Mamoudou Gazibo

  • Comment comprendre l'Afrique et ses principaux enjeux politiques contemporains ? A partir de quelles grilles d'analyse et avec quelles approches travaillent les Africanistes ? Comment se situent ces derniers par rapport aux analyses générales en science politique ? Quelles sont les pistes de réflexion nouvelles qui ressortent de ces débats ? Voilà les principales questions transversales aux textes présentés dans ce livre qui propose un état des lieux des travaux sur le politique en Afrique en les arrimant aux théories et concepts de la science politique, avec des bibliographies sélectives.
    Vingt ans après Les Afriques Politiques, des spécialistes de l'Afrique passent en revue les enjeux contemporains et les problématiques dominantes du continent : l'État, l'autoritarisme, la démocratisation, les identités, les mobilisations et modes de participation politiques, la société civile, l'administration, les politiques publiques, les relations internationales, le développement... Loin de receler des réalités irréductibles qui échapperaient à la compréhension et à l'analyse de la science politique, l'Afrique offre aussi bien des terrains propices à l'analyse d'objets classiques de la science politique que des terrains d'observation sur des enjeux uniques et féconds.
    Plus encore, l'étude des terrains africains peut permettre de développer de nouveaux questionnements, de saisir de nouveaux objets et de produire des connaissances non seulement utiles aux chercheurs d'autres aires géographiques, mais aussi à ceux de la science politique en général.

  • Pourquoi certains pays réussissent-ils à passer d'un régime autoritaire à un régime démocratique, alors que d'autres, pourtant presque semblables sur le plan contextuel, n'y parviennent pas ? En examinant le cas de deux pays de l'Afrique subsaharienne, le Bénin et le Niger, et en comparant leur trajectoire au cours d'une période de démocratisation (de 1989 à 1999), l'auteur explique pourquoi l'expérience a évolué, au Bénin, dans le sens de la consolidation, alors qu'au Niger, deux coups d'État sont venus interrompre le processus.
    Les héritages des anciens régimes, les formules institutionnelles et les stratégies des acteurs apparaissent comme les facteurs principaux qui limitent ou facilitent la transition et la consolidation démocratiques. L'analyse de ces facteurs met à jour des variables discriminantes de la démocratisation qui sont applicables à de nombreux pays dans le monde.
    À la fois étude binaire et application de l'approche institutionnelle, cet ouvrage s'adresse tout autant aux comparatistes, aux africanistes qu'aux chercheurs et étudiants en science politique.
    Mamoudou Gazibo est professeur adjoint au Département de science politique de l'Université de Montréal. Il est coauteur de La politique comparée. Fondements, enjeux et approches théoriques (Presses de l'Université de Montréal, 2004).

  • L'Afrique est un immense continent avec de telles disparités entre les pays qui le composent qu'il paraît bien difficile à première vue de l'appréhender sans quelque préjugé. Comprendre et analyser les principaux moments de la politique africaine, comme ceux concernant l'État, les conflits, la démocratie et l'intégration continentale, nécessite donc que l'on dispose de bons repères historiques et méthodologiques. C'est avec ce souci de clarté péda­gogique que le politologue Mamoudou Gazibo offre, pour la pre­mière fois, un panorama des grands enjeux de l'Afrique depuis les années d'indépendance. En privilégiant une approche transversale qui ne saurait nier la diversité des pays mais qui, au contraire, insiste sur les défis communs, cet ouvrage participe aux grands débats sur la nature de l'État en Afrique, sur les déterminants des conflits, sur la portée réelle des processus de démocratisation ainsi que sur le caractère novateur des transformations politiques découlant de la construction de l'Union africaine.
    Cette synthèse est une véritable introduction à la politique afri­caine, car elle permet de saisir l'Afrique dans toute sa complexité.

    Mamoudou Gazibo est professeur agrégé au Département de science politique de l'Université de Montréal. Il est coauteur, avec Jane Jenson, de La politique comparée : fondements, enjeux et approches théoriques (pum, 2004) et de Paradoxes de la démocratisation en Afrique : analyse institutionnelle et stratégique (pum, 2005).

    Extrait du livre :
    Questions de méthode Indépendamment de l'objet auquel ils s'intéressent, le politologue et «l'homme de la rue» se distinguent principalement par la démarche présidant à la production de leurs discours respectifs sur cet objet. S'il en est ainsi, c'est parce que, dans le rapport entre l'objet et son observateur, il existe au moins deux types d'«écrans» susceptibles de brouiller le discours. D'une part, tout objet se présente à son observateur déjà chargé d'histoire, mais aussi de caractéristiques qui lui ont été préalablement attribuées par des observateurs. D'autre part, l'observateur est lui-même porteur d'une histoire, de connaissances premières et de positions personnelles sur cet objet.
    Produire un discours scientifique suppose, dans ces conditions, un travail préalable sur ces «écrans», sans lequel une analyse objective est impossible. La démarche du politologue - comme celle de l'historien, du sociologue et de l'universitaire en général - se démarque en ce sens qu'elle est guidée par une recherche de l'objectivité, par le soin apporté à réunir des faits avérés et à produire des explications vérifiables. Cet objectif ne peut être atteint sans le respect d'un certain nombre de précautions méthodologiques.
    Or, sur ce plan des précautions méthodologiques, l'Afrique est proba­blement un des objets qui pose le plus de défis aux chercheurs. Il en est ainsi notamment parce que, pour plusieurs raisons provenant entre autres de son histoire et de son statut de continent dominé, l'Afrique est rarement abordée de manière neutre, quel que soit le rapport du chercheur au continent. Ses analystes risquent soit d'étayer des clichés, soit au contraire de tomber dans un angélisme à visée rédemptrice. Pour échapper à ces écueils, il convient, en premier lieu, d'être conscient des obstacles à la production de connaissances sur l'Afrique et de s'astreindre, en second lieu, à un effort méthodologique de construction de l'objet de recherche «Afrique».

  • Phénomène ancien et objet de controverses dès les années 1970, la migration a surtout été appréhendée sous l'angle des flux Sud-Nord. Au cours de la décennie 2010-2020, la situation créée par les flux de «?réfugiés syriens?» a été particulièrement médiatisée. Elle a été présentée pour l'essentiel sous l'angle de la menace existentielle qu'elle est supposée représenter pour les sociétés d'accueil, que ce soit pour leur l'identité, leur sécurité, leur marché du travail ou leur système de protection sociale. Or, cette lecture est réductrice à plus d'un titre, car les migrations se présentent comme des configurations complexes et multiples dans l'espace et dans le temps. En effet, elles sont aussi influencées par des contextes internes, des innovations sociales et des contextes régionaux et internationaux.
    Migration et gouvernance en Afrique et ailleurs innove en adoptant une approche transnationale orientée vers les processus de mobilité, les interconnections entre les lieux de circulation ainsi que les changements induits de part et d'autre. En choisissant par ailleurs de mettre l'accent sur les aspects politiques de la migration, les auteurs du présent ouvrage mettent en lumière, dans une perspective comparée, ses ressorts et ses formes, ses modes de gouvernance institutionnelle ainsi que le vécu des migrants. Ce livre s'adresse aux spécialistes des questions migratoires tout comme aux étudiants, aux praticiens et aux décideurs politiques.

  • Le contexte dans lequel l'État africain évolue a profondément changé, notamment depuis l'ouverture démocratique des années 1990.
    L'environnement institutionnel est désormais marqué par une prolifération d'acteurs nouveaux, disputant le monopole de l'action publique. Cet ouvrage aborde cette nouvelle donne en explorant sur les plans local, national et international, son effet sur la substance et la légitimité de l'État africain.

  • Le XXIe siècle sera-t-il chinois ? Bien des signes le laissent penser. En quelques décennies, le pays a su rattraper son retard en dépassant toutes les prédictions. Son influence économique, stratégique, diplomatique et idéologique est partout croissante - dans le tiers-monde, en particulier.
    L´Occident, et au premier titre les États-Unis, observe cette résurgence avec une défiance manifeste. A-t-on raison de s´inquiéter ? Et comment, au juste, cette transition est-elle pilotée ?
    Le meilleur moyen de le savoir, c´est d´inscrire l´analyse dans la longue durée et de prêter l´oreille aux discours des spécialistes et des acteurs chinois. Depuis Deng Xiaoping, Beijing a fait du pragmatisme un principe de gouvernement fondamental. C´est l´ère de l´« ascension pacifique », qui opère un savant dosage entre l´assurance d´une puissance qui entend faire sa marque et le doigté d´un partenaire d´affaires raisonnable et rassurant.

  • Pourquoi le néopatrimonialisme est-il si fréquemment utilisé pour caractériser les systèmes politiques Africains ? Les pratiques auxquelles renvoie cette notion, qu´il s´agisse du clientélisme, de la corruption ou de la privatisation de l´État, sont pourtant présentes dans la plupart des pays, qu´ils soient ou non Africains. Afin de répondre à ce paradoxe, L´État néopatrimonial propose une exploration théorique et comparative de la diversité des trajectoires et usages contemporains du concept. À partir d´une discussion des références initiales de Max Weber au patrimonialisme, les différentes contributions abordent le néopatrimonialisme dans ses rapports avec l´analyse de la démocratisation, des relations internationales, de la sociologie des conflits et de l´économie du développement. L´ouvrage renouvelle les débats sur le néopatrimonialisme en Afrique, tout en les élargissant également à l´Asie, l´Europe et l´Amérique latine à travers des études de cas.

  • Nos sociétés sont régulièrement marquées par des bouleversements qui remettent en cause nos repères. Les phénomènes liés à la mondialisation, la multiplication des tentatives de démocratisation, les changements des formes de protection sociale, la diversification des formes de participation politique nous obligent, entre autres, à nous interroger sur la pertinence des catégories d'analyse traditionnelles que sont l'État, le développement ou encore la démocratie.

    Comprendre, dans l'espace et dans le temps, les dynamiques des forces politiques, l'ampleur de leurs conséquences sur nos vies et les voies nouvelles dans lesquelles elles nous engagent, tels sont les enjeux de la politique comparée.

    Cet ouvrage fournit un panorama de ce champ transversal de la science politique, en montrant ses objets et ses approches théoriques. Dans cette optique, les auteurs se concentrent sur trois thématiques incontournables : l'émergence de l'État moderne, ses institutions et les processus qui s'y sont élaborés ; la problématique du développement et les processus de changement politique ; le débat sur la démocratie, le processus de la démocratisation et le rapport éventuel entre la démocratie et le développement.

    Mamoudou Gazibo est professeur adjoint au Département de science politique de l´Université de Montréal.
    Jane Jenson est professeure titulaire au Département de science politique de l'Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en citoyenneté et en gouvernance.

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