sur fond d'intrigues et d'épidémies, où les opprimés et les laissés-pour-compte sont les héros de l'Histoire.

  • Quasi objets

    José Saramago

    Quasi objets réunit des textes à la prose sèche et sobre, mais à la charge poétique intense, oú nous retrouvons les paysages, les attitudes, les gestes, les mots empruntés à notre univers mais que josé saramago détourne sous la forme de fantaisies qui sont le prolongement de notre réel.

    Ces récits allégoriques illustrent les grands thèmes de l'oeuvre de josé saramago, qui lui ont valu d'être reconnu et traduit dans le monde entier : l'obsession de la fuite du temps, la question de l'identité, le voyage comme parcours, expérience et apprentissage, et enfin la complexité des rapports entre la vérité et la fiction, entre l'être et son désir, entre la nature et le fantastique.

  • This deeply personal work, follows the changing fortunes of the Mau-Tempo family - poor, landless peasants not unlike the author's own grandparents. Saramago charts the lives of the family in Alentjo, southern Portugal, as national and international events rumble on in the background - the coming of the republic in Portugal, the First and Second World Wars, and an attempt on the dictator Salazar's life. Yet, nothing seriously impinges on the farm labourers' lives until the first stirrings of communism.

  • " Et pourquoi veux-tu donc un bateau, peut-on le savoir, tel fut en effet ce que le roi lui demanda quand il se considéra suffisamment bien installé sur la chaise de la servante, Pour me lancer à la recherche de l'île inconnue, répondit l'homme.
    Quelle île inconnue, demanda le roi en déguisant son rire, comme s'il avait devant lui un fou délirant, un de ces fous qui ont la marotte de la navigation et qu'il ne faut surtout pas contrarier dès l'abord. L'île inconnue, répéta l'homme, Sottise, il n'y a plus d'îles inconnues, Qui t'a dit, ô roi, qu'il n'y a plus d'îles inconnues, Elles sont toutes sur les cartes, Sur les cartes il y a seulement les îles connues.
    /> Et quelle est donc cette île inconnue que tu cherches, Si je pouvais te le dire, elle ne serait plus inconnue. Qui t'en a parlé, demanda le roi, à présent plus sérieux, Personne, Dans ce cas, pourquoi t'obstines-tu à dire qu'elle existe, Simplement parce qu'il est impossible que n'existe pas une île inconnue... "

  • Le cahier

    José Saramago

    Ce cahier est l'aboutissement d'une aventure éditoriale commencée en mars 2008, lorsque José Saramago, le prix Nobel portugais de littérature, inaugure son blog, très vite suivi avec ferveur par des lecteurs qui y retrouvent l'intelligence et la lucidité de l'écrivain, mises au service de l'observation sans concession de notre monde actuel.

    La politique internationale, Obama, Sarkozy, l'Europe, le conflit israélo-palestinien... les petites et grandes stratégies des puissants de ce monde sont décryptées par l'un des auteurs contemporains les plus engagés, et la force et l'expression de certains portraits ne laissent pas indifférent, poussant même le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, à interdire à un éditeur de son groupe de publier l'ouvrage en italien. Il ne s'agit pas ici d'une compilation de chroniques, mais d'un vrai « livre de vie », selon l'expression de l'épouse de José Saramago. Une occasion rare de partager une écriture superbe et dense, sans fioritures, ainsi qu'une intelligence du monde à la fois intime et universelle.

  • « Les histoires pour enfants doivent être écrites avec des mots très simples (...). (...) En plus de savoir choisir ses mots, il faut raconter les choses d'une façon spéciale, faire preuve de précision et de clarté, d'une très grande patience aussi - moi, qu'on me pardonne, mais il me manque au moins la patience. » C'est par ces mots que José Saramago, prix Nobel 1998, commence son récit, l'histoire d'un jeune garçon qui au sommet d'une colline, après avoir traversé monts et forêts, rencontre une fleur qui a terriblement soif.
    L'enfant repart alors en arrière, traverse le monde entier, pour rapporter quelques gouttes à la plante desséchée...
    Un texte poétique, simple et fort, mis en images avec délicatesse par André Letria.

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