Juan Mayorga

  • Le Garçon du dernier rang laisse paraître les traits spécifiques ou emblématiques de l'écriture de Mayorga. Un point de départ innocent, voire banal, va mettre au jour l'attitude complexe d'un adolescent, aussi attentif au réel qu'aux arrière-plans des comportements humains. Curiosité et créativité s'unissent en lui et le portent à une quête audacieuse qui va renverser le cadre de la réalité, bouleverser l'ordre établi, contaminer l'entourage et réveiller rêves, frustrations, ambitions inavouées, libertés entravées...
    Jorge Lavelli

  • Le Critique.
    Si nous pouvions bannir de la vie tout ce qui nous semble faux au théâtre‚ si nous pouvions bannir de la vie tout ce que nous n'aimons pas au théâtre‚ que resterait-il ? Nous ne demanderons jamais à la vie ce que nous exigeons du théâtre. Au théâtre‚ nous demandons la vérité‚ toute la vérité.

    Au soir d'une première triomphale‚ l'auteur dramatique Scarpa vient demander des comptes à son critique Volodia. Loin des feux de la rampe s'engage un duel féroce‚ qui voit se confronter deux hommes au sommet de leur art‚ deux visions du théâtre‚ de l'écriture et finalement‚ de la vie.

    Le Songe de Guenièvre.
    Le Président s'apprête à défiler, dans sa décapotable, sa femme à son côté.
    Jour de triomphe politique.
    Le matin - réception à l'hôtel de ville -, un Homme (richissime armateur dont la flotte mouille dans le port), se fait présenter au Président. Incivilité (on dit cet Homme grossier, capable de tout acheter avec son argent) : il dévore des yeux la Femme du Président. Celle-ci se lance à sa recherche, le rejoint dans son repère (un hangar envahi de cartons : lieu unique de l'acte théâtral). Elle vient lui demander raison de son audace, fascinée déjà. Elle est l'héroïne, l'Homme se tait. Elle seule parlera.

  • Odin, Emmanuel et John-John sont les trois chiens finalistes du concours d'intégration à la prestigieuse unité antiterroriste K7. Il reste trois épreuves et un seul « collier blanc » à la clef. Selon Odin, les perdants seront « transformés en saucisses », autant dire que l'atmosphère est tendue. Mêlant habilement humour et cynisme, les textes de Juan Mayorga ont toujours pour objectif de montrer ce que nous ne voulons pas voir : nous. Trois chiens, trois personnalités qui nous ressemblent. Sommes-nous meilleurs qu'eux ? À vous de juger !

  • 'est plus dur que je ne pensais. Jamais je n'avais raconté ma vie à personne. Jamais je n'avais éprouvé ni nostalgie ni mélancolie. Et là, tout me revient : le miroitement du Danube un 28 mars, les yeux d'un bel enfant sur le Ponte Vecchio... Les mauvaises choses aussi et les mauvaises, j'aimerais autant les oublier. Toutes ces catastrophes, tous ces morts, je les porte en moi. Pour vivre, il faut oublier, mais quand on a beaucoup vécu, y a beaucoup à oublier. J'ai la mémoire dure comme une seconde carapace et si lourde à porter ; le passé me pèse comme une bosse.

  • Varsovie‚ 1940 : avant que le ghetto ne soit complètement détruit‚ un vieil homme apprend son art de la cartographie à sa petite-fille. Varsovie‚ de nos jours : une femme se passionne pour cette histoire devenue une légende de guerre et part à la recherche de la carte. Peu à peu le passé et le présent se rejoignent : croisement des mémoires‚ des temps et des espaces. Il s'agit de cartographier l'effacement‚ de survivre à la perte par la précision des souvenirs reconstitués‚ « les choses importantes ne se voient qu'à petite échelle ».

  • Leur sentence est toute prononcée ! On les laisserait faire‚ ils vous immoleraient de leurs propres mains. C'est qu'il est question d'enfants ! La ville entière se sent humiliée. Le châtiment doit être exemplaire. C'est toute la ville contre un seul homme. Un bourgeois qui gagne la confiance d'une humble famille pour aller se fourrer dans le lit des petits. Ce n'est pas le genre d'histoire‚ c'est sûr‚ dont on va se vanter auprès de maman.

    Dans cette affaire d'abus sexuels sur des enfants‚ l'enquête du juge Montero‚ et les faits qu'elle révèle‚ sont loin de pouvoir tout dire. En puisant dans le conte du joueur de flûte de Hamelin‚ Juan Mayorga donne aux personnages de cette pièce‚ comme au lecteur‚ la possibilité d'accéder au récit d'une faillite collective qui pourrait aussi être celle du langage.

    Ce texte a valu à son auteur le prix Max pour la meilleure pièce 2006 (Molière espagnol), le prix Ercilla 2006, le prix Telon Chivas 2006, et le prix Quijote de l'association des écrivains 2005.

  • L'écrivain Boulgakov demande à quitter l'Union soviétique où tous ses écrits sont interdits. Il écrit à Staline. Un jour‚ il reçoit un appel téléphonique du maître du Kremlin‚ qui lui propose une rencontre. La communication se coupe avant que la conversation ne finisse. Ce point de départ est le début d'une attente interminable de l'écrivain dont la vie tourne au cauchemar.

    « Méditation sur la nécessité pour l'artiste d'être aimé du pouvoir‚ nécessité aussi forte que celle du pouvoir à être aimé de l'artiste » écrit Juan Mayorga dans sa préface à l'édition espagnole.

  • Quels enjeux d'écriture, quelles inventions dramaturgiques, quel discours sur le monde le théâtre de Jean-Luc Lagarce nous invite-t-il à découvrir ? Les actes de Problématiques d'une oeuvre, premier colloque d'une série de quatre, proposent les contributions d'enseignants, chercheurs, mais aussi philosophe, conservateur ou dramaturge.
    Il s'agit de parcourir l'oeuvre afin d'en dégager les constantes dramaturgiques, de considérer les contextes historique et théâtral qui sont les référents de l'écriture lagarcienne, ou encore de cibler l'analyse sur certaines pièces considérées isolément (en particulier Nous, les héros). En d'autres termes, de proposer des points de vue croisés et complémentaires qui dessinent une réflexion inaugurale sur l'auteur Lagarce, qui lancent des pistes, ouvrent des voies afin d'inviter à continuer d'explorer son oeuvre.
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    Avec les communications de Marie-Isabelle Boula de Mareuil, Françoise Dubor, Jean-Pierre Han, Françoise Heulot-Petit, Geneviève Jolly, Patrick Le Boeuf, Yannic Mancel, Georgeta Miron, Julie Sermon, Bruno Tackels, Peter Vantine.

  • Quelque part près de Berlin pendant et après la IIe Guerre Mondiale.
    Un inspecteur de la Croix Rouge obtient la permission de visiter un camp de concentration. Reçu aimablement par le commandant du camp, un érudit féru de théâtre, qui l'accompagne et l'encourage à prendre des photos pendant la visite, l'inspecteur ne sait pas qu'il assiste à une macabre mise en scène représentant le camp, regroupant les juifs, comme un espace heureux avec des gens qui se promènent dans les rues, des couples assis sur les bancs, de enfants en train de jouer. Pourtant quelques signes troublent cette apparente normalité. Pouvaient-ils avertir l'inspecteur que ce qu'il voyait était un mensonge ?
    A travers cette vision du camp transformé en scène où les condamnés à mort jouent la normalité dans l'espoir de survivre Juan Mayorga nous renvoie au grand théâtre du monde actuel avec ses jeux de rôles, en interrogeant le théâtre comme l'art du mensonge, le rapport entre la politique et l'Histoire et le conflit entre la mémoire et le pouvoir qui a besoin d'imposer une certaine vision des événements.

  • À partir du couple mythique de Laurel et Hardy, Juan Mayorga traite du problème du double et de l'altérité.
    Les rapports dominant-dominé, la relation maître-esclave, la relation amoureuse donnent lieu à des situations dramatiques extravagantes et fortes, dans un jeu d'échos et de reflets avec l'importante filmographie des deux héros et le cinéma burlesque américain. Le cri des miroirs de Marcelo Lobera est un texte baroque, foisonnant et poétique qui nous parle de notre impuissance devant la tragédie : la tragédie de la mort collective, des explosions en tout genre, de l'absurdité de situations qui échappent à l'homme.
    Pierrot, le héros de la pièce, convoque au moment de sa mort tous les personnages de fiction qui ont accompagné sa vie et qui vont former son cortège funèbre.

  • Matteo a 8 ans. Il décrit avec une douce naïveté positive et rafraîchissante son quotidien, le bon temps qu'il passe quand il joue avec Diego, son copain de classe. Il aborde sous un oeil toujours positif et sans jugement les différences qu'il y a dans la vie de son copain et la sienne.
    Lui, il a un frère « extraordinaire », qui est capable de lire dans le noir, qui a un chien rien que pour lui et qui est le champion pour retrouver un objet dans la maison. Il a trop de chance d'avoir un super ami et un frère comme ça !

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