Littérature traduite

  • L'aveuglement

    José Saramago

    Un homme devient soudainement aveugle. C'est le début d'une épidémie qui se propage à une vitesse fulgurante à travers tout le pays. Mis en quarantaine, privés de tout repère, les hordes d'aveugles tentent de survivre à n'importe quel prix. Seule une femme n'a pas été frappée par la « blancheur lumineuse ». Saura-t-elle les guider hors de ces ténèbres désertées par l'humanité ?

  • La lucidité

    José Saramago

    Panique électorale : à l'heure du dépouillement, 83 % des électeurs ont voté blanc.
    Le chaos s'installe, le gouvernement crie à la conspiration et déclare l'état de siège, le pouvoir se lance dans une chasse aux sorcières et la presse se déchaîne contre les coupables désignés. seul dans la panique, un commissaire affronte la troublante vérité...

  • Quelques jours après la naissance de Jésus, les enfants meurent par dizaines à Bethléem. Joseph, lui, a sauvé son fils, laissant accomplir le terrible crime de victimes innocentes. Ainsi débute la vie du prophète, dans la faute et la culpabilité du père, dans la cruauté d'un Dieu aux volontés absolues qui a fait d'un jeune garçon ordinaire l'instrument de sa domination sur le monde.

  • Histoire du siège de Lisbonne. Sans doute par provocation, peut-être pour saupoudrer de quelque piment sa monotone existence, le correcteur d'épreuves d'une maison d'édition, soudain saisi par une pulsion irrépressible, substitue un non à un oui et glisse sous la plume de l'auteur, un éminent historien, une contre-vérité fondamentale : non, en l'an 1147, les Croisés n'ont pas prêté main-forte au roi Afonso Henriques pour reconquérir Lisbonne occupée par les Arabes.

    Mais, en voulant réfuter les faits reconnus par l'historiographie portugaise, Raimundo Silva-la cinquantaine pudique et réservée - ignore qu'il va boule-verser le cours de sa propre vie et que sa supercherie le mènera tout droit à une double passion : celle, partagée, pour Maria Sara, sa supérieure hiérarchique, et celle de l'écriture, qui va le pousser à réécrire l'histoire du siège de Lisbonne. Roman historique, fiction dans la fiction, histoire d'amour menée en parallèle entre Raimundo Silva et Maria Sara dans la Lisbonne moderne, Mogueime et Ouroana au pied de la capitale assiégée, ce livre est aussi une ode à un Portugal libéré de ses oppresseurs, sarrasins ou salazariens. L'écriture intense de José Saramago, sa maîtrise à tisser une pluralité de temps et d'espaces, sa conception du rapport entre histoire et littérature comme matériau de la pensée sont la preuve, une fois de plus, que cet écrivain est en train de bâtir une des grandes oeuvres de la littérature portugaise contemporaine.

  • Salomon, le magnifique éléphant d'Asie, vit depuis deux ans à Belém.
    Le roi Joao III décide de l'offrir à l'archiduc Maximilien d'Autriche. De Lisbonne à Vienne, en passant par les plateaux de la Castille, la Méditerranée, Gênes et la route des Alpes, Salomon traverse ainsi l'Europe, au gré des caprices royaux et des querelles militaires, soulevant sur son passage l'enthousiasme des villageois émerveillés.

  • Dans un pays inconnu, plus personne ne meurt. Les hôpitaux regorgent de malades, les entreprises de pompes funèbres et les compagnies d'assurance font faillite, les familles conduisent les membres les plus encombrants aux frontières, l'Église est menacée de disparition : sans mort, pas de purgatoire, de Paradis ni d'Enfer... Mais un beau jour la mort revient sauver les hommes.

  • Un regard sur le monde propose, pour le dixième anniversaire de la mort de celui qui reçut, en 1998, le prix Nobel de littérature, un nouvel aspect de son oeuvre. Cet ouvrage regroupe ainsi un certain nombre d'extraits, en grande majorité inédits, qui dévoilent le paysage historique, littéraire et humain qui entourait José Saramago. Il comporte, comme autant de morceaux choisis, de la poésie, des considérations sur sa littérature, des hommages à des auteurs admirés et des réflexions sur la société contemporaine : textes politiques ou observations perspicaces qui traduisent la position de l'écrivain, résistant, fraternel et engagé, face aux bouleversements du monde.

    Ce recueil dessine un visage fidèle de José Saramago, susceptible d'interpeler tous ceux qui ne le connaîtraient pas encore et auraient envie de le découvrir. Quant au lecteur déjà familier de l'univers fictionnel de l'auteur, il y trouvera ici un complément essentiel, itinéraire tracé à travers différents moments de l'existence d'un écrivain qui n'a jamais cessé de s'indigner face à l'intolérable et dont l'oeuvre est un remarquable instrument d'exploration du réel.

    Anthologie établie par Maria Graciete Besse.

  • La lucarne

    José Saramago

    Dans le Portugal du milieu du XXe siècle, l'auteur s'invite dans un immeuble où se côtoient des habitants de tous les horizons. Des couples qui se haïssent, une femme entretenue, une jeune fille ambitieuse qui devient sa rivale, quatre couturières amoureuses de Beethoven et de Diderot, un cordonnier philosophe et son locataire...

  • Cain

    José Saramago

    Victime de l'injustice de Dieu, Caïn est condamné à l'errance. Il part à l'aventure dans l'espace et le temps bibliques, s'insurgeant contre les évènements dont il est témoin. Il arrête le bras d'Abraham, assiste impuissant à la colère de Moïse, observe les massacres de Jéricho, tente d'adoucir les souffrances de Job. Et lorsqu'il monte dans l'arche de Noé, il décide de mettre fin aux agissements de ce Dieu rancunier, cruel et corrompu.

  • L'autre comme moi

    José Saramago

    Tertuliano Máximo Afonso, professeur d'histoire, découvre, dans un film loué par hasard, son double parfait. Horrifié, il visionne d'autres films qui confirment sa découverte. Avec l'aide de sa maîtresse, il part à la recherche d'António Claro, cet autre lui-même. Mais deux êtres semblables ne peuvent coexister... Et du désordre de l'identité naît la tragédie.

  • Le soleil embrase le latifundium, l'ombre de la garde nationale plane sur sa glèbe. João Mau-Tempo découvre que la solidarité unit plus fortement les fourmis laborieuses que les paysans. Il mesure alors l'aliénation des siens. Entré dans la clandestinité, qualifié de dangereux perturbateur, il est emprisonné et torturé. Son combat n'est pas vain : une jeune femme libre marche sur ses traces.

  • Ricardo Reis est l'un des nombreux pseudonymes du poète Fernando Pessoa. Il en a fait un personnage à part entière, lui a conféré une vie et une oeuvre propres. José Saramago s'empare de cette étrange figure. Au lendemain de la mort de Fernando Pessoa, Ricardo Reis revient à Lisbonne. Exilé au Brésil durant seize ans, il découvre une ville chargée de mystères, où les vivants côtoient les morts, où le rêve et la réalité se mêlent. À Lisbonne, Ricardo Reis n'a qu'une seule idée en tête : trouver sa véritable identité.

  • La caverne

    José Saramago

    À soixante ans, Cipriano Algor a tort de penser que son existence ne connaîtra plus de grands bouleversements. Potier, il partage son temps entre son atelier et la maison qu'il partage avec sa fille, Marta, et son gendre, Marçal. Quand les dirigeants du centre commercial qu'il approvisionne en vaisselle lui annoncent qu'ils se passeront désormais de ses services, sa vie se brise en mille morceaux...

  • Tous les noms

    José Saramago

    M. José, un célibataire d'une cinquantaine d'années vit seul dans un modeste appartement attenant au Conservatoire général de l'état civil où il travaille. Petit fonctionnaire zélé et soumis, il consigne des noms, des dates de naissance et de décès, de sorte que sa vie est grise et vide. Un jour, il tombe par hasard sur la fiche d'une jeune femme inconnue, à laquelle il s'intéresse peu à peu de façon obsessive. Son désir de la retrouver le mène à toutes sortes d'aventures rocambolesques ; il cesse d'être un obscur rond de cuir, allant même jusqu'à oser braver ses chefs. Jusqu'au jour où il apprend que la jeune femme s'est suicidée. Désespéré, il se rend au cimetière pour retrouver sa tombe. Lui apparaît alors un extraordinaire berger qui s'amuse à échanger les plaques funéraire. A son insu, M. José a un allié en la personne de son chef. Celui-ci comprenant le sens de la recherche de son subordonné décide de modifier le classement des archives, de mêler les noms des morts à ceux des vivants, et par la même de sortir les morts de l'oubli.

  • Menus souvenirs

    José Saramago

    Une famille de paysans pauvres, une grand-mère analphabète, un père acharné au travail, un oncle qui vend des cochons à la foire aux bestiaux. et surtout un enfant qui court dans les oliveraies et passe de longues heures sur les rives du Tage, contemplant la beauté du ciel nocturne. Voici le Portugal d'antan qui renaît dans les menus souvenirs que José Saramago a arrachés à l'usure des années.

  • H est un peintre conventionnel et sans véritable talent. Frustré, il souffre de la banalité de ses toiles et de sa vie. Aussi, quand on le charge de faire le portrait de S, chef d'entreprise, il décide d'exécuter secrètement un second tableau tout en rédigeant un journal. À travers une forme d'expression qui n'est pas la sienne, H va se remettre en question et s'interroger sur le sens de son art...

  • Le dieu manchot

    José Saramago

    Roman épique, fresque truculente de la cour lusitanienne au XVIIIe siècle sous le règne de João V - dit le Magnanime - Le Dieu manchot nous conte les dernières heures de la splendeur du royaume portugais, juste avant le tremblement de terre qui détruisit Lisbonne en 1755.
    Le soldat manchot Sept-Soleils, le moine Bartolomeu de Gusmão, la sorcière voyante Blimunda, autant de personnages pittoresques évoluant autour d'un Roi malheureux de ne pouvoir assurer sa descendance... que ne faudrait-il inventer pour qu'il échappe à cette terrible malédiction ? A mi-chemin entre la fable blasphématoire et le roman historique, ce récit trace le portrait d'un Portugal mythique, revisité par l'un des plus grands auteurs contemporains.

  • A la suite d'un cataclysme qu'aucun sismographe n'a enregistré, la péninsule Ibérique tout entière se détache de l'Europe et se met à dériver comme un « radeau de pierre » le long de l'océan. Elle va se heurter aux Açores, puis, suivant le sens contraire des aiguilles d'une montre, se met à décrire un périple inattendu avant de filer vers le sud, vers une Afrique qui lui est proche, pour s'arrêter on ne sait quand, on ne sait où.

    Les signes avant-coureurs : une femme Joana Carda, trace sur le sol d'une clairière une ligne qui ne s'efface jamais, Joaquim Sassa lance à une distance prodigieuse une pierre d'un poids surhumain, José Anaiço se voit accompagné partout par une immense nuée d'étourneaux. Pedro Orce, dans un coin perdu de l'Espagne, sent trembler la terre, et de la main de maria Guavaira s'échappe un fil de laine qui se déroule sans discontinuer. Tous ces signes ne visent apparemment se rencontrent et qu'entre eux jaillisse l'amour.

    Le roman de Saramago, étrange prophétie, est à la fois un symbole politique, presque une prise de position (l'entrée du Portugal dans la Communauté européenne), et uen extraordianire épopée baroque, mais aussi et surtout une éblouissante transposition des données scientifiques (les fractures de l'écorce terrestre, la dérive des continents) : la naissance d'un mythe.

    Une superbe histoire d'amour entre des êtres trop doués d'intuition. Un roman de l'étrange, la voix toujours mélancolique du Portugal.

  • Connaître un pays signifie comprendre son paysage, sa culture et le peuple qui l'habite.
    De Tras-os-Montes à l'Algarve, de Lisbonne à l'Alentejo, la sensibilité du voyageur, toujours attentif à ce que voient ses yeux, recueille les multiples impressions que lui offrent la nature, l'art, l'histoire et les hommes. Saramago est ici un découvreur émerveillé qui invite le lecteur à parcourir un Portugal multiple, baroque et mystérieux, sublimé par la magie de l'écriture.

  • Une fable : c'est l'histoire symbolique d'un homme qui va voir le roi, non pas pour lui demander une faveur ou présenter une requête; non, ce qu'il veut obtenir, lui, c'est un bateau.

    « Et pourquoi veux-tu donc un bateau, peut-on le savoir, tel fut en effet ce que le roi lui demanda quand il se considéra suffisamment bien installé sur la chaise de la servante, Pour me lancer à la recherche de l'île inconnue, demanda le roi en déguisant son rire, comme s'il avait devant lui un fou délirant, un de ces fous qui ont la marotte de la navigation et qu'il ne faut surtout pas contrarier dès l'abord, L'île inconnue, répéta l'homme, Sottise, il n'y a plus d'îles inconnues, Qui t'a dit, ô roi, qu'il n'y a plus d'îles inconnues, Elles sont toutes sur les cartes, Sur les cartes il y a seulement les îles connues, Et quelle est donc cette île inconnue que tu cherches, Si je pouvais te le dire, elle ne serait plus inconnue, Qui t'en a parlé, demanda le roi, à présent plus sérieux, Personne, Dans ce cas, pourquoi t'obstines-tu à dire qu'elle existe, Simplement parce qu'il est impossible que n'existe pas une île inconnue... «

  • José Saramago (né en 1922) s'est imposé comme l'un des grands écrivains portugais contemporains. Le prix Nobel de littérature, qui lui a été décerné en 1998, consacre une oeuvre poétique, dramatique et romanesque originale et abondante, dont l'auteur dresse lui-même le panorama dans le discours prononcé à Stockholm. Il y explique avec humilité comment, dans chacun de ses récits, le personnage fut le maître et l'auteur son apprenti.

  • Quelques mois avant sa mort, José Saramago avait entamé l'écriture d'un nouveau roman ayant pour thème le commerce des armes et la responsabilité individuelle. Ce récit demeuré inachevé raconte le conflit moral d'Artur Paz Semedo, employé d'une usine d'armement qui, intrigué par le sabotage d'une bombe pendant la guerre civile espagnole, décide d'enquêter à l'intérieur même de son entreprise. Sa plongée dans le dédale des archives et les découvertes qu'il y fait le poussent à réfléchir sur la guerre en tant que renoncement éthique majeur de l'humanité, et sur le caractère apparemment inévitable de la violence.

    Cette édition comprend les notes de travail de l'auteur sur la fin qu'il envisageait de donner à cette histoire, ainsi qu'un texte inédit de Roberto Saviano, écrit pour son ami José Saramago à l'occasion du dixième anniversaire de sa disparition. Un an avant son propre décès, Günter Grass, lui aussi prix Nobel de littérature, s'était joint à cet hommage en offrant quelques-uns de ses dessins consacrés à la violence et la guerre.

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